de La Roque

Seigneurs de CAHAN, MESNILLET, MONTSÉGRÉ, BERNIERES, Etc.

Armes: d'azur à trois fasces d'argent.

 


La maison de La Roque qui était représentée par plusieurs de ses membres, en 1789, tant aux Assemblées de la Noblesse qu'aux Assemblées provinciales, remonte, par filiation non interrompue, jusqu'à Pierre de La Roque, vicomte de Valognes, en 1580. En 1406, Jehan de La Roque reçoit aveu de Jean Le Tirant et de Renouf Le Cornu, pour la Masure des Gaiges, située dans la paroisse de: Montségré. Six frères du nom de La Roque furent chevaliers de Malte, au XVe siècle. Ils étaient fils de Jehan de La Roque; seigneur de Montségré, et de Gillette Le Devin, de la famille des seigneurs de Mont-Bohier.

La branche qui prit le nom de La .Roque-Cahan est un rameau détaché de l'ancienne famille de La Roque de Mesnillet, qui posséda les seigneurie de Bernières, de Montségré, de Viessoix, de Chênedollé, du Theil, de Presles, de Colombières et de Langrune. La paroisse de Bernières-le-Patry comprenait quatre fiefs, savoir: ceux de. Bernières, de Mesnillet et de la Basse-Rochelle qui appartenaient encore, au moment de la révolution, à la branche de La Roque de Mesnillet. Le fief de Mesnillet était un huitième de fief de haubert, relevant de la seigneurie de Bernières-Ie-Patry, avec droit de présentation à la grande portion de .l'église de Bernières. Le quatrième fief, celui de la Haute-Rochelle, a appartenu à Dumont de la Rochelle le conventionnel. Il était possédé autrefois par la famille d'Eron.

En 1706, Etienne de La Roque, conseiller du roi, était civil et criminel au siège de Tinchebray.

L'avant-dernier représentant do la branche de La Roque de Mesnillet était fils de Georges Julien de La Roque, et petit-fils d'Etienne de La Roque. conseiller du Roi, trésorier des finances à Caen. Georges-Julien de La Roque était colonel du régiment de grenadiers royaux de Normandie par brevet du 1er mars 1780. Il fut délégué à l'Assemblée provinciale qui tint à Caen en 1787, et mourut avant de siéger. Son fils. François Aimable de La Roque président des Assemblées provinciales du département de Vire, est appelé marquis de Mesnillet. dans l'état de ces assemblées, en 1789. François-Aimable de La Roque avait épousé Damienne Françoise de Gislain dont naquit Georges-Ferdinand-Aimable de La Roque de Mesnillet, mort jeune et à une date antérieure à septembre 1804. Il était le dernier représentant de la branche de Mesnillet.

Dans l'état militaire de 1789 nous trouvons : 1- M. de La Roque de Bernières, capitaine au bataillon de garnison d'Enghien. - 2° M. le comte de La Roque, lieutenant en second au régiment de Forez; 3° M. le comte de La Roque, lieutenant au régiment Royal-Navarre, cavalerie.

Nous empruntons ce qui suit, au précieux ouvrage de M. le comte Hector de la Ferrière-Percy, sur le Canton d'Athis, relativement à la branche des seigneurs de Cahan : La fin de cette branche des La Roque est triste à raconter. Commençons par l'aïeul du dernier qui posséda, à Caban, le manoir de la Fosse, par le comte de La Roque-Cahan. Il débuta dans la carrière militaire, comme page de Louis .XV, et rentra dans ses foyers avec le grade de colonel. Il avait épousé la fille du comte de Saint-Paul. Quand vint la tourmente révolutionnaire, il crut de son devoir d'aller offrir ses services à Louis XVI; et l'un des derniers serviteurs de la monarchie qui s'écroulait, il fut fait prisonnier aux Tuileries, à la journée du 10 août. Dans sa jeunesse et lorsqu'il était page, il avait connu le duc d'Orléans et c'est dans la fatale charrette qu'il devait le revoir. Au pied de l'échafaud, à ce moment suprême, les yeux du duc d'Orléans se portèrent sur lui; il le reconnut, et lui tendant la main: .La Roque, lui dit-il, soyons amis, avant de mourir .- La Roque retira la sienne, et, d'une voix ferme: .A vous l'honneur, Monseigneur, montez le premier.

Son fils unique, Narcisse de La Roque- Cahan, commença également par être page. Remarqué par le comte d'Artois, il parcourut rapidement les premiers grades et dut à la bienveillance de son royal protecteur d'épouser la fille du marquis de Chevereux. Lorsque le comte d'Artois émigra, La Roque le suivit à l'étranger; mais la vie de I'exil lui pesait, et il aspirait à rentrer en France. Voilà le bel éloge que faisait de lui Louis de Frotté, dans une lettre au comte d'Oilliamson : .La Roque-Cahan a toutes les qualités réunies : zèle, .bravoure,:discrétion; intelligence. honnêteté .de caractère et de principes. Il parait bien connaître son canton; depuis longtemps il sollicite de passer en Normandie, et son dévouement mérite cette récompense. Après avoir narré de la façon la plus émouvante la première tentative faite par La Roque-Cahan et ses compagnons, pour se rendre de Guernesey sur les cotes de France, dans la nuit du 11 janvier .1796, M. le comte de la Ferrière ajoute : A quelques jours de là, :Frotté, La Roque-Cahan, d'Urville et Bellefonds débarquaient près de Saint-Malo, et, à travers mille dangers, échappaient aux troupes républicaines qui gardaient la côte et les avaient un instant cernés plus heureux dans cette seconde tentative que leur compagnon La Rosière fait prisonnier en touchant le rivage, cette nuit même dont nous venons de raconter toutes les péripéties.

Avec l'aide de La Roque-Caban, qui connaissait si bien le Bocage, et qu'un chef vendéen appelle le sage et le prudent, l'organisation royaliste marcha si rapidement qu'en quelques mois, près de dix-huit cents hommes étaient réunis. Ces forces étaient réparties depuis Avranches jusque près de Rânes, et se reliaient aux chouans de: la Mayenne. Avec cette poignée de gens Frotté put tenir plusieurs mois en échec une armée de huit à dix mille hommes. Après la suspension d'armes de 1796, La Roque-Cahan resta en Normandie. Dans les derniers mois de 1799, il habitait à St-Jean-des-Bois, dans le canton de Tinchebray, chez l'un de ses amis, M. Guillouet. Un soir qu'il se promenait avec Martial Guillouet, fils de son hôte, ils sont tous deux arrêtés par une colonne mobile et conduits dans la prison de Tinchebray. Martial Guillouet, pendant la nuit, gagna le geôlier, et offrit à La Roque-Cahan des moyens d'évasion mais La Roque ne les voulut jamais accepter. Nous sommes en trêve, dit-il à son jeune compagnon, que peuvent-ils me faire ? me conduire à Domfront ? Eh bien! on m'y relâchera il me répugne dé m'évader! Vous, mon ami, retournez chez votre père, et dites- lui que je reste, le lendemain, La Roque fut conduit à Domfront par un détachement; à moitié, route, la colonne s'arrêta dans l'avenue de l'ancien château: des Bordeaux, et on l'y fusilla sans jugement.

Pour représenter la maison de La Roque-Cahan, il ne restait plus qu'un enfant qui eut sa part des malheurs de sa famille. A l'âge de douze ans, il fût pris pour otage et jeté dans les prisons de Caen, mais une femme dévouée, sa nourrice, veillait sur lui, elle lé fit évader , le conduisit au château de Fervaques, près de Lisieux, où elle l'habilla en berger; puis; elle le mena à Chiffreville; puis enfin à la terre de la Fosse, dans la commune de Cahan, le faisant aller aux champs, et parvint ainsi à le cacher pendant plusieurs mois. Durant ce temps, les biens de son :père avaient été vendus, et on tenta vainement plus tard, d'obtenir pour lui le tiers coutumier. un parent des Chevereux, M. de Surville, eut pitié, du jeune orphelin, il l'adopta et lui laissa sa fortune, ce qui permit au jeune La Roque de racheter sa terre de famille à Cahan. La branche des La Roque-Mesnillet est éteinte, celle des La Roque-Cahan n'était plus représentée en 1862 que par la marquise de Roncherolles et Mme de la Rochelle. La branche des Mont-Sécré était représentée en 1862 par le comte de La Roque qui habitait au château de la Raterie près de Domfront.

Cette maison fut toujours maintenue dans sa noblesse à diverses reprises et en particulier le 7 avril 1667 par Chamillard.

 

15/03/2009