Saint Vigor des Mézerets
St-vigor-des-Maiserets
sanctus vigor de Meseretis
L'église de St-vigor-des Maiseraits est assez
remarquable pour la contrée. Elle parait, sauf quelques fenêtres modernes et une addition
à l'Est, être entièrement du XVe siècle. Le
clocher en batière, est placé sur le transept nord.
Quand le livre Pelut du diocèse de Bayeux a
été écrit , le présentateur à la
cure était un Dominus Guillelmus de Braeyo
Sur la porte de l'ouest est une jolie rose flamboyante
au midi, les fenêtres avaient presque toutes des meneaux
contournés: il reste encore quelques fragments de vitraux en
grisaille dans le chœur et dans la fenêtre du transept
méridional, des restes d'une verrière assez remarquable.
Ces deux chapelles des transepts ont été
décorées très richement, à en juger par les
nervures à clefs armoriées qui ornent les voûtes.
Des branches de vigne courent entre ces nervures profondément
évidées. Les retombée sont portées par des
anges tenant des écussons qui ont tous été
mutilés aussi bien que ceux des clefs de voûte.
Un seul écusson a échappé,
protégé qu'il semble avoir été par
l'obscurité; il se trouve sur une clef de voûte dans la
chapelle du Nord, sous la tour.
Malheureusement toute cette église est engluée
de badigeon d'une façon déplorable, et c'est une des
localités qui peut être signalée comme ayant le
plus souffert de cette manie de peindre ou plutôt de barbouiller
qui a fait tant de mal dans les campagnes.
La base des fonts a paru du XIVe. siècle à M.
Bouet. Il est difficile de savoir si la cuve est du même temps ou
si elle n'a point été refaite.
Trois ou quatre jolies statuettes ornent cette église
; deux d'entr'elles notamment une statue de saint Denis , viennent
d'une chapelle St Laurent qui dit-on, était assez belle et que
l'on a détruite depuis la Révolution; elle était
située sur le bord de la rivière, dans la direction de
Perrigny.
la cloche est peu ancienne, en voici l'inscription :
L'an 1804. j'ai
été bénite par le sieur Pierre Bisson pasteur
desserv de ce lieu et nommée ROSE Aimée par Rose Marie
Madelaine Baudrand Vve Duvergier assistée de Jean Marie Anne
Duvergier à la diligence de Jean Lhomme maire de la commune de
St Vigor des Maiserets
Fait par les Bosq et Le
Monnier
On remarque un if
très-ancien dans le cimetière
La croix du cimetière est élevée sur des
degrés, au nombre de huit ou dix.
La cure était à la nomination du prieur du
Plessis qui la faisait desservir par un religieux Augustin. Il y avait
dans la paroisse une chapelle titulaire. sous l'invocation de St
Laurent des Prés, à la présentation du prieur.
Château.
A peu de distance, au Sud est l'ancien château de St
Vigor, très-grossièrement construit en grès ou
schiste, avec corniches en charpente.
La plus grande partie de
cette construction semble dater du XVIIe siècle; quelques
accolades et un dessus de fenêtre portant des sculptures figurant
un cable ou cordage semblent seuls pouvoir lui faire assigner une date
plus reculée.
Une grande salle, au rez-de-chaussée, dans laquelle
débouche l'escalier de la tourelle, conserve encore quelques
boiseries du XVIIe et quelques restes de tableaux représentant
des femmes nues et des amours, suivant l'usage assez
généralement suivi alors pour la décoration des
châteaux.
Le seigneur de la paroisse avait une chapelle domestique dans
sa maison.
Cette seigneurie était possédée, au XIe
siècle, par la famille de Clinchamps.
Hugues seigneur de Clinchamps et des Maiseraits, fit des
fondations en 1138.
Un autre Hugues de Clinchamps tenait les fiefs des Maiserets
et du Rosel, sous le règne de Philippe-Auguste, en 1210 et en
1226, comme nous l'apprennent des registres de la chambre des comptes.
Vigor de Clinchamps, écuyer, passa un contrat le 27 mai 1417 et
fut père de Philippe et d'Olivier, seigneurs des Maiseraits et
de la Basoque , dénommés dans des lettres-patentes du 22
août 1463. Nicolas de Clinchamps, seigneur des Maiserets, fils
d'un autre Nicolas, fit preuve de noblesse vers 1640. Philippe des
Maiserets avait fait ses preuves devant devant Monfault en 1463.
Cette paroisse faisait partie de la sergenterie de St-Jean Le
Blanc, on y comptait 120 feux.