Situation
2001
Population : 1151 habitants
Maire : Leconte
Maire Adjoint : Picot Gravereia
dans les textes anciens. Avant la révolution la paroisse
appartenait à l'élection de Vire, la sergenterie du Tourneur
et dépendait en partie de la haute justice de Bény
et en partie également de celle de Thorigny. Elle
dépend maintenant du canton de Bény-Bocage.
Dans l'aveu rendu en 1494 par l'évêque Zanon de
Castillon, les héritiers de Guillaume de Carville
possédaient un demi-fief de chevalier appelé fief de
Carville qui s'étendait sur La Graverie et Carville. Ils
devaient payer tous les 3 ans 40 livres de rentes à la baronnie
de La Ferrière. Un autre quart de fief de chevalier
appelé le fief des Fondreaux appartenait à Pierre
Ruault.
En 1790, le fief dit de Carville appartenait à du Hamel de
Saint Denis qui était le frère cadet du seigneur de Saint
Denis de Maisoncelles.
Les LAURENCE
Famille qui remonterait aux normands et dont le premier connu est : Philippe Laurence fils de
Richard sire de la Ruodière aurait épousé
Agnès fille de Geoffroy de
Rebelles, écuyer du Roi Philippe Auguste qui aurait
signé au mariage. Jean Laurence seigneur de la
Ruodière et de Saint Sever aurait été l'un
des hommes d' armes de Jean 1er d' Harcourt lorsque ce dernier
accompagna le roi Saint Louis à la Croisade de 1247 enfin en
1432 Guillaume Laurence père
de Roger aurait épousé Nicolette Planchon qui lui
aurait apporté en dot la terre de Livry.
La Ruodière ou Ruaudière que paraissent avoir
possédé cette famille Laurence au moins depuis 1190, est
en effet le lieu où s'élevait le manoir seigneurial de la
Graverie et en 1570, le tenancier d'une masure, le Crochel, relevant du
fief de la Graverie aurait rendu aveu et
hommage à Louis Laurence,
seigneur de Livry et de la Ruodière.
En 1590 noble homme Michel Laurence
possédait la seigneurie de Champ du Boult - Il était
avocat à Vire. Noble homme Louis Laurence était
maître particulier des Eaux et Forêts en la vicomté
de Vire en 1610 et il épousa Julienne
de la Perelle, héritière de Julien de la Perelle
écuyer, seigneur des Mesnils à Campagnolles et en eut
cinq filles - Gilles Louis
Laurence probablement son pére décéda en
1640. Il était seigneur de Champ du Boult et des Mesnils
à Campagnolles.
Louis Laurence seigneur d'Estoux. qui recevait 1'aveu en 1570 d'une
masure de la Graverie serait mort laissant à son fils Louis les
terres d'Estoux, de la Graverie, de la Ruaudière, et à
son fils puîné Guillaume chanoine du Chapitre de la
Cathédrale de Bayeux, le fief de Livry.
Par ailleurs à la fin duXVle siécle les Lehoux
possédaient la Ruodière, en 1627 Jean le Houx, seigneur de
Bellecroix la céda à noble Homme Philippe de Sarcilly
où à l'un de ses fils pour servir de dot à sa
femme. La seigneurie de la Graverie serait cependant demeurée
aux Laurence puisqu'en 1626 à Vire Louis Laurence Comte d' Estoux,
seigneur de la Graverie et de la Ruaudière épousait Delle
Aude Boulon d'Ensigny, fille
de Nicolas Boulon d 'Ensigny, et de Marguerite de Rochechouart.
Un fils, Nicolas, parait être issu de ce mariage qui aurait
épousé une de Dréville et en aurait eu plusieurs
enfants - François Laurence d'Estoux de la Graverie,
l'ainé signait le 7 août 1680 au contrat de mariage
à Vire d'André Lemaréchal médecin et
d'Eléonore Néel. Ce même François aurait
épousé le 6 mai 1668 Gabrielle
de Francheville fille de Jean François comte de
Francheville et d'Armande Duboeuf, qui lui apportait en dot la
terre de Melvossin.
Fin 1721 Philippe Honoré
Louis François Laurence, comte d'Estoux et de la Graverie
épousa Marie de
Bérenges et il en eut quatre enfants.
- Louis François René, mort jeune.
- Philippe Louis Jean Marie qui devait épouser Marie
Armande de Grimouville (ou Grimonville)..
- Une fille devenue l'épouse d'Antoine Comte de Cheux.
- Une autre fille Adélaïde Françoise qui
épousa Armand Le Neuf de
Sourdeval.
En 1738 Philippe Laurence, comte d' Estoux et de la Graverie
seigneur de la Ruaudière et de Milvoisin, acheta à Michel
Moyaux un domaine de 30 acres de terre, comprenant maisons jardins,
prés, terres labourables et moulin.
Vers 1765, Philippe Louis Marie
Laurence d' Estoux de la Graverie épousa Gabrielle Marthe Athenise Fouquet,
fille naturelle du Maréchal de Belle-Isle, arrière petite
fille de Charles Fouquet le célèbre ministre de Louis XIV
et filleule de la duchesse d'Aiguillon.
De cette union cinq enfants : une fille qui épousa le comte de
Réville du Pont - une autre fille, le comte de Champs de Saint
Léger et trois fils qui vécurent à Vire dans une
prudente obscurité pendant la révolution, tout au moins
jusqu'à la mort de leur père
L'ainé parait être mort jeune et célibataire,
rien sur le troisième - Quant au second il épousa Mlle de
Tullou de Beauregard fille de
Baron de Beauregard intendant du Roi.
De ce mariage naquirent plusieurs enfants dont au moins un fils
baptisé en 1818 à la Graverie sous le nom de Laurence
d'Estoux de la Graverie.
Vers 1835 ce fils Pierre Louis
Alexandre épousa Dlle Soyer
de Puygtreand de souche normande - mais le nom qu'il lui offre
est réduit à celui de Laurence.
Deux fils sont nés de ce mariage : Emile épousa en
1864 Amélie Besnard et en eut dix enfants - Louis fit des
études ecclésiastiques et fut curé de la Graverie
de 1871 à 1890.
En 1790 la paroisse comptait 877 habitants, le bourg comportait un
certain nombre de petits artisans et marchands : charpentiers,
maréchaux, toiliers, filassiers, maçons et cordonniers.
L'activité essentielle étant la culture avec quelques
bonnes terres, davantage de médiocres et 1/12ème
d'incultes. La moitié des chefs de famille ne payaient pas
d'impôts.
La commune fut considérée comme civique par le district
de Vire, les curés Pierre Delpon et Jean Legorgeu
ayant prêté le serment civique. Un suspect, Gilles Le
Cordier fut incarcéré le 22 octobre 1793. Les chouans
firent plusieurs incursions recherchant les prêtres jureurs, dont
celle du 18 janvier 1796 ou ils maltraitèrent le maire Fay
dit la Planche, brûlèrent les documents publics et
tuèrent Jacques Gondouin et Jean Baptiste Lemonnier.
Le propriétaire le plus important était un avocat de Vire
Bazin-Blanquaire qui possédait 226 vergées 4
perches de terres.
Les biens de la cure de La Graverie qui possédait 4
vergées 18 perches furent vendus, une partie au curé,
l'autre au maire.
Les terres de Aymard Charles de Nicolai seigneur de
Bény-Bocage et président à la chambre des comptes,
guillotiné, furent rendues à sa veuve. 1 perche = 51,072 m2 - 1 vergée = 20 ares 428 - 1 acre =
81 ares 712 Eglise Arcisse de Caumont a décrit en 1857 l'église de La
Graverie de la façon suivante :
L'église de La Graverie est en forme de croix. La façade
occidentale est divisée par un contrefort plat, au milieu de
deux petites fenêtres à plein cintre.
Une partie du mur occidental de la nef est construite, comme le gable
de l'Ouest, en moellon ; l'autre moitié en pierres
disposées en arêtes de poisson. Les fenêtres
primitives sont bouchées, elles avaient un peu plus d'un pied de
largeur et semblent avoir été fort courtes. Les claveaux
en sont minces et à larges joints.
Du côté du Sud, il reste dans les murs latéraux de
la nef une petite fenêtre romane semblable à celles du
Nord, et des arêtes de poisson. Le reste a été
refait.
Dans le chevet sont deux lancettes du XIIIè siècle,
séparées par un contrefort. Le clocher très simple
est en forme de batière. L'étage du beffroi,
éclairé de lancettes doubles étroites, porte la
date 1649. Au-dessous sont des fenêtres à trèfle
découpé dans un plein cintre. A l'intérieur de la
nef existe une charpente cintrée.
A l'Ouest, et au bas de la nef du côté Nord, on retrouve
sous le badigeon les restes d'une décoration peinte. Cette
décoration ne se voit pas sur les murs correspondants aux
parties construites en arêtes de poisson. Le transept nord,
placé sous la tour, s'ouvre sur la nef par une arche à
double retrait et à chanfrein droit ; il porte sur des
colonnettes à chapiteaux tournés. La voûte aussi
est à moulures en style du XIIIè siècle. Dans le
transept sud une pierre tombale rappelait le souvenir de Jean-Baptiste
Raquidel curé décédé le 30 juin 1692.
Les colonnettes de l'autre transept sont du même style mais
portent une arche moderne.
L'église de la Graverie est sous l'invocation de Notre-Dame.
L'abbé de Fontenay était présentateur
à la cure. Des traits de la dîme appartenaient à la
capellanie de l'Angevine de Vire et à l'Hôtel-Dieu
de cette ville.
Le 12 décembre 1612, Jean de Bellieve, abbé de la
Luzerne et ses religieux accordèrent à Julien
Simon, curé de la Graverie une petite portion de la vraie
croix qu'ils possédaient dans leur abbaye. Dans le
procès-verbal il est dit que l'église de La Graverie
avait possédé un fragment de la vraie croix mais qu'il
avait disparu au cours des guerres. Cette relique attirait de nombreux
fidèles et d'importantes processions avaient lieu. La relique
donnée par l'abbaye de La Luzerne appartenait à l'origine
à Catherine de Médicis. Jacques Chauvé,
curé, qualifié d'un des hommes les plus remarquables de
son temps et décédé en 1590 à Paris en
avait obtenu une petite partie. Celle-ci fut remise à l'abbaye
par son frère Nicolas Chauvé. Les tapisseries de La Graverie
En 1759, le seigneur de Coulonces qui habitait le manoir de
Bordeaux, M. de Sarcilly, donnait au curé de La
Graverie, Louis Le Normand, quatre tapisseries
représentant l'histoire d'un mariage.
Ces tapisseries auraient été fabriquées à Houplines
centre de fabrication de 1680 à 1720, proche de Lille. Ces
pièces furent posées dans la grande salle du
presbytère. L'une d'elles fut fort endommagée le 22
janvier 1796 à la suite d'un incendie imputé semble-t'il
aux chouans qui auraient voulu détruire les archives du
presbytère bien que poursuivis par une colonne mobile de Vire.
La partie détruite fut remplacée par un panneau venant du
château de Vassy fabriqué à Houplines,
représentant une scène biblique mais dont la bordure et
la tonalité générale étaient identiques
à celles données par de Sarcilly. Leurs dimensions
étaient de 3 mètres sur 4, sauf celle de Vassy dont la
largeur était de 2,66 mètres. Ces tapisseries devaient
être classées monuments historiques le 28 août 1908.
En 1930, la ville de Vire réclamait ces panneaux pour
décorer son hôtel de ville. Elles se trouvent actuellement
reléguées au musée de cette ville
Quelques images du bourg des années 1910 Rue principale le bourg un jour de foire à Etouvy Autre rue de La Graverie la gare de La Graverie, sur la ligne Vire-Caen qui
empruntait le célèbre viaduc de la Souleuvre
construit sur les plans d'un ingénieur de la compagnie de
l'Ouest pour ne pas traverser les terres d'un conseiller
général, elle connut un trafic important de voyageurs,
bestiaux, pommes, engrais. En 1893, il existait 4 trains de voyageurs
par jour, le plus rapide mettait 2h20, le plus lent 2h55. Ligne
stratégique en 1944, elle était fréquemment
bombardée sans que le viaduc ne fut détruit. La destruction volontaire du viaduc sauf les piles en granit devait
amener sa fermeture. le pont sur la Vire qui sépare La Graverie d'Etouvy, à
proximité se trouvait une cidrerie distillerie qui a
cessé toute activité. Moulin sur la Vire manoir de la Hoguette Les images ci-dessus sont de reproductions de cartes postales
éditées entre 1905 et 1910
Dans son livre "Normandie du XIV au XVIIème siècle"
Louis Porquet donne le récit suivant concernant le village de la
Léverie :
- c'était dans les temps anciens, une famine horrible
régnait dans le pays...
Une peste épouvantable se joignit à la famine (vers l'an
1300 * 1625 plus vraisemblable *). Chacun fuyait les maison
où un malheureux succombait à ce fléau, on se
réfugiait partout et les cadavres des morts tombaient en
putréfaction sur les grabats où ils avaient exhalé
le dernier soupir. Le drapeau noir était arboré sur les
églises des villages les plus contaminés. Il flottait
à La Graverie, village atteint des premiers.
Or les prêtres de ce lieu étaient morts emportés
par ce terrible fléau, et nul n'avait encore pris possession de
la cure au nom de l'abbé de Fontenay. Alors mourut dame de
Caen, châtelaine au village de la Léverie qui
dépendait en ces temps de la paroisse de La Graverie.
Les parents demandèrent que le corps de la défunte fut
inhumé à La Graverie mais nul n'était là
pour accéder à leur demande. Les prêtres de Coulonces
s'offrirent en lieu et place de leurs collègues non
installés et leurs services furent acceptés.
Toutefois une difficulté fût soulevée par eux, ils
refusèrent formellement en effet de porter le corps au
cimetière de la Graverie à cause de la contagion dont ils
pouvaient être victimes, soit au cimetière de Coulonces,
à cause du fléau auquel avait succombé la
défunte.
Ils chantèrent simplement dans la chapelle du château les
offices accoutumés, puis procédèrent à
l'inhumation à l'extrémité du parc de la
Léverie et une croix de bois remplacée plus tard par une
croix de pierre qui fut plantée à l'endroit de la
sépulture. Elle existe encore et porte le nom de la victime de
la peste la croix de Caen.
Et cette inhumation faite par des prêtres étrangers
à la paroisse eut un singulier résultat : celui de faire
attribuer à la paroisse de Coulonces le village de la
Léverie qui jusqu'alors avait dépendu de La Graverie....
Tous nos remerciements à J.
Thouroude de Genève qui nous a permis la création de
cette page en nous confiant ses documents.