LE FRESNE PORET



Nos remerciements à M. et Mme H. Jouenne et à la Mairie pour leur amabilité et les renseignements fournis.
le fresne poret bourg
le bourg par Google Earth



Commune de la Manche, canton de Sourdeval, à la limite du département de l'Orne.
241 habitants en 2001


Situation 1887
Population : 827 habitants
Maire : Juhel
Maire Adjoint : Debon
Curé : Hébert
Instituteur : Sébert
Institutrice : Maloizel

Poste à Sourdeval - Gare à Sourdeval
Situation 1905
Superficie : 1001 ha
Population : 603 habitants - 590 en 1903
Maire : Buffard
Maire Adjoint : Levallois
Curé : Restout
Instituteur : Lemercier
Institutrice : Blin

Poste à Sourdeval - Télégraphe et téléphone à Ger
Situation 1921
Population : 481 habitants
Maire : Roulleaux
Maire Adjoint : Fouré
Curé : Beaudet
Instituteur : Martinet
Institutrice : Lagouge

Poste à Sourdeval - Télégraphe et téléphone à Ger
Situation 1925
Population : 481 habitants
Maire : Labiche
Maire Adjoint : Bazin
Curé : Ledos
Instituteur : Orange
Institutrice : Hosteins


Situation 1931
Population : 448 habitants
Maire : Favrie
Maire Adjoint : Bazin
Curé : Ledos
Instituteur :
Institutrice : Poulain


Situation 1939
Population : 463 habitants
Maire : Lecointre
Maire Adjoint : Bazin
Curé : Caillebotte
Instituteur : Mme Bazin
Institutrice : Bauer


Situation 2001 :
-
Electeurs : 210
-
Maire : Mme Miquelard
-
Conseillers : Le Masle, Moulin, Surville, Dubois, Pellerin, Leroy, Miquelard, Grente, Hamon, Gohin.
- Secrétaire de Mairie :
S. Champion
Mairie ouverte les  mardi de 9 heures à 12 heures 30 - vendredi de 14 à 18 heures 30


Appelée dans les temps anciens
villa Fraxini du nom d'un officier romain qui y résidait, puis Saint Jean le Brun, en 1082 la paroisse appartenait à Richard de Sourdeval, qui voulant participer à la fondation de la collégiale de Mortain donnait la moitié du bourg avec l'église et les dîmes de toute la paroisse, la moitié d'un moulin, et un quart de la forêt de la Lande-Pourrie.
Le premier seigneur connu fut
Guillaume Poret qui vivait en 1377, marié à Nicole de Combraye qui possédait Le Fresne, d'ou le nom actuel. Son fils Guyot ou Guyon Poret, seigneur du Fresne se mariait vers 1422 à Guyonne du Grippel fille du seigneur de Landelles.
Armes des Poret : d'azur aux trois glands d'or.
Guiot Poret servait en 1415 en qualité d'écuyer, dans la compagnie de Jehan de Villaines, seigneur de Samoy. II reçoit en 1435, des aveux, au droit du franc fief du Fresne. Il s'intitulait sieur du Mesnil-Oulgrin, et laissait trois fils : Michel marié à Denise du Grippel et dont la fille unique épousa Guillaume de Neuville. Guillaume reconnu noble, dans la Recherche de Montfault, et Jehan, tige de la branche de Taillebois et du Bois-André De Guillaume Poret et de Barbe Louvel, vinrent deux fils, Pierre et Guillaume. Pierre, l'aîné, était maintenu dans sa noblesse par jugement des commissaires du Roi, le 16 mai 1516. Il fit hommage, en 1585, de la terre de Berjou, à Louys de Rohan, seigneur de Condé-sur-Noireau et s'avoua être tenu de lui fournir « ung homme armé de haulbergeon, de lance, d'espée, par troys jours et troys nuits, en temps de guerre, pour la garde « du château de Condé. Ses descendants. possédèrent la seigneurie de Berjou, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Le dernier de tous, Joseph-François Anselme de Poret, naquit à Berjou, le 11 août 1751; comme ses ancêtres, il suivit la carrière des armes, et fut, avant la Révolution, colonel de cavalerie. Il épousa noble damoiselle Lancry de Plomperoy, fille du lieutenant-général de ce nom, et obtint les honneurs de la Cour, le 20 avril 1785. Cette branche des Poret de Berjou subsistait encore en 1860, mais elle avait quitté la Normandie, et était représentée par le comte Auguste de Poret, dont l'un des fils René de Poret, élève de marine, mort dans un combat contre les indigènes, à Nou-Kahiva, et dont la fille, Emeline de Poret, avait épousé le vicomte des Nétumières.
Jehan du Poret sorti du la même souche que les Poret du Berjou. Il était le troisième fils du Guiot du Poret, seigneur du Fresne reconnu comme étant d'ancienne noblesse, par Montfault, il servait, en qualité d'archer, dans la compagnie du sire du Craon. Comme patron du lieu, il présenta. en 1578, au bénéfice de Taillebois, Guillaume Marguerie, et, plus tard, son propre frère, Raoul Poret. Il eut un long procès à soutenir avec noble homme Raoul du Saint-Germain, de la branche des seigneurs de Rouvrou, qui possédait alors le fief du Boutemont, et lui refusait l'hommage. Pour se défendre, il opposa des titres qui prouvaient que les deux fiefs du Boutemont et du Taillebois ne formaient anciennement qu'un tiers du fief du chevalier, mouvant du haut fief de la Carneille; vers l'année 1300, ce fief avait été partagé entre deux filles ; que Raoul de Saint-Germain représentait les droits de la cadette, tandis que lui, Jehan de Poret, représentait les droits de l'aînée et, à ce titre, possédait le fief supérieur. A l'appui de cette prétention, il présentait de nombreux aveux rendus à ses prédécesseurs, les seigneurs de Taillebois, et finit par obtenir gain de cause devant le bailli de la Carneille, le 12 décembre 1490. Jehan de Poret dut mourir en 1508, laissant de Louise de Gonnidech, deux enfants en bas âge. Son frère, le curé du Taillebois, en eut la garde-noble. .Joachim, l'aîné, devint seigneur de Taillebois, et présenta au bénéfice du lieu son frère, Lucas Poret ; il épousa Catherine de l'Estendart, veuve de Guilbert Pichard, écuyer, et fille de Jean de L'Estendart, baron d'Ouilly. Son fils aîné, Jacques Poret, épousa Louise de Renneville, fille du seigneur d'Athis, et eut de longs démêlés avec son beau-frère, Gilles de Renneville, à l'occasion de la dot du sa femme.
Michel seigneur du Fresne, sa fille épousa
Guillaume de Neufville.
Guillaume marié à
Guillemine de Caignou dont il eut 2 fils : Gauvain seigneur du Fresne et de Saint Jean des Bois à la suite d'un échange avec les Neufville. Cette branche s'est éteinte en 1788 dans la famille de la Bellière.
En 1530 Renaud Poret se qualifiait de seigneur et patron du lieu,
demeurant au village du Logis où il possédait un manoir, bien que le 30 décembre 1631 interdiction ait été faite à Thomas Poret, l'un des descendants de se dire seigneur de la paroisse. En 1760, Trepel de Grantemesnil était seigneur du Fresne-Poret.
En 1697 dans un rapport écrit sur ordre de Nicolas
Foucault intendant de la généralité de Caen la paroisse s'appelait Fresne Poret et quelques familles protestantes y résidaient
Le manoir du Logis existait encore en 1912, et en particulier un ancien colombier de 60 mètres carrés, avec des douves.

Le Fresne Poret comptait 106 habitations en 1722, 105 en 1767 et 265 au recensement de 1850.
La paroisse faisait partie de la sergenterie Hallé de Mortain qui appartenait à la famille royale, en 1767, le duc d'Orléans était propriétaire du comté de Mortain. Les propriétaires de certaines terres, riverains de la forêt de la Lande-Pourrie avaient le droit "de prendre le bois mort, le vert en gisant, le sec en estant. Le bois brisé, arraché ou volé. De passonner leurs porcs, d'herbager en cette forêt toutes leurs bêtes à cornes en payant douze deniers par tête en dessous de trois ans". Le sergent de la forêt percevait le montant des droits et veillait à l'éxécution de ces clauses afin qu'il n'y aient pas d'abus. Il recevait douze sols tournois du domaine royal. Cette charge fut longtemps entre les mains des
Du Chemin et desDe Laubrières
Une église du 15ème siècle, sous l'invocation de St Jean Baptiste, fut restaurée en 1762. Détruite, elle a été remplacée en 1890 à l'initiative de l'abbé
Restout, curé du Fresne. La grange aux dîmes existait encore en 1912, en 1697, le chanoine du Fresne, Charles Ménage, était de la collégiale de Mortain et présentait aux bénéfices. En septembre 1693, André Bouillon curé du Fresne, assisté de MichelDubois et Marguerin Dubois de la Noé notables également du Fresne fut enquêteur à la demande de Daniel Huet évêque de Coutances au sujet du déplacement du monastère féminin des Moutons.
Eglise le Fresne-Poret 50Eglise le Fresne-Poret 50 - photo numérique Roynel-LeroyL'église actuelle a été construite à partir du 2 mai 1886 avec la décision du conseil paroissial de remplacer l'ancienne église qui tombait en ruines. Elle fut terminée en 1895 et bénie le 15 août 1895 par Mgr Germain évêque d'Avranches. Elle fut réparée dans les années 1960, 1980 et 2000 après la tempête qui détruisit une partie du clocher.

les Calvaires
La Goderie. Ce calvaire fait penser aux croix celtiques. Le fût porte le texte de la sixième épître de saint Paul : MIHI ABSIT GLORIARI NISI IN CRUCE il est situé à la limite territoriale du Fresne-Poret et de Sourdeval, et les paroissiens du Fresne-Poret y venaient naguère, chaque année, en procession aux Rogations. il ne porte aucune date mais il semblerait qu'il soit le plus ancien du canton de Sourdeval, c' est-à-dire très antérieur au XVII" siècle. C' est une oeuvre d'art bien ciselée avec le croisillon inscrit dans un losange, le croisillon, le losange et le fût de la croix étant taillés dans la même pierre de granit.
Cimetière. Un haut calvaire de granit se dresse au centre du cimetière. Le socle, posé sur trois marches, sert de base à un fût de section carrée qui porte la date de 1854 (ou 1834, un impact ayant éclaté une partie du troisième chiffre). le croisillon est séparé du fût par une tablette.
Le bois du Fresne (1860). Le socle de granit porte l'inscription suivante : F(ait) F(aire) P(Ar) F. MILLET 1860 VIVE JESUS Le calvaire originel était sans doute en bois. Les intempéries l' ayant détruit, le fût et le croisillon ont été refaits en ciment et couronnés par un second christ en métal.
Les Hautes-Loges (1921). Sur l'ancien socle, en granit, on lit l'incrispation: FF PAR JA MICLAR Hauchamps ET CATH. THIBAUT S.F. Sur le second socle en ciment (au-dessus), nouvelle inscription : ERIGE PAR L. DALIGAULT ET AZELMA JOUIN SON EPOUSE Au bas du fût en ciment, la date de 1921 correspond à la restauration de cette croix et à son déplacement, il se trouvait autrefois au centre du carrefour. Croisillon en ciment trilobé aux extrémités, christ en métal.
La croix aux Drus (1936). Socle et croix en ciment portant l'inscription : ERIGE PAR Mme F. DENDIN EN SOUVENIR DES FAMILLES F. DENDIN EP P. MAUGER 1936 LE PONT d'EGRENNE. Calvaire en ciment posé sur un emmarchement et un socle de granit. il symbolise l'Arbre de vie avec son écorce et ses nodosités appelées écots. l'arbre ébranché porte des fruits. il était situé sur ce qu'on appelait autrefois le Chemin Royal de Brest à Paris. Le village du Pont d'Egrenne avait jadis une grande activité artisanale de clouterie.
La croix Aujard. Calvaire en ciment portant un christ en métal dont le socle porte l'inscription : FAMILLE ANGOT 1950.
La Valette. Croix de bois avec christ en métal planté dans un socle en ciment qui porte l'inscription : FAMILLE POULAIN LORENT Sur le fût, on peut lire : AVE MARIA 1959
Le Maupertus (1987). Croix de bois avec christ en métal, plantée dans une pierre ronde de granit restaurée en 1987.


Une fête, la St Jean, très active existait en 1910 où l'on buvait beaucoup assis sur des fagots selon l'instituteur de l'époque.
Le Fresne-Poret depuis le 16ème siècle comptait un grand nombre d'artisans travaillant le fer où le bois. Au village du
Pont d'Egrenne, il existait de nombreux forgerons, taillandiers, couteliers, ciseliers, en général de père en fils, parmi lesquels les GALODE, MIQUELARD, GALLOIN, DEBON, DENDIN, ROYNEL et des cloutiers et fabricants de mailles de chaînes au bourg, le fer étant travaillé avec du charbon de bois, celui-ci étant abondant dans la région.Témoin cette requête adressée au Duc d'Orléans en 1720 par Julien Lalouel et ses fils, marchands de bois, ventiers de la forêt de la Lande Pourrie à la suite d'une amende dressée par le receveur :Et remontrent à votre altesse que depuis plus de vingt cinq ans, il s'est établi une manufacture de gros couteaux à manche en bois et autres ouvrages de grosse quincaille dans la paroisse. A tous lesquels ouvriers suppliants, adjudicataires de vos bois, fournissent les charbons qui en proviennent et qui sont nécessaires pour ces manufactures, par le moyen desquels et non par aucune autre ressource, les habitants de cette paroisse peuvent subsister avec leurs familles, payer les tailles et autres impositions dues à sa majesté, sans quoi ils seraient ruinés et hors d'état de pouvoir subsister. Il semble que quelques mines aient été exploitées dans les temps anciens malgré le sol granitique à proximité du Pont d'Egrenne. A partir de 1870, la plupart des forgerons et leurs familles quittaient la commune pour Tinchebray et ses environs où des usines s'étaient installées. Contrairement à d'autres communes, il existe encore de vieilles maisons bien conservées, on peut lire l'inscription suivante sur un linteau 1637 En paradis soit le repere de Gilles Fleuri avec les gravures de l'enclume, du marteau, des ciseaux et couteaux qui rappelaient sa profession de ciselier. Sur une autre 1747 FFP LOUIS et THOMAS ROINEL. Quelques unes de ces maisons appartenant à des artisans (sabotiers, ciseliers, boulangers) se trouvent également sur la commune de Sourdeval au village de la Taillevendière. Les familles ROYNEL, MIQUELARD, HAMON, JOUIN, GALLOIN, SURBLE, LETARD (cette dernière au début du siècle précédent y comptait le plus grand nombre d'enfants (18) dont certains couchaient dans des tonneaux faute de places) y ont résidé pendant 3 siècles- Mariages entre 1720 et 1791

Au 18éme siècle il existait également un office notarial, tenu par la famille
Debon, l'un des derniers fut Jacques Debon de Laugeardière décédé à son domicile au bourg le 30 décembre 1820. Une partie de leurs descendants résident actuellement au Canada.

Julien Dubourg-Leval, né en 1710, descendant d'une famille de cultivateurs, fit ses premiéres études à Mortain et les termina à Rennes en mathématiques et physique. Il publia en 1765 les connaissances préliminaires de la géographie ainsi que d'autres ouvrages.

En 1912 il restait dans la commune les artisans suivants :
2 tisserands pour le lin et le chanvre du pays.- 1 fileuse pour ces lin et chanvre - 1 coutelier - 1 taillandier - 3 fabricants de planes - 2 fabricants de trépieds - 1 fabricant de louchets - 3 fabricants d'embouts de timons - 1 fabricant de tarières - 1 fabricants de becs de corbin.
Une usine de Tinchebray donnait du travail à quelques forgerons, elle fournissait l'outillage, la matière première et les pièces à travailler.
A la même époque les commerçants suivants :
1 boulanger - 1 bourrelier - 1 marchand d'engrais - 1 menuisier - 1 charron - 1 perruquier - 1 modiste - 1 rétameur - 4 épiciers - 5 aubergistes.

Commune dynamique, il reste quelques commerçants : boulanger, café, station-service etc.
Bourg le Fresne-Poret 50 - photo numérique Roynel-Leroy En 1836 la population s'élevait à 1015 habitants - 1095 en 1841 - 1048 en 1846 - 951 en 1856 - 827 en 1866 - 812 en 1872 - 739 en 1881 - 751 en 1886 - 686 en 1891 et 603 en 1896. En 1912 elle n'était plus que de 560 pour atteindre actuellement 241.
Dans les statistiques de 1852 la population était de 1009 habitants - le maire :
Juhel - l'adjoint : Debon - le percepteur : Esneu - le curé : Hébert - le vicaire : Yger - l'instituteur : Lemoine.
Ecole en 1920 - archives Roynel-LeroyLa première école fut créée en 1807, dans une maison louée à la commune, à cette époque il y avait 125 écoliers (80 garçons et 45 filles). Il existait une école libre, construite en 1911, fermée en 1970 Ecole libre en 1911 - archives Roynel-Leroy
même maison en 2001 - photo numérique Roynel-Leroy

La Révolution
Limitrophe de
Saint Jean des Bois, ou se trouvaient les insoumis aux réquisitions militaires commandés par Michelot Moulin, la commune fut l'objet de quelques combats.
En 1789,
Jean Baptiste Adrien Quéruel, curé du Frêne-Poret, participait aux Etats Généraux à Coutances pour le clergé, Claude Moulin négociant et Etienne Juhel aubergiste pour le tiers-état. Bien que la paroisse fut composée en majorité de sabotiers, ciseliers, maréchaux, etc aucun ne fut élu.
En 1790, comme souvent dans la région, les archives de la paroisse, sauf l'état civil, furent brûlées généralement par les habitants eux-mêmes, essentiellement pour des raisons fiscales.
Le 23 août 1793, le district de Mortain réquisisionnait 53 hommes de la commune pour l'armée, et dans le courant de l'année, les gardes nationaux de la commune furent désarmés par les chouans de Moulin.

Pendant l'été 1794, un poste de garde comprenant 40 à 50 soldats de ligne originaires de Paris et des Vosges fut installé dans la commune
Le 8 octobre 1796 (16 vendémiaire an 4) Robert François Tirard 38 ans boulanger à Tinchebray et membre de la colonne mobile de cette ville fut tué par les chouans dans la commune..

Fin septembre 1799, une colonne mobile de Sourdeval forte d'une centaine d'hommes est attaquée dans le bourg du Frêne Poret par les chouans commandés par Moulin, La Pivardière et d'Oilliamson. Une partie s'enfuit, mais une soixantaine s'enferment dans la maison de Mme Moulin et se défendent vigoureusement. Deux hommes furent tués de chaque côté.
Dans la soirée du 5 octobre 1799, les républicains de Sourdeval, cantonnés au Frêne, se laissent surprendre, 24 hommes furent tués et 2 blessés. Ces décès ne devaient pas figurer sur les registres de l'Etat-Civil.
Courrier du commandant la colonne de Condé sur Noireau .

Les habitants de la commune furent soulagés de la fin de cette période troublée et accueillirent l'empire avec quelque enthousiasme comme l'écrit en 1808 Louis Marin Roynel adjoint au maire, ce dernier (Lalouel) ayant jugé bon de se maintenir dans l'ombre "Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, qui a tiré la France du néant pour l'élever au comble de gloire, qui remplit l'univers de l'éclat de son nom et de ses victoires, qui a récompensé, récompense et récompensera toux ceux qui l'ont servi, le servent et le serviront avec zèle et fidélité. Napoléon Bonaparte, Napoléon Premier, Napoléon le Grand, né à Ajaccio en Corse le 15 août 1769, qui a fait le bonheur de la France, même de l'Europe".  Les premières réquisitions militaires calmèrent cet enthousiasme.... et l'adjoint fut mis à la porte.
Bien que la révolution soit terminée depuis longtemps, les troubles devaient durer de nombreuses années, y compris des troubles religieux dûs à la présence dans la région d'une secte
le Rondélisme. En 1832 Thomas Erard ancien sous-officier chouan, arrêté comme instigateur d'attentats, devait être relaxé pour avoir transporté 3 barils de poudre de Caen au Fresne Porêt.
En 1817, sur proposition de la commission les récompenses furent attribuées à :
- Thomas
Erard cultivateur au Fresne - Ss-lieutenant division de St Jean des Bois 100 Frcs
- Pierre
Lebreton fermier au Fresne - sergent division de St Jean des Bois 50 Frcs
- Jacques
Lebreton fermier au Fresne - sergent division de St Jean des Bois 50 Frcs


Soldats de l'Empire nés au Fresne :
Julien ROYNEL né en 1788 fils de Jacques Louis et Anne GERARD - 122ème régiment de ligne - prisonnier à Bailen (Espagne) en 1808 - rentré.
Pierre HEUDE fils de Jacques et Marie MORLIN - 2ème régiment de hussards - réformé.
Laurent ADAM né en 1781 fils de Julien et Marie LEVAL - 10ème régiment de chasseurs à cheval - garde impériale en 1814.
Thomas MOULIEN né en 1782 fils de Thomas et Françoise GOBERT - 6ème régiment de dragons - prisonnier en 1813 en Russie.


Habitants du Fresne-Poret morts au combat pendant la guerre 1914-1918 :
- H. Angot - M. Barbot - M. Barbot - A. Boulay - L. Bourget - A. Chemin - F. Dendin - E. Dendin - L. Dendin - L. Fleury - V. Fouasse - O. Fourré - H. Garnier - L. Gigan - V. Houp - H. Jourdan - F. Lepetit - G. Liot - V. Morin - P. Noel - J. Plessis - P. Riffaut - V. Sallot - V. Thoury - M. Véron.
Victimes en 1939/1945 :
Militaires : L. Fortune - R. Jouenne - M. Molton - P. Marie.
Civils : A. Vautier - Abbé Charles Caillebotte.

Le Fresne-Poret fut la dernière commune de la Manche a être libérée en 1944, par les 28 et 29ème division US le 14 août 1944, après les violents combats de Mortain. La 29ème division d'infanterie US appelée également le division Bleue et Grise, couleurs rappelant la tradition des soldats du Nord et du Sud pendant la guerre de Sécession, était créée le 3 février 1941, arrivée le 11 octobre 1942 en Ecosse, elle débarquait le 6 juin 1944 à Vierville sur Mer (14), elle commençait les combats le 7 juin pendant 242 jours pour les terminer le 4 mai 1945 à Hannovre (Allemagne) avec des pertes s'élevant à 3720 tués. Le Fresne-Poret fut son dernier combat en Basse-Normandie.

Une cérémonie a eu lieu à l'occasion du soixantième anniversaire de la libération à l'initiative du conseil municipal et de Nicole Miquelard maire, en hommage aux victimes civiles de la commune M. Vautier et l'abbé Caillebotte tué par des éclats d'obus et militaires US au cours des violents combats qui eurent lieu dans le canton de Sourdeval.

A noter à l'entrée du bourg, un calvaire a l'architecture curieuse :
calvaire route de ChaulieuCe monument dont le dé est orné de trois croix en relief de tailles inégales porte l'inscription suivanteCroix de la Verrie et de la Reslière 1728


Quelques nouvelles de dernière minute :
- Marijenne Roinnel veuve feu Fougeray, mère de la Grande Gotte, couturière au bourg du frêne porêt est decedée au bourg du frêne dans la chambre à Michel Chenel le vingt du mois de mai mil huit cent vingt quatre.
- Anne Le Breton épouze du sieur Détant instituteur au bourg du frêne poret, dans la maison d'Anne Debon veuve feu François Bouju, est décédée le vingt trois du mois de mai mil huit cent vingt quatre.
- Le père Louis Bazin de la Bobichère en la paroisse du frêne poret est décédé le douze juillet mil huit cent vingt cinq, étant âgé d'une grande âge tant quil passé pour lancien du frêne.
Jacques Le Termellier fils d'André Le Termellier et d'Anne Detant du village de l'interniobé en Le Frêne, est décédé le jour de Carnaval le quinze de février mil huit cent vingt cinq. Le jeune homme étant âgé de seize ans environs, a été se promené avec son fuzil, avec d'autres jeunes gens pour se divertir cedit jour de Carnaval.
Son fuzil n'était pas très bon, il se trouvé dans les jardins aplant de
Thomas Fremond du village des Brousses Guermon en Le Frêne. Le dit jacques Le Termalier sest arétté avec ses camarades c'est appuyé le coté sur la galle de son fuzil, la baguette du fuzil a dessendue sur la gachette, elle a fait partir le coup qui était chargé avec du sarazin et à jetait mort de suite le dit Jacques Le Termalier.
- Baptiste Jean époux de Marijenne Le Termallier, maitre-boulangé au village du pont de grenne est décédé dans la grande route au proche le vaux vilet il a tombé de cheval et il est mort de suite dans la route comme il est dit. Le cinq octobre mil huit cent vingt huit et à été enterré à St Barthélémie.
- Pierre Breiot époux de Louise Roinnel fille de feu Jullien du pont de grenne en le frêne, est décédé au pont de grenne le 24 aout mil huit cent vingt huit, et c'est le premier enterrement de grande personnes que Mr le curé Hébert et Mr Poigné son vitiaire ont fait étant plassé au frêne.

Orthographe originale - Mémoires de Jean Baptiste Gobard propriétaire en Sourdeval.




E-mail : michel@roynel.com

INDEX









compteur de visites - adresse ip