MONTSECRET 61


Situation 1905
Population : 757 habitants
Maire : Duval
Maire Adjoint : Constantin
Curé : Letellier
Instituteur : Lemonnier
Institutrice : Claude
Conseillers : Prieur, Angué, Aubine P., Aubine E., Soinard, Leconte, Julienne, Gallet, Lecocq, Goudier.


Situation 2001 :

Electeurs : 348
Maire : Salliot
Conseillers : Aubine, Deloche,Lorre, Patry, Poulain, François, Rabache, Dubois, Saillard, Héron, Boudonnet, Beauvais, Bourdon, Rochard.



Située à 5 km de Tinchebray, 10 km de Flers, 19 km de Vire et 7 km de Vassy, la paroisse appartenait avant 1789 à l'élection de Vire et diocèse de Bayeux. Depuis 1791 elle fait partie du canton de Tinchebray et du département de l'Orne.

En 1600, elle comptait environ 220 feux et 850 habitants, le prieur du Plessis-Grimoult était le patron du prieuré-cure dont le revenu était de 1200 livres. Il y avait eu procès en 1594 entre Gilles Dubois prieur curé de Montsecret et Marguerin de la Bigne grand doyen du Mans et prieur d'Yvrandes au sujet des dîmes de froment et sarrazins, ou le prieur d'Yvrandes fut débouté.
Une partie de la paroisse appartenait à l'origine aux religieux de l'abbaye de Cerisy Belle Etoile qui la donnèrent en fieffe à Guillaume Thoury de Roullours qui vendit les terres et seigneurie à Gilles du Rozel seigneur de Cagny. En 1581, elle appartenait au sieur de Beaumanoir de Chênedollé. Un autre fief, la Hérissonnière appartenait à la famille de la Roque entre 1539 et 1650 qui avait succédé à la famille d'Arry qui l'avait longtemps possédé. Les la Roque-Montsecret étaient une famille dont le rôle a été important dans la région. Cette branche est disparue.

En 1600, résidaient dans la paroisse les nobles suivants : Jean de la Broise, Bénédic François de Fréval et Jacques de Juvigny.
Il existait deux manoirs, l'un à l'Orsonnière qui aurait appartenu aux de la Roque et possédait quelques murs défensifs, et le second à la Grullière qui possédait quelques inscriptions en vieux gothique.

Le Bourg - route Tinchebray-Condé carrefour de Vassy 1920 Avant la révolution, le bourg était composé de maisons construites sur le bord d'un antique chemin qui reliait Condé sur Noireau à Tinchebray. Ce chemin était connu pour ses fondrières fangeuses qui le rendaient impraticable en de nombreux endroits et obligeaient hommes et femmes à le parcourir à dos de cheval. De plus, desservant tous les villages, il allongeait la distance. La route qui sert actuellement de rue principale n'existe que depuis 1828. Le Bourg - route Tinchebray-Condé 1920 Pour aller à Flers, un pont formé de blocs de pierres branlantes était le seul passage qui franchissait le Noireau, les piétons passaient à pieds secs alors que leurs chevaux barbotaient dans le lit de la rivière. Le lit de celle-ci a été détourné en 1880 pour permettre le passage de la voie ferrée Paris-Granville, et un pont plus solide construit. Moulin sur la rivière (1920)

Au début du 20éme siècle, Montsecret possédait un notaire, deux lignes de chemin de fer dont la ligne Paris Granville et la ligne Montsecret Les Maures, via Tinchebray, une gare appelée Montsecret-Vassy à la suite du refus de la municipalité de Vassy de voir une voie ferrée sur son territoire, et deux haltes. Un terrible accident causé par la distraction d'un employé de la compagnie de l'Ouest se produisit le 15 août 1879 à 7 heures du matin sur la commune de Caligny dans une courbe proche de la gare entre un train de voyageurs, le 51 qui se dirigeait vers Granville et un train de marchandises, le 280 roulant normalement sur la voie unique. Les chauffeurs et mécaniciens des deux trains furent tués ainsi que 5 voyageurs et 50 furent blessés plus ou moins gravement. Il fallut faire venir une compagnie de soldats pour assurer le service d'ordre, 10.000 spectateurs étant accourus de la région.
Il y avait également cinq foires par an très fréquentées.

En 1695, Montsecret appartenait à la famille de Baudre. Esmon Nicolas Pierre de Baudre était le seigneur en 1789, mort le 15 mai 1795, sa maison avait été pillée le 27 mars 1792, par les révolutionnaires.
En 1789 Jean Baptiste Baron originaire de Pierres 14 était notaire, il fut chargé d'inventorier les biens de l'abbaye de Cerisy Belle Etoile mis sous séquestre, il devait épouser la fille de l'aubergiste Busnot en 1793.
Il existait deux boulangers s'appelant tous les deux Jean Busnot.
Deux maréchaux, Butet et Louis Busnot.
Deux aubergistes, Guillouet et Charles Busnot.
Quatre marchands : Nicolas Madelaine, Guillaume Madelaine,Louis Busnot et Andeline Busnot.
Deux cordonniers : Samson et Bizet.
Un officier de santé : Nicolas Edmond Madelaine.
Un boucher : Rault qui n'habitait pas dans le bourg.
Deux sacristains : Louis Busnot et sa femme.

Comme dans beaucoup de communes voisines, Montsecret comptait de chauds partisans de la Révolution. L'un des plus importants fut Hyacinthe Louvet-Lamothe dont la famille appartenait à la bourgeoisie de Montsecret, ancien militaire, il avait organisé une garde nationale qu'il faisait agir à son gré avec des espions veillant jour et nuit et en relations étroites avec la garnison de Tinchebray.
Ayant publié un ordre du jour dans lequel il interdisait à ses soldats de se laisser désarmer sans résistance, sous peine de mort, tout insoumis ou chouan qui s'approchait de Montsecret risquait d'être fusillé. Michelot Moulin qui commandait la légion de St Jean des Bois décida de le mettre hors d'état de nuire, le 12 mars 1795, avec 200 hommes, dont 150 devaient le protéger d'une attaque pouvant venir de Tinchebray, il attaquait la maison où se trouvait Louvet avec 7 soldats de ligne.
Dans une première attaque, un chouan et la nièce de Louvet qui voulait le rejoindre furent tués. L'assaut étant impossible sans pertes élevées, Moulin donna l'ordre d'incendier la maison. La situation étant devenue intenable, Mme Louvet et ses enfants se rendaient aux chouans. Louvet, ses soldats ayant été tous tués, sortait un pistolet dans chaque main, il devait être immédiatement abattu. Le combat avait duré neuf heures. Les chouans avant de se retirer, aidés par les habitants du bourg, éteignirent l'incendie.
Ce coup de main, dont la garnison de Tinchebray pensait qu'il avait été commis par des forces importantes, ramena le calme dans la commune, en attendant que des renforts arrivent dans cette ville. Il y eut toutefois quatre morts pendant cette accalmie : Anne Busnot, fusillée par les chouans, Gabriel Robert garde national abattu pendant une garde, Jacques Leconte, chouan, tué dans un chemin et l'abbé Louis Collet fusillé par une colonne mobile de Moncy.

Le citoyen Nicolas Madelaine, petit marchand du village et officier de santé, avait réclamé et obtenu les pouvoirs nécessaires pour commander la garde nationale de Montsecret. Profitant de sa fonction, il fît arrêter et condamner tous ceux qui contrecarraient ses projets, un jour que des chouans traversaient tranquillement le village, il en tua un d'un coup de fusil, n'étant pas en nombre, ceux-ci emmenèrent le corps, se promettant de revenir le venger.
Madelaine s'empressa de se mettre à l'abri à Tinchebray, étant réclamé à Montsecret le 4 août 1798, il s'y rendit sans méfiance, les chouans qui le surveillaient se précipitèrent chez lui, le sommant de se rendre, devant son refus, ils mirent le feu à la maison. Profitant de l'incendie, ils enfoncèrent la porte, et les occupants qui ne s'étaient pas rendus furent exécutés. Nicolas Madelaine, Françoise Constantin sa belle soeur, Jean Yver garde mobile et un chouan dont le corps partiellement carbonisé ne permit pas de l'identifier. Le chef des chouans, Billard des Veaux (Alexandre) fut très grièvement blessé pendant le combat, il fut transporté par Dubuisson (Santerre) au hameau de la Sellerie à Cerisy Belle Etoile dans une maison amie d'où il ne devait sortir que le 10 octobre. Son frère âgé de 19 ans venu le voir le 6 septembre fut surpris le lendemain matin par une colonne mobile de Condé sur Noireau, emmené au bourg de Cerisy, il fut immédiatement fusillé dans le cimetière.

Les excès de quelques uns des membres de cette famille dont aucun descendant n'habite plus la région, furent tels qu'une autre famille portant le même nom devait, en 1816, obtenir l'autorisation du tribunal de Domfront de s'appeler Madeline.



E-mail : michel@roynel.com

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