Le nom de Mortain viendrait de Mauritorium désignant
soit des militaires ou des colonies agricoles composées d'africains
à la fin de l'empire Romain. Il est possible qu'au III° ou IV°
siècle, des légionnaires maures au service de Rome aient établi
une position fortifiée ainsi qu'un temple dédié à Mars non
loin d'une source qui fût le coeur de la cité.
Plus tard la présence des Francs est marquée dans la forêt
de la Lande Pourrie où ils amenèrent la poterie.
Ce fut saint Evroult au 6éme siècle qui évangélisa le
Mortainais, bâtissant son église à l'emplacement du temple au
Dieu Mars.
Au 10éme siècle, Guillaume Longue-Epée,
fils de Rollon, édifia un château fort pour
lutter contre les invasions des Bretons. Le comté de Mortain était
créé et allait prendre une importance grandissante, confié en
général à un membre de la famille des Ducs de Normandie.
En 1047, le comte de Mortain, Guerleng en rébellion,
est destitué par Guillaume le Conquérant et remplacé par son
demi-frère Robert qui prit une part très importante à la conquête
de l'Angleterre, commandant la chevalerie du Cotentin à la
bataille d'Hastings. En récompense, il obtint de vastes domaines,
ce qui lui permit d'entretenir une cour très brillante, amenant
la prospérité et la création d'un collège et d'abbayes.
Son fils, le comte Guillaume, partagea le sort du Duc de
Normandie Robert Courte-Heuse, battu à la
bataille de Tinchebray en 1106, il devait mourir
en Angleterre.
Mortain qui avait été prise par Henri 1er d'Angleterre après
la bataille de Tinchebray, fut assiégée en 1137 et en 1141 par Geoffroy
d'Anjou en conflit avec son cousin Etienne de
Blois pour la possession du domaine anglo-normand. Les défenseurs
du château devaient se rendre après un premier assaut, leurs
biens leur furent rendus.
En 1203, sommé par le roi de France Philippe-Auguste de
comparaître pour le meurtre de son neveu, Jean sans terre refusa.
Ses domaines furent confisqués et les Bretons commandés par Guy
de Thouars envahirent la Basse-Normandie. Les défenseurs,
jugeant la cause perdue, n'opposèrent qu'une faible résistance.
Mortain fut donné quelques années plus tard à Renaud
de Boulogne par Philippe-Auguste. Devenu à son tour
rebelle, il fut assiégé en 1212 par le roi en personne et
capitula quelques jours plus tard.
En 1355, Jean le Bon enleva Mortain aux troupes de Charles le
Mauvais qui était comte d'Evreux et Mortain et allié du roi d'Angleterre.
En 1378, elle fut enlevée par Nicolas d'Estouville,
lieutenant de Duguesclin, après un siège de
plusieurs mois, le roi ayant donné l'ordre d'éviter trop de
pertes.
Henri V roi d'Angleterre devait la reprendre en 1418. Les
Anglais en furent chassés en 1449 après une résistance acharnée
par Jacques de Saint Paul, lieutenant du connétable
de Richemont. Le comté de Mortain redevenait possession du roi
de France qui le donnait d'abord au comte de Dunois puis à
Charles d'Orléans. Leurs successeurs, Charles de France, Charles
d'Anjou et Charles X roi de Sicile, avaient comme légataire en
1481, Louis XI. Ce roi et les suivants devaient administrer le
comté de Mortain comme leurs propres domaines. A la suite de la
rançon due par François 1er prisonnier après la défaite de
Pavie, le comté passait entre les mains des princes de Bourbon-Montpensier.
En 1562, les protestants dirigés par Montgommery pillèrent
la ville et l'abbaye Blanche.
Après le mariage de Marie Bourbon et Gaston d'Orléans en 1632,
le comté de Mortain passait définitivement aux mains de la
branche cadette de la famille royale.
Mortain devint alors un relais de chasse, sans y séjourner,
la famille d'Orléans par l'intermédiaire de ses intendants
devait contribuer à la prospérité du pays par la vente de
landes et taillis défrichés de la Lande Pourrie, en secourant
les pauvres dans les années de famine.
Le dernier comte fut Philippe-Egalité qui vota la mort du roi et
fût guillotiné quelques mois plus tard.
Pendant la Révolution, Mortain avait adhéré aux nouvelles
idées, contrairement aux paroisses environnantes. La ville fut
attaquée sans succès par les chouans commandés par de Frotté
le 24 décembre 1795. Bien que le comité de surveillance du
district fût composé d'ardents patriotes, il n'y eu,
contrairement à certaines villes, ni répression sanglante, ni
exécutions sommaires.
Sacher de la Palliére fût le premier maire
élu par acclamations le 30 août 1789. Il démissionna après
son élection comme député. Bonnesoeur-Bourginiére
et Lemoine-Villeneuve, avocats, siégeaient à
la Convention en 1792.
Habité par des bourgeois, Mortain ne devait
connaître aucun trouble pendant les Révolutions de 1830, 1848,
1852 et la guerre de 1870. Le conseil municipal se ralliant immédiatement
au nouveau gouvernement.