ETOUVY





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27-28 octobre 2007 foire d'Etouvy
Animals fair Etouvy October 27-28


Canton de Bény-Bocage à 7 km, arrondissemnt de Vire à 7 km, département du Calvados, 55km de Caen.


Situation 1829
Population : 209 habitants
Maire : Maubanc (nommé par le Préfet)
Maire Adjoint : Rairie
Curé : Eudeline


Situation 1862
Population : 149 habitants
Maire : Maubanc
Maire Adjoint : Lepelletier
Curé : Delaunay
Instituteurs : en poste à La Graverie


Situation 1875
Population : 151 habitants
Maire : Lepelletier
Maire Adjoint : Marie
Curé : Delaunay
Instituteurs : en poste à La Graverie


Situation 1894
Population : 142 habitants
Maire : Lepelletier
Maire Adjoint : Touyon
Curé :
Instituteurs : en poste à La Graverie


En 1899 le conseil municipal se composait des élus suivants : Guéret, Touyon, Turgis, Legrix, Lebesnerais, A. Lepelletier, E. Lepelletier, Royer, Mauduit, Decaen.


1914 - Elus et commerçants

Situation 2001
Population : 285 habitants
Maire : Cholet
Maire Adjoint : Blanchard



Le nom de cette commune fut écrit de diverses façons, Stovicum en 1123, Estolveim, Estouvi en 1180, Histovi en 1198, Stouvi en 1269, Estouveium en 1278, Stoviacom en 1373, Estovy en 1395.
Le bourg en 1909
maison typique détruite récemment Le bourg d'Etouvy se trouve à 6 km de Vire traversé par la route nationale de Vire à St Lo. La superficie de la commune est de 226 hectares 62 ares 61 centiares. Une rivière, qui se traverse sur un pont à la sortie du bourg de La Graverie, la Vire arrose son territoire qui comporte deux villages principaux : La Guilleberdière et la Maloisellière sur la route d'Etouvy à Campagnolles. Selon le manuscrit Lecoq (1706) les terres étaient réputées bonnes et la paroisse payait 390 livres de taille ordinaire.
La population était de 160 habitants en 1706 et 166 en 1790.
Avant 1790, la paroisse relevait de la généralité et intendance de Caen, de l'élection, subdélégation et bailliage de Vire. Le 28 pluviose an 8 (17/02/1800) elle fut rattachée au canton de Vire, puis le 6 brumaire an 10 (28/10/1801) au canton de Bény-Bocage. Le tabellionnage qui existait avait été transféré à Landelles en 1700.
Selon l'abbé Lefranc,
François Lefranc (né à Vire en 1739, mort martyr de la révolution en 1792, béatifié en 1926) a beaucoup écrit, mais n’est absolument pas crédible concernant le passé celte et gallo-romain du bocage. Pas plus que Richard Seguin (Vire 1772-1847), autre historien virois qui a d’ailleurs utilisé les manuscrits Lefranc, maintenant disparus. le bourg d'Etouvy remonterait aux premiers siècles de notre ère, il aurait alors porté le nom d'Ituvium, mais il n'existe aucun document permettant de l'affirmer. Dans une autre source son nom aurait été à l'origine Ethos Esus (temple d'Hésus dieu celte) établi sur les bords de la Vire près de Laumontville au lieu dit actuel du Champ Fleuri. Ce temple aurait été détruit en 360 par les Saxons qui remontant la Vire auraient ruiné le bourg existant.
Etouvy est inconnu durant tout le haut moyen age. Si certains chemins ont reçu la dénomination de « chemins d’Etouvy » c’est seulement après la création de la foire, plus tard. La date de ladite foire est en relation avec la fête des apôtres Simon et Jude ( le 28 octobre) [ce n’est pas un cas rare]. Au temps de Lecoq, elle avait lieu la veille (le 27), et, plus tard le lendemain (le 29).  Elle a été décrite en latin par Nicolas Lalleman (né à Vire en 1764, ancien chirurgien dans la marine royale). Son poème s’orthographie ITUVIENSES NUNDIMAE (la foire d’Etouvy). Cette pièce de très bons vers latins n’a pas été composée en 1820 (Lalleman était mort à Laval en 1814) ; elle était déjà connue à Vire en 1811, date à laquelle elle fut traduite en vers français par l’artiste virois François de la Vente (mort en 1812). Elle eut, par la suite, d’autres traducteurs, tant en vers qu’en prose.
Le château de Tracy qui fut édifié vers le 11ème siècle à proximité d'Etouvy probablement par Richard Goz vicomte d'Avranches pour protéger le bourg et la foire. Il existait alors deux édifices religieux, dédiées l'une à St Georges une chapelle. Un des actes de Henri 1er roi d’Angleterre et duc de Normandie (mort en 1135) confirmant – vers 1125 – toutes les donations faites ici et là à l’abbaye de Saint Evroult (Orne) distingue bien : l’église (ecclésia) d’Etouvy, donnée par Richard de Coulonces et la chapelle (capella) d’Etouvy donnée par Roger de Courcy (l’épouse de Richard était une Courcy). qui s'élevait à l'emplacement actuel de la foire et dont il ne reste aucune trace et l'autre à St Martin qui est l'église actuelle. Un marché se tenait chaque semaine et un tabellionnage existait.
Après 1204, la baronnie de Montbray dont dépendait Etouvy fut confisquée aux comtes de Chester par Philippe Auguste. Le père de Roger de Varenne, Erneis reçut du roi les terres de Coulonces dont il prit le nom et celles de Vaudry, Viessois et autres. Son fils Richard ayant épousé Adelise fille de Robert de Courey et de Rohais de Grantemesnil qui possédait la seigneurie d'Etouvy l'acquit par ce mariage et la joignit à la terre de Coulonces. L'abbaye de St Evroult reçut l'église St Martin d'Etouvy avant 1113 et les dîmes des moulins de Coulonces, elle devait les garder jusqu'à la Révolution, après qu’il l’eût rachetée à un particulier aux mains duquel elle se trouvait précédemment. Cette donation, puis celle de la chapelle Saint Georges s’expliquant par le fait que Richard, fils d’Erneis,  avait un frère, Roger, dit de Varenne, personnage brillant qui s’était fait moine à Saint Evroult, et, qu’en outre, un des fils de Richard, Jean, fut donné tout enfant à cette abbaye pour y devenir, lui aussi, religieux.
Les habitants d'Etouvy avaient la qualité de Bourgeois et étaient donc dispensés le treizième prix en cas de ventes des terres.
Les terres et seigneurie d'Etouvy formaient un quart de fief de chevalier et faisaient partie de la baronnie de Coulonces érigée en 1336 pour Jean de Villiers. Sa petite fille, Jeanne de Villiers l'apporta en mariage à Jean de la Haye dont le fils Jean II épousait en 1382 Alix de Malherbe. De cette union naquit trois filles qui se partagérent la baronnie de Coulonces.
A la fin du 14ème siècle, les terres furent possédées par Guillaume d'Enfernet, Guillaume de Tournebu par sa femme et Jean Taranne né à Etouvy, qui avait fait fortune à Paris comme joallier, orfèvre et changeur, il fut assassiné le 20 août 1418 au Chatelet à Paris avec une centaine d'autres par les Bourguignons qui s'étaient rendus maîtres de Paris. Son gendre Guillaume de Crennes en rendait aveu le 1er mars 1402 avec les détails suivants :
- deux moulins en ruines et de nulle valeur.
- une foire le jour de la St Simon et St Jude valant quatre livres par an.
- un marché le samedi qui est en ruines.
Etouvy avait perdu beaucoup de son importance, moulins ruinés, marché disparu, fourches patibulaires tombées mais la qualité de ville lui restait.
En 1410 le fief appartenait à Jean de Larchant, en 1527 à Barnabé de Sainte Marie, en 1556 il était vendu par le fils de ce dernier à Guillaume IV de Bordeaux.
En 1610, la baronnie qui avait été reconstituée, fut à nouveau partagée et Philippe de Guilbert de Secqueville reçut les terres d'Etouvy, en 1615 ce fut René de Maillé, vers 1700 à un de Varinières seigneur de Marcilly et en 1711 à Joseph de Bellemare de Valhebert qui la vendait à Charles de Morant. Charles Louis de Morant la possédait en 1779. Un autre fief aurait existé, possédé par une famille ancienne les Pesrelle. René de la Pesrelle était seigneur de la Pesrelle en 1592.

Eglise
A. de Caumont ou G. Bouet son collaborateur au cours de sa visite en 1856 n'a rien relevé qui mérite attention à l'exception d'une statuette de la Vierge en pierre du 13ème siècle dans une niche en bois. L'édifice est éclairé au sud par huit lancettes trêflées et au nord par par une lancette ogivale. Le clocher est en forme de cloche et les murs du choeur comporte quelques arêtes de poisson. Le mobilier intérieur est remarquable, avec un devant d'autel début 19ème siècle décoré d'un agneau encadré par quatre évangélistes avec à droite la Vierge et à gauche St Joseph. Le tabernacle encadré de deuillages et rinceaux est surmonté par une exposition du St Sacrement dont la coupole est supportée par six vertus. Au dessus un Christ en bois encadré par la Vierge et St Jean également en bois. La peinture du mur a été refaite dans les années 1800 et représente un payasge biblique. Les statues de St Martin et St Eutrope reposent sur des piédestaux modernes à droite et à gauche de l'autel. L'ensemble de la décoration à l'exception de son devant date du 17ème siècle.
Les rétables des deux autels latéraux dédiés à Ste Anne et Ste Vierge datent de 1705. Dans la nef deux pierres tombales de curés François le Cauchois décédé le 19 décembre 1726 et Thomas Castel décédé le 3 août 1762. Le curé possédait les dîmes, le presbytère et 6 vergées 31 perches de terres estimées en 1790 à 750 livres de revenu
En 1856, deux arceaux de pierre existaient au bord de la route Vire St Lo, ils paraissaient être les restes d'une importante construction, ils auraient pu former l'entrée de la halle d'Etouvy qui fut abandonnée pendant la guerre de Cent Ans, Etouvy ayant été pillé plusieurs fois par les troupes anglaises. Il ne reste aucunes traces de ces constructions.

Révolution
La commune comptait 186 habitants en 1790, la plus grande propriété appartenait à une demoiselle Lecharpentier de Vire avec 264 vergées 11 perches.
Simon Villeroy nommé curé en 1790 prêtait le serment constitutionnel le 27 février 1791, après quelques troubles dûs aux affaires religieuses en 1792 la commune était considérée par le district de Vire comme civique. Le presbytère, les dépendances et 1 vergée 24 perches de terres furent conservées pour la tenue des écoles. Le reste des terres soit 5 vergées fut mis sous séquestre et vendu le 10 janvier 1795 à Michel Tinard marchand de bestiaux à Etouvy pour la somme de 10.000 livres
Pierre Fautré d'Estry, prêtre 
déporté possédait 1 parcelle de 2 vergées 20 perches qui fut restituée aux cohéritiers.
Charles François Laumonnier ou  Laumosnier. émigré en Angleterre, comme tant d’autres prêtres normands, pour ne pas avoir à prêter le serment d’adhésion à la Constitution civile du clergé  L’abbé Laumônier était né à Etouvy, d’une famille bien implantée dans la localité. Après la Révolution il fut aumônier de l’hospice Saint Louis de Vire, puis en 1810 curé de Montchauvet où il mourut en 1833. Sous le pseudonyme de NUMALEROI (anagramme de son nom) il avait traduit, lui aussi, en vers français, le poème latin sur la foire d’Etouvy, de Nicolas Lalleman. possédait 2 petites maisons au bourg et 20 vergées 36 perches. Ses biens lui furent restitués après l'amnistie du 3 juin 1803. Curé de Montchauvet en 1824.
Jacques Alexandre Drudes de Campagnolles habitant Vire possédait 52 vergées 4 perches à Etouvy eut ses biens mis sous séquestre, mais restitués après partage de présuccession.
1 perche = 51,072 m2 - 1 vergée = 20 ares 428 - 1 acre = 81 ares 712

Page réalisée avec les renseignements fournis par M. J. Thouroude de Genève que nous remercions de son aide.

Autres documents :
Etude de l’abbé Danguy sur la foire, parue en 1919 (après la mort de son auteur survenue en 1915). Outre l’historique de la foire, ce travail renferme beaucoup d’autres renseignements sur Etouvy.

Articles de M. Lucien Musset (décédé en 2004) sur l’apparition des bourgs en Normandie, qui donnent une idée de ce que recouvrait le terme « bourg » (ou »bourgage ») au Moyen Age. . Le mot bourg qui désigne de nos jours n’importe quelle petite agglomération comprenant église, école, mairie et quelques commerces, désignait alors un type d’agglomération de statut un peu particulier apparu vers le Xème- XIème siècle, en zone rurale. L’origine en était due à un seigneur, laïque ou ecclésiastique (le supérieur d’une abbaye) et de ce fait le bourg se trouvait souvent près d’un château (comme à Montbray, Manche) ou d’un monastère (comme à Saint-Sever-Calvados), ce qui n’est pas le cas pour Etouvy. Mais si Hugues le Breton fut, comme le suggère avec raison M. Bouvris, le fondateur du bourg d’Etouvy, c’est qu’il était le maître de lieux.

Les habitants des bourgs, ou bourgeois, quoique sans doute astreints à des redevances, jouissaient de certains privilèges, comme généralement celui de ne pas avoir à acquitter le droit de mutation appelé le « treizième » (correspondant au treizième de la valeur du bien, lors d’acquisitions immobilières ou d’héritages). Les parties de textes en italique ont été fournies par M. Michel PIGEON




E-mail : michel@roynel.com

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