LE THEIL BOCAGE


En ANGLAIS

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Blason des de La Roque seigneurs patrons du Theil

une salle tape à l'oeil !!

180 feux en 1789 (700 habitants) - Représentants : Lemoine de la Durandiére conseiller du Roi à Vire - Louis Guillaume Hellouin, Notaire.

Cadastre 1825 Plan d'assemblage cadastre Napoléon 1825



Situation 1865

Superficie : 885 ha 90 a 39 ca
Population : 751 habitants
Impôts : 5.799,33 Frcs
Maire : Lecoiffier
Curé : Heuzé
Instituteur : Anne
Institutrice : Duchemin


Notables et Commerçants  1870 1895 1914



1901 : 519 habitants
1906 : 471 habitants - 157 ménages - 185 maisons (recensement)
Situation 1908 - Elections du 10 mai 1908
140 inscrits - 113 votants - seuls les hommes avaient le droit de vote
Elus par ordre de bulletins : A.Leplanquois - V. Anger - J. B. Hardy - J. B. Lemarchand - F. Bizé -E. Boutrois - A. Leplanquois - A. Guillouet - A. Marie - N. Esnault.

885 Ha - 213 habitants - 24 au Km2 (1990) - 239 en 1999

Situation en 2001

Electeurs : 184

Maire : M. Peltier
Conseillers : Blin, de La Bigne, Dupont, Hamel, Maupas, Morel, Nové, RioStéphant, Vincent.:

Secrétaire : Esnault

Mairie Ouverte : Ma 10h/12h - Ve 10/12h - 14/16h - Tél. 02 31 68 53 05
E-mail aléatoire Mairie de LE THEIL BOCAGE : Le Theil-Bocage


D'une superficie de 885 ha, Le Theil du latin Tillia, à cause du grand nombre de tilleuls se trouvant sur son territoire, est limitrophe de Vassy au midi, de Pierres à l'ouest, d'Estry au nord. L'ancien chemin Henry (route de Vassy à Aunay) le sépare à l'est de La Rocque. Ses frontières avec La Rocque ont été fixées par ordonnance du 27 Février 1828. La commune était nommée Saint Martin du Theil avant 1789. Photo aérienne partie Est de la commune

Ruisseaux (Etat de 1855) :

1 - L'Allière y prend sa source, fait tourner 1 moulin à blé, se forme d'une autre branche venant d'Estry, y fait aussi aller 1 moulin à blé ; passe sur Presles où elle fait marcher 1 moulin à blé ; sur Burcy où elle fait tourner 1 filature de laine quand il y a de l'eau, sur Vaudry et se jette dans la Vire à Neuville après un cours de 18,609 m.
2 - Sur leurs confins du Theil et Vassy naît le ruisseau deVaumousse qui passe sur Pierres et se jette dans l'Allière au point de jonction avec Pierres qu'il divise du Theil, après avoir fait tourner 2 moulins à blé. Cours 6.000 m.
3 - Le Theil voit naître le ruisseau de la source Brunetqui se jette dans celui de Vaumousse. Cours 2.400 m.
4 - Le ruisseau de Courtout qui se jette dans l'Allière après un cours de 2.580 m, faisait tourner un moulin à la Clémentière.

La commune possèdait plus de 14.000 métres de chemins actuellement en majorité inutilisables faute d'entretien. Il n'existe pas de chemins de randonnées sur la commune.
A cette époque un garde-champêtre était chargé de surveiller les ruisseaux et chemins communaux qui devaient être convenablement entretenus. Ce poste fut supprimé en 1914 à la satisfaction des conseillers municipaux, des paysans, en général plus ou moins apparentés la mairie eut quelques notes de l'administration qui vérifiait les chemins ruraux à cette époque, ceux-ci n'étant jamais correctement entretenus. La situation s'est agravée, et la plupart des chemins sont inutilisables ou annexés par les riverains qui disposent d'appuis au conseil. PHOTOS

Pendant la guerre de Cent Ans et l'occupation Anglaise sa population devait descendre à 24 feux en 1428 pour remonter à 170 feux au 17éme siècle.

Du point de vue administratif, le Theil dépendait, avant la révolution, de la sergenterie du Tourneur et du notariat de Vassy, du bailliage de Vire, de la généralité et intendance de Caen. Elle fait partie du canton de Vassy, et de la communauté de communes.

Les Seigneurs patrons

En 1207 Robert de Gouvix dont un ancêtre avait participé en 1066 à la conquête d'Angleterre.

En 1415 Guillaume de Saint Manvieu mort prisonnier en Angleterre.

De 1493 à 1598 Famille de Clinchamps

De 1598 à 1748 Famille de La Roque (sans rapport avec la commune du même nom)

De 1748 à 1765 Famille de Millières à la suite d'un mariage

Le dernier seigneur de Le Theil était Jean Jacques Bourdon de l'Isle qui avait épousé la fille de Louis Nicolas de Millières , Franc-Maçon de la Loge de Bayeux qui n'a jamais résidé dans la commune, résidant à Fontaine Etoupefour 14.

Dans l'état de la noblesse de 1640 il est noté pour la paroisse :

- Bertrand de la Bigne , écuyer, homme âgé sans biens.

- Henri du Guey , écuyer, sieur de Hubert, homme d'épée sans fortune.

- La Roque-Mesnillet , 3 fréres jeunes en état de prendre les armes, riches, fils du gouverneur de Honfleur.

- Nicolas de la Bigne , écuyer, propriétaire de la Bigne, mort en 1637, (une pierre tombale fixée dans l'église le rappelle) marié à Françoise de Mésenge. Décédé sans enfants, ses soeurs héritaient du fief de la Bigne, Marie épouse de Julien Vaumousse et Suzanne épouse de Blaise Hellouin vendaient La Bigne le 18 juin 1640 à Jacques de Marguerie, baron de Vassy.

- Georges de la Roque du Theil , 3000 livres de rente, 1 fils.

- le sieur de Tourlaville , célibataire.

- Georges de la Basonnière , 1 fils.

- Jean de la Roque , sieur du Mesnillet, de noblesse ancienne (1598).

- Louis Georges de la Roque , écuyer, seigneur et patron de la paroisse .

L'église
Eglise de Le Theil - 1910 - archives Roynel-Leroy L'église du Theil est placée sous le vocable de Saint-Martin et de Saint-Eloi. Elle présente quelques parties anciennes : les moulures de la porte occidentale qui pourraient être du XVéme siècle, les restes d'une porte cintrée à moulures toriques, au sud, dans le mur latéral de la nef, l'arc eu plein cintre de la chapelle au-dessous du clocher. le clocher en pierres du pays Les autres parties de l'édifice et le clocher, qui est au haut de la nef et terminé en batière, sont modernes.

La tradition veut que l'église de la paroisse ait été, pendant plusieurs siècles, au lieu-dit le Vieux-Theil, non loin de la source victime d'une pollution agricole devenue station de pompage abandonnée, qui a donné son nom au village de Belle-fontaine, avec cette légende : cette église tombait en ruines. Ses murs lézardés croulaient de tous côtés et il fallait songer à la réparer. On se mit à l'oeuvre, mais inutilement. Ce que l'on faisait durant le jour était renversé la nuit par une force mystérieuse et le lendemain les matériaux épars gisaient sur le sol. Enfin on se lassa et on construisit un nouvel édifice au centre de l'actuel bourg du Theil. Eglise Le Theil-Bocage - 2001 - photo numérique Roynel-Leroy Les dîmes étaient perçues par le prieuré de Sainte Barbeen Auge, puis par les Jésuites de Caen à la suite de la donation de Robert de Gouvix en 1207. Les curés étaient nommés par les religieux, le seigneur patron et les de la Bigne ce qui occasionna de nombreux procès de la part de ces derniers.

Jusqu'en 1905, année de la séparation de l'église et de l'état (loi Combes) ce qui devait occasionner de violents incidents, il existait un conseil de fabrique qui gérait l'entretien de l'édifice et dont les comptes étaient acceptés sans aucun problème par le conseil municipal.

Les Curés

En 1635 Charles du Guey, puis Gabriel Le Gueu mort en 1708, Guillaume Debieu mort en 1708, Nicolas de la Roquemort en 1726, puisNicolas Philippe qualifié ami de la chicane, se montrant exigeant avec ses paroissiens ce qui occasionna deux procès, dans le premier relatif aux dîmes de sarrazin le curé fut condamné, dans le second suite à l'incendie et le pillage du presbytère, ce furent les paroissiens qui furent condamnés à rembourser leur curé, en 1740 le curé fut relégué dans un monastère, mort en 1742, puis François David et Gilles Heutte né à Proussy connu pour son activité pendant la Révolution remplacé en 1792 par Dumont. Un de leur prédécesseurs futNicolas Chauvé ou Chanu doyen de Vire en 1605 et un des hommes les plus remarquables de la région. Le 16 mars 1794 l'inventaire de l'église par la municipalité signalait 3 marcs 3 onces d'objets en argent, 45 livres (22,5 kg) de cuivre et alliage consistant en croix, encensoirs et chandeliers. Il existait 10 chapes en laine, 12 chasubles et la bannière en soie. La cloche déposée au district de Vire pesait 600 livres (300 kg).

Deux curés nés au Theil furent bien connus :
Villeroy qui fondait une communauté vouée au secours des pauvres.
Georges Aimé Lebarbey né le 8 mai 1887, ordonné le 8 mars 1913, parti pour le Japon le 14 mai 1914, il devait revenir en France pendant la guerre de 1914/18 comme infirmier, il repartait au Japon pour mourir lors du terrible tremblement de terre de Yokohama.

Pour mémoire : 1 once = 30gr59 - 1 marc= 8 onces - 1 gros = 1/8 once

Dans le cimetière se trouve un calvaire bâti par la famille deMillières anoblie à la suite d'un mariage, et les pierres tombales des tombeaux de la famille Hellouin en piteux état Hellouin de la Bigne et Huillard d'Aigneaux dont l'un des derniers descendants Louis Médéric décédait le 8 avril 1899 dans son château du Theil, et qui, suivant la presse de l'époque, fut fort regretté par les habitants.
Document de la mairie Le bâtiment de l'école et mairie construit en 1880 (archives de la Mairie)
Le Calvaire du bois Dufy - Roynel-LeroyIl existe un calvaire, propriété privée, l'un des plus haut de la région en granit bleu et rose construit en 1880 par Jill Legrix à la suite d'une épidémie de typhus bovin (fièvre aphteuse).

Le Château
Château du Theil - 1910 archives Roynel-Leroy Le manoir seigneurial, originairement la Motte Gouvix, avait été réédifié au XIIIéme siècle, après démembrement du fief de Gouvix, plus au nord, dans le vallon, sur l'emplacement du château actuel. Il comportait de nombreuses pièces mais pas de chapelle et dans les annexes, des écuries et une remise pour carrosse.  Il était entouré de douves pleines d'eau qui existaient encore en 1619, mais dont ne subsiste que l'étang. Des bâtiments d'exploitation s'élevaient à quelques centaines de mêtres pour faire valoir les terres qui à cette date comprenaient 130 acres dont les fermes de la Clémentière et la Durandière ainsi qu'une partie du bois Dufy. Ce manoir rénové pour un mariage vers 1760 conservé jusqu'en 1900, propriété de la famille Huillard d'Aigneaux, puis de la famille d'origine bretonne Bouetiez de Kerorguen, vendu à des quincailliers de Tinchebray vers 1930, devait subir fort peu de dommages dus à la guerre en 1944, servir temporairement de dépôt de matériel militaire et d'école, pour finir en ruines victime des nombreux pillages locaux, faute d'entretien des propriétaires. Racheté récemment, par un notable de Vire, il a été reconstruit à l'identique et revendu à des britanniques.

La Révolution

Fidèle aux directives de son évêque, Mgr de Cheylus, Gilles Heutte refusa de prêter le serment institutionnel, et dut abandonner sa cure en juillet 1791, mais il resta dans le pays avec les chouans au péril de sa vie, caché chez des amis et il ne cessa d'administrer les sacrements. Un curé jureur fut élu pour le remplacer, par les électeurs du district de Vire, pour exercer son ministère dans les paroisses du Theil et de la Roque, avec résidence au Theil. Ce fut Mr O. Dumont demi-frère du député local, son entrée en fonction donna lieu à quelques troubles et cris séditieux, mais il procéda néanmoins aux baptêmes, mariages et inhumations du 19 juillet 1791 au 27 Décembre 1792. Il ne semble pas qu'il ait eu de vicaire, mais à l'occasion il faisait appel à ses confrères jureurs du voisinage. Les églises allaient être fermées au culte catholique et M. Dumont crut devoir, pour prouver son civisme remettre ses lettres de prêtrise au district de Vire - mais en 1795, il vint les réclamer, avec 24 de ses confrères et notamment Me Dubosq curé de Chênedollé.

Un des plus chaud partisan de l'ordre nouveau fut Louis Lemoine né au village de la Durandière, il était conseiller au bailliage de Vire. Ses deux fils étaient religieux en 1789 comme leur oncle curé de Presles, le premier Joachim Thadée, connu sous le nom de Lemoine du Gassel du nom d'un pré à Truttemer le Grand était vicaire général de Périgueux, licencié et docteur en Sorbonne. A la révolution il fonda la société des amis de la constitution à Vire, où il en profitait pour acheter les biens du clergé de Maisoncelles la Jourdan, élu administrateur du Calvados, président de l'administration départementale, membre de la convention à partir du 11 septembre 1792 et des Cinq-Cents jusqu'en 1798 et membre du Corps Législatif jusqu'en 1806. Sous-Inspecteur de la loterie à Meaux en 1809, inspecteur à Amiens en 1814, disparu ensuite sans laisser de traces.

Son frère Pierre Louis Lemoine qui était chanoine de la congrégation de France, prêtait le serment de la constitution civile du clergé, élu par le district de Vire curé de Truttemer où il eut de sérieux ennuis, il devait mourir à Vire après son mariage, agent de change..

Jean Jacques Calbris né en 1755 au Theil, ayant d'abord fait des études de médecine, puis devenu vicaire à Radon près d'Alençon et ayant refusé le serment constitutionnel se réfugiait au Theil dans sa famille. Dénoncé par des membres de celle-ci, il était arrêté et emprisonné à Vassy, libéré il se réfugiait dans les bois entourant Radon pendant quelques mois. Arrêté de nouveau, il fut conduit à Alençon, jugé et guillotiné le 2 mai 1794 comme prêtre réfractaire.

La Terreur étaient passée mais ni la paix, ni la sécurité n'étaient pour autant revenues au Theil. Des bandes de Chouans, dont une compagnie stationnait dans la commune, sillonnaient le pays, mettant à mal les personnes et les biens de tous ceux qu'ils soupçonnaient de partager les idées républicaines. Les nombreuses victimes de ces combats furent enterrés dans une ancienne carrière de schiste se trouvant à proximité du bourg (bien que toutes les archives municipales aient disparu, il semble qu'il s'agissait de la carrière Duval), le cimetière étant trop petit. En février 1795 ils attaquèrent, dans leur maison de la Bigne, les frères Hellouin d'une famille de riches paysans et notaires, qui avaient acheté en 1790 les terres appartenant à l'église pour 14.200 livres, dont l'un, Louis Guillaume le notaire, était maire du Theil qui démissionna. Les deux frères qui avaient pris le nom de Hellouin de la Bigne se défendirent et l'un de leurs assaillants fut tué. Louis Guillaume ou Gabriel est décédé le 23 septembre 1831 après quelques démêlés avec Louis Huillard d'Aigneaux en 1825 au sujet du chemin de la Bigne, sa pierre tombale existe encore à côté de celle de son épouse enterrée avec son gendre, docteur en droit, juge à Vire..

L'année suivante, en avril 1796, le comte de Frotté vint au Theil avec une troupe et y rencontra une colonne républicaine, l'attaqua, lui tua plusieurs hommes et la mit en déroute puis il détruisit les registres de l'état civil de la commune, régulièrement tenus depuis l'an 1. - manuscrit Madelaine

La verve gouailleuse de nos ancêtres avait donné un surnom aux habitants du Theil. On disait en parlant d'eux : les rémouleurs du Theil. Gagne-petit, le rémouleur était l'artisan qui aiguisait les outils et les ustensiles tranchants ou pointus. On trouvait au Theil de ces modestes artisans, allant de village en village pour exercer cette industrie dans laquelle ils étaient passés maîtres, puis revenant à l'époque des labours cultiver leur terre.

Les habitants ne sont pas toujours aimables, en 1860, l'abbé Ferdinand François Heuzé né à Vire le 6 mars 1827, vicaire à Montchauvet depuis 1852 fut nommé curé du Theil, ce qui déplut fortement à certains habitants qui auraient préféré leur vicaire. L'abbé Heuzé fut accueilli à coups de pierres, ses offices boycottés pendant quelques mois et affublé d'un sobriquet "bat les viettes". La situation devait cependant s'améliorer assez rapidement, à son décès le 30 mai 1914 il était unanimement regretté. Il fut remplacé par l'abbé Raguenet alors pro-curé du Theil.
Le Theil Bocage le bourg - 2001 - photo numérique Roynel-Leroy Le Bourg en 2001


Période contemporaine
Il existait un aqueduc au village du vieux Theil, endommagé par les crues de 1910, le conseil municipal décidait de le faire réparer, la guerre de 1914 dut interrompre les travaux, il ne reste aucune trace de cette construction qui devait être fort ancienne.
le vieux Theil en 1825 Le vieux Theil en 1825, cadastre "Napoléon", à remarquer le grand nombre de bâtiments dont la plupart sont disparus ainsi que le plus grande partie du chemin Duval qui conduisait à la carrière qui servit de cimetière pendant la révolution. [cliquer pour agrandir l'image]
Il existait également 15 ateliers publics dans la commune. Deux subsistaient en 1944 qui sont tombés en désuétude. [ les ateliers publics étaient des endroits appartenant à la commune où se distillait le cidre ].

station abandonnée

Station de pompage au village de Bellefontaine abandonnée après la pollution de la source par un agriculteur.
Dans les années 1940/1945 les commerces et artisans suivants :

Epiciers : Madelaine , Marie , Saillard - Cafés : Berthaud, Bouillière (1946), Saillard - Quincailler : Saillard - Boulanger : Lucas (Rapanakis) - Bourrelier : Masson - Coiffeur : Prével - Couturières : Buffard , Leplanquois , Trochu - Cires : Leplanquois - Electricité : Riou - Charpentier : Lefresne - Cuisinière : Lefresne - Menuisiers : Besnier, Quéruel - Meunier : Lemoine - Couvreur en paille : Collet - Scierie : Vaugeois - Laveuses : Blais , Marguerite, Burel - Taupier : Marguerite - Stations-services : Rapanakis , Saillard

Une salle en bois fut construite en 1945 par les établissements Mariani pour servir de cantine aux maçons de l'entreprise. A la fin des importants travaux de reconstruction du bourg, plusieurs maisons ayant été totalement détruites, l'église, les écoles et le presbytère gravement endommagés. Elle fut reversée à la commune qui devait l'utiliser comme cantine scolaire à la suite d'une leg de M. Blais-Mousseron industriel à Paris et ancien maire de La Rocque, salle communale pour quelques séances de cinéma, bals, et réunions diverses puis revendue à un particulier. Elle était située à l'emplacement du nouveau parking, à proximité d'un magnifique marronnier qui eut le malheur de servir de panneau d'affichage relatant les actions en 1944 de quelques candidats conseillers municipaux qui avaient confondu leurs bestiaux avec ceux des voisins, ceux-ci ne furent jamais élus, mais l'arbre fut immédiatement abattu. 1983 fut également une année intéressante.

A la même époque existaient également deux écoles, dont une, appelée la petite école, don d'une institutrice était un don d'une institutrice et de sa soeur célibataires qui y habitaient, Marie Geneviève née à Montbertrand 14 en 1845, décédée le 5 juin 1901 à Le Theil, sa soeur Victoire Geneviève, l'institutrice au Theil, née en 1841 à Montbertrand, décédée le 13 novembre 1913. Les maires de l'époque, Hardy et Sicot puis leurs successeurs durent considérer que ce don était chose normale puisque rien ne rapelle cette donation. Il faudra attendre 2002 pour que cette maison porte le nom, non pas des deux soeurs, mais celui d'un artiste local.

Fermée, elle était louée, fort mal entretenue pendant des decennies, mise en vente et devant l'hostilité de la plus grande partie des habitants, transformée en salle communale, devoir de mémoire (vin d'honneur) des anciens combattants de la commune qui porte le nom de Raymond Dommergue artiste local récemment disparu.



le monument aux morts Victimes 1914/1918 :

E. Aumont - E. Besnier - L. Besnier - H. Blais - V. Blais - J. Brisset - V. Burel - E. Cochard - V. Daligault - A. Delarchand - G. Dernemenil - G. Duval - J. Fauvel - E. Hellouin - A. Larchand - A. Lechatellier - G. Lefresne - A. Leplanquois - A. Michel - A. Siquot - F. Siquot - E. Tirard.

Militaires 1939/1945 :

J. Dumaine - R. Griault - R. Hamel - R. Lucas - V. Queruel - G. Ruault.

Civile 1944 : - E. Blais.

Indochine : H. de la Bigne

Algérie : J. G. de la Bigne.


Légendes


La légende attachée au Buisson au Prieur (Village de la Prieurté). A cet endroit l'on voyait la nuit se promener pendant de longues heures le corps d'un homme sans tête, revêtu d'un surplis et tenant à la main une chandelle allumée et dont la flamme résistait aux vents et à la tempête. Ce spectre bizarre ne disait rien aux passants. Un soir, l'un de ceux-ci plus hardi que les autres, se munit d'eau bénite et en aspergea, en se signant, le fantôme qui immédiatement s'arrêta et se mit à parler : Que me demandes-tu ? Ce que je fais ici ne te regarde pas - Je ne demande rien à personne passe ton chemin et l'être mystérieux reprit sa marche.
Le curé de Saint Rémy de Lacy eut connaissance du fait et un soir il aborda le spectre qui aussitôt s'arrêta. La conversation s'engagea, elle dura longtemps. Plusieurs personnes avaient accompagné le Curé : elles restèrent à l'écart, trop loin sans doute pour entendre les propos échangés car personne ne les a jamais connus. Le Curé garda son secret. Ce qui est certain, c'est que le fantôme ne revint pas.

- Au bois Dufy un spectre errait sans cesse la nuit en compagnie de chiens sur la lisière du bois. Lorsqu'un passant se trouvait à proximité il lui faisait signe avec insistance de le rejoindre, l'attirait dans les fourrés et subitement disparaissait en fumée avec ses chiens. Un tas de fumier déposé à l'orée du bois par un paysan négligeant eut raison de ce spectre.

Au pont de la Lande une laitiche se présentait au passant sous la forme d'une grande chevrette blanche. Elle s'acharnait sur une habitation, faisant hurler le chien de garde toutes les nuits. Pour s'en débarrasser, on résolut de l'attaquer avec des instruments tranchants. Blessée la robe blanche disparu laissant place à jeune fille nue qui fut immédiatement achevée et enterrée dans une fosse à pommiers. Aucun des pommiers plantés à cet endroit depuis n'a poussé normalement.

En la paroisse du Theil, près des monts Guainiers (pâture en patois normand). C'était un soir de printemps, par un clair de lune splendide. Une bonne femme s'était couchée de très bonne heure, et elle ne pouvait dormir. Tout à coup, à travers le vitrage en losange qui garnissait sa fenêtre, elle aperçut une brebis qui broutait furieusement les feuilles de sa vigne, les pattes montées sur la croisée. Elle se lève, s'habille à la hâte, saisit un bâton et ouvre la porte pour chasser l'insolent animal. La brebis se sauve allègrement dans le jardin légumier dont elle avait ouvert elle-même la barrière à l'avance. Là, prestement, elle saute dans les choux que, d'un coup de dent, elle enlève les uns après les autres. La bonne femme furieuse de plus en plus la poursuivait. "Et, qué tu ne vas pas m'en laisser t... Et, et que je té vas bien tirer !... " disait-elle tout essoufflée. Enfin, après bien des tours et détours elle expulse la vision qu'elle chasse cinquante pas plus loin. Alors, subitement, celle-ci se couche. "Et tu peux bien rester là!.", sur ce, la bonne femme rentre chez elle, ferme la porte, se couche. A peine était-elle au lit, qu'elle aperçut de nouveau l’importun à même les pampres de sa vigne. "Malheur dé malheur! Malédiction !" La vieille reprend son bâton, sort et la course recommence vertigineuse. La bête fuyait dans le jardin, et la bonne femme courait après elle, en essayant vainement de l'atteindre. Ces manoeuvres duraient depuis un certain temps quand, tout d'un coup, la “berbis” se mit à gambader d'un air narquois, et finalement à rire de toutes ses forces. Ce fut un coup de foudre pour la malheureuse bonne femme qui, dans l'instant, s'arrêta suffoquée, rentra chez elle, non sans peine, et s'évanouit. La brebis ne revint pas. Mais, le lendemain, dès le matin, la bonne femme courut chez sa voisine, pour lui conter son cas. “la berbis est venue sté nuit!....jé quériais mes choux perdus, nya que mes grands pas a travel courtil - Mes planches sont perdues !” chose surprenante, assurément, les choux étaient indemnes, et la vigne aussi. Il  n'y a plus de vignes ni de maison et le lieu a été renommé mont-Garnier....

Près de la masure Vaumousse, une chevrette revêtait l'aspect d'un grand chien blanc. Un jour de batterie de sarrazin, un habitant plus ou moins éméché se faisait fort de tuer la chevrette avec son fléau. La rencontrant, il la poursuit et rentre chez lui enchanté. A peine couché il entendit frapper violemment à sa porte, se relevant il alla ouvrir et vit la chevrette assise sur son derrière qui le regardait en hurlant, lui disant "je te le passe pour cette fois, mais n'y revient pas", et elle disparut.

- Le village de la Tellerie avait un revenant insupportable. Il n'était autre que M. de la Tellerie lui-même, homme désagréable de son vivant et plus encore après sa mort, qui le jour même de son inhumation et après son enterrement, fut trouvé assis au coin de son feu et qui depuis ce moment ne cessa de jouer mille tours à ses héritiers, à leurs domestiques et à leurs voisins, jusqu'au jour où le Curé du Theil, revêtu de l'étole, réussit à l'exorciser.

- Aussi antipathique était M. de la Durandière, toujours grimaçant et ronchonnant, sa principale occupation étant de faire le tour de ses propriétés les mains derrière le dos en admirant ses ronciers. A l'automne, profitant de ses relations, il n'hésitait pas à passer sur le terrain de ses voisins pour ramasser les fruits tombés ou non. Fort mal embouché, il était préférable de ne pas le rencontrer. Selon la légende il aurait disparu à la suite d'une chute dans une motte de beurre trop salée.

Plus récemment, le cidre qui était particulièrement alcoolisé dans la commune, devait donner lieu à quelques événements cocasses ou dramatiques comme ces deux habitants du bourg qui se battirent en 1900 à coups de planches entrainant la mort de l'un d'eux ou le fossoyeur de la commune dormant au fond de la fosse qu'il avait creusée et qu'il fallu réveiller à la sortie d'un enterrement pour y mettre le cercueil, et ce paysan fortement alcoolisé et préoccupé par un vêlage difficile qui coupa le cou de sa vache....

Il y a quelques decennies, la chasse à la piterne dans les bois pendant les soirées d'automne procurait quelques frissons aux jeunes ouvriers agricoles.

E-mail : Roynel



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