SOURDEVAL 50





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Sourdeval vue aérienne

A la mémoire de Simon ROYNEL, né le 2 janvier 1923 à Sourdeval, mort pour la France le 4 août 1945 à Blida Algérie et absent du monument aux morts de sa commune...



Commune de la MANCHE située à 53 km de St Lo
3648 hectares.



Elus, Curés et Enseignants de Sourdeval



1887 :
3979 habitants
Maire : Lorier
Maires adjoints : Rondel, Heurtault
Curé : Poullain
Instituteur : Serrant
Institutrices : Eudeline, Desplanques

1903 :
3572 habitants
Maire : Labiche
Maires adjoints : Alix, Bazin
Curé : Payen
Instituteur : Ozouf
Institutrices : Lecrosnier, Radiguet, Vaugrente

1921 :

3069 habitants
Maire : Bazin
Maires adjoints : Beaugeard, Leménager
Curé : Bindet
Instituteurs : Dubosq, Quesnel

Institutrices : Verger, Lavalley, Quesnel

1931 :

3208 habitants

Maire : Bazin
Maires adjoints : Maillard, Nolet, Coudray
Curé : Roger
Instituteur :Bienvenu
Institutrices : Artur, Cornicard, Maugé


2001
3104 habitants
Maire : A. BAZIRE
Adjoints : J. Dangla - G. Lenoir - J. Briens - M. T. Jouin - P. Gosselin
Conseillers : D. Anger, T. Bréard, B. Caniou, M. Chenu, B. Deceroit, JC Desmasures, J. Jardin, O. Jardin, JM Lechanoine, C. Lecourt, G. Lejemble, P. Lepauvre, M. Leroux, B. Lorphelin, C. Roblin, E. Seguin, C. Torlasco.

Les maires de 1878 à nos jours



Adresses E-mail dans un canton où l'amabilité est la règle
SOURDEVAL : mairie-sourdeval@wanadoo.fr

BROUAINS : mairie.brouains@wanadoo.fr
COMMUNAUTE DE COMMUNES DE SOURDEVAL : accueil@sourdeval.org



monument aux morts et jardin

                Mairie, monument et parterres fleuris en 2002
mairie de Sourdeval reconstruite après 1944


Terre jadis couverte de bois où les habitations étaient rares Sourdeval, aujourd'hui'hui chef-lieu de canton, faisait jadis partie du doyenné et de l'archidiaconné de Mortain, et dépendait de la sergenterie Roussel. L'église était sous le patronage de Saint-Martin, mais elle aurait été bâtie primitivement sous le patronage de la Sainte-Vierge. Le titre aurait été changé après la conversion des Normands, lorsque ceux-ci construisirent une nouvelle église à la place de l'ancienne qu'ils avaient détruite. La paroisse tire son nom de la situation de l'église, sur le versant de la vallée de la Sorde, petite rivière qui descend des Petites-Landes à Saint-Martin-de-Chaulieu, passe au moulin de Vengeons et va se jeter dans la Sée, aux limites de Beauficel et de Brouains. On lui donne différents noms suivant les villages par où elle passe, mais son nom commun est la Sorde, et le Douet-Aulnay, qui reçoit les égoûts de l'église et des environs, est un petit affluent de cette rivière. De là le nom de Sourdeval, et bien que la vallée de la Sorde n'en forme qu'une portion relativement petite, le nom de Sourdeval fut donné à tout le territoire, à cause de la situation de l'église et probablement aussi, parce que c'était la partie la plus habitée. Sourdeval occupe la partie supérieure du bassin de la Sée, rivière qui se forme de la Sée-Rouge ou rousse et de la Sée-Blanche. La Sée-Rouge, prend sa source au hameau des Maures à Saint-Martin-de-Chaulieu, la Sée-Blanche, au hameau des Hautes-Loges, aux limites du Frêne-Poret. Ces deux rivières grossies de plusieurs petits affluents, se réunissent au milieu de Sourdeval, et y forment la grande rivière Magna aqua; c'est le nom donné, et qu'on donnait à la Sée, non seulement à Sourdeval, mais dans toutes les paroisses de la vallée.


Dans toute cette vallée supérieure de la Sée, le sol est en général peu fertile. A l'époque Gallo-Romaine, il était presqu'entièrement couvert de bois et de bruyères; les habitations y étaient rares. Les terres cultivées aujourd'hui, sont des terres qui ont été défrichées à des époques plus ou moins reculées, mais surtout depuis que ce pays est occupé par les Normands,1e nom même d'un grand nombre de villages indique leur origine. Selon M. Viel, ancien curé de Sourdeval, qui avait particulièrement étudié ce qui concernait cette paroisse, aucune voie importante ne traversait ce territoire, quoi qu'il fût cependant très étendu. Une seule voie antique, allant d'Avranches à Tinchebray, passait en Sourdeval par la Haute-Barre, le Meslier, la Barre, le Mont-Héry, se dirigeant vers le pont d'Egrenne, et cette voie ne figure sur aucun itinéraire, ce qui porte à croire qu'elle était peu importante et peu fréquentée. Cependant son existence est attestée par des médailles du haut-empire, trouvées au Meslier, à la Morandière, etc.


Ce fut au Moyen-Age seulement que cette voie prit de l'importance et jusqu'à l'ouverture des grandes routes, elle servit de passage aux voitures allant de Paris à Avranches et d'Avranches à Paris. Il y avait un relais au Meslier, on y arrivait de Paris le sixième jour au soir, aussi les personnes qui entreprenaient un tel voyage, prenaient soin, d'ordinaire avant de partir, de faire leur testament. Le choeur de l'ancienne église avait été reconstruit vers le milieu du XVle siècle. Quand on le démolit, pour construire l'église nouvelle, l'examen des fondations révéla l'existence d'une église antérieure, détruite probablement quand les Normands envahirent le pays. Mais on n'a trouvé aucune trace d'agglomération ancienne considérable. Le bourg se forma peu à peu, après la construction du château, et ce fut surtout  les derniers siècles qu'il acquit son importance.


Les Seigneurs de Sourdeval
A la suite de donations faites à la Collégiale de Mortain et de Savigny. A 1a fin du XIe siècle, les comtes de Mortain avaient de grands domaines à Sourdeval. Les principaux propriétaires étaient cependant des seigneurs appartenant à deux familles probablement alliées. Les uns portaient le nom de Le Moyne (Moachus), les autres celui de Le Bouteiller (Pincerna) Selon l'abbé Desroches, ces familles Le Moyne et Le Bouteiller, étaient des branches de la famille de Verdun, mais rien ne le prouve. Les Le Moyne prenaient le titre de seigneurs de Sourdeval, et souvent le nom de Sourdeval. Les Le Bouteiller, sans prendre le titre de seigneurs du lieu, disputaient aux Le Moyne, les droits seigneuriaux et les possédaient aussi, au moins en partie.
Ces deux familles paraissaient avoir l'une et l'autre des représentants à la conquête de l' Angleterre ( 1069). Les Le Moyne y prirent part, car après la conquête de ce pays, on voit Richard de Sourdeval (Le Moyne), réclamer le Yorkshire, la terre de Norman et d'Aze. Dans la terre du comte de Mortain, il avait reçu de ce comte une terre de deux charruées. Son manoir avec la terre qui en dépendait, avait, selon le Domesday book, une lieue et demie de long et une lieue de large. Il avait reçu, en outre, du comte de Mortain, le manoir de Satun, presqu'aussi important que le précédent, un manoir ravagé, 33 autres manoirs, 87 vilains, 39 bordars, 5 églises, trois prêtres, un moulin, et dans la ville d'York, deux maisons, dont les anciens possesseurs étaient Turchil et Revechil. Le Domesday book d'Exeter mentionne aussi Raoul Le Bouteiller (Pincerna), et Alvered Le Bouteiller, attachés à la maison du comte de Mortain, qui possédait plusieurs propriétés dans les comtés de Nothingham et d'York.
Les de Sourdeval (Le Moyne), étaient seigneurs du Frêne, et on voit par la charte de fondation de l'église de Mortain, qu'en 1082, Richard de Sourdeval, par le conseil du comte Robert, donna pour fonder une prébende, la moitié du village du Frêne-Poret, avec l'église et la dime de tout le village, la moitié du moulin et le quart de la forêt. Richard Le Bouteiller, figure aussi dans la même charte. Le comte de Mortain donna lui-même, pour fonder une autre prébende, une partie d'une terre qu'il possédait à la Barre, entre les deux rivières. Un de Sourdeval était à la conquête de la Pouille et de la Sicile, et, à la suite de Baudouin, à la seconde Croisade. Les noms des de Sourdeval (Le Moyne), et des Le Bouteiller ( Pincerna), figurent dans un grand nombre de chartes, de montres, de revues et d'assises, au XIIème siècle, il semble bien que ces deux familles se partageaient la seigneurie. Parmi les seigneurs faits prisonniers à la suite de Raoul de Fougères, à la bataille qui précéda le siège de Dol, on  remarque Jean Le Bouteiller, et parmi les prisonniers de la tour de Dol, Robert Le Bouteiller. Peu de temps après, la famille Le Bouteiller s'éteignait, ou du moins la branche aînée tomba en quenouille,  les droits de cette famille passèrent dans une branche de la famille Avenel, au moins en partie. Les familles Le Moyne et Le Bouteiller prétendaient toutes deux avoir des droits sur l'église. Entre 1172 et 1180, Richard, évêque d'Avranches, en présence de ses archidiacres Foucher et Godefroy, et de Richard, doyen de Landelles, approuva la donation faite à Savigny et à l'abbé Serlon, par Marie, fille de Robert de Marcilly, avec le consentement de son mari, Olivier, et celui de son suzerain, Pierre de Saint-Hilaire. Cette donation consistait en 20 acres de terre à prendre sur son fief de Sourdeval, et Pierre de Saint-Hilaire, confirmant cette donation, ajoute que cette terre est située entre la grande rivière et le plessis de Marie. Ces 20 acres de terre sont au lieu appelé depuis la Moinerie. Plus tard il y fut bâti une chapelle, qu'on appelait dans les derniers siècles la chapelle de la Houssaye, à cause de la proximité du gué de ce nom. Le plessis de Marie de Marcilly était à la Douesnellière, un peu au midi de la Moinerie. Une des deux maisons, suivant M. Viel, présentait encore, il y a quelque temps, un mur fort épais, dont la construction pouvait bien remonter au XI" siècle. Entre 1142 et 1184, au rapport de Guillaume, évêque d'Avranches, Ruellan de Sourdeval, du consentement de son fils, Nicolas, de sa fille, Pétronille et de son gendre, Roger, donna à l'abbé et aux moines de Savigny, l'église de Sourdeval et deux gerbes (les deux tiers) des dîmes.
Aussitôt, les religieux du Plessis-Grimoult contestèrent cette donation. Le pape Lucien III, délégua, pour juger cette affaire, Durand, abbé de Troarn, Martin, abbé de Cerisy, et Richard, archidiacre de Lisieux. Les experts se prononcèrent en faveur de l'abbé et des moines de Savigny. Il est bien probable que l'église de Sourdeval avait été donnée au prieuré du Plessis-Grimoult par un seigneur Le Bouteiller et que les religieux de ce monastère ne se soumirent point à la décision des commissaires nommés par le Pape, pour juger leur contestation avec Savigny, car peu après, Richard Le Bouteiller, prêtre, et Faulques Guesnon se trouvaient simultanément pourvus de la cure de Sourdeval, le premier était probablement présenté par les religieux du Plessis-Grimoult, et le second par les religieux de Savigny. De là un nouveau débat devant l'Evêque et le Chapitre, qui se termina par une transaction. Les moines de Savigny laissèrent la cure à Richard Le Bouteiller avec un tiers des dîmes et celui-ci, de son côté, s'engagea à payer annuellement aux moines, à Pâques, 20 sols angevins pour Faulques Guesnon. Les moines, de leur côté, s'engagèrent à donner à ce dernier, 40 sols angevins, jusqu'à ce qu'ils puissent lui donner un autre bénéfice convenable. Robert et Guillaume Le Bouteiller frères, renoncèrent bientôt, devant Guillaume Avenel, sénéchal de Mortain, à tous les droits qu'ils possédaient sur l'église de Sourdeval le les dîmes qui en dépendaient. Rolland Avenel et Haois, sa femme, y renoncèrent aussi, et Richard Le Bouteiller résigna sa cure entre les mains de Guillaume, évêque d'Avranches, qui la conféra, sur la présentation de l'abbé et des religieux de Savigny, à Ranulfe de Saint-Julien. Mais Ranulfe de Saint-Julien se démit ou mourut très peu de temps après, et l'abbaye de Savigny choisit pour le remplacer Richard de Sourdeval. Dans le même temps, Richard de Poilley, archidiacre de Coutances, présenté. sans doute par les religieux du Plessis-Grimoult, obtint aussi la collation de la cure. De là, dès 1197, une nouvelle contestation entre Guillaume, abbé de Savigny et ses religieux, et Richard de Sourdeval, leur vicaire, c'est-à-dire curé de Sourdeval, d'une part, et Richard de Poilley, archidiacre de Coutances, d'autre part. Le pape, Célestin III, nomma de nouveaux commissaires, l'archidiacre renonça à ses prétentions, moyennant que l'abbaye de Savigny lui assurerait une rente perpétuelle de 4 livres angevines, au terme de la foire de Montmartin. Cet accord qui paraissait bien conclu par une charte, n'était cependant pas définitif, car dès l'année 1198, Guillaume de Tournebut, évêque de Coutances, et le prieur du Plessis-Grimoult en ménagèrent une autre, par lequel Richard de Poilley garda la moitié de la cure et une rente de 20 sols angevins, payables à la Saint-Remy, et promit en même temps foi et hommage à l'abbaye de Savigny. Nous n'avons rien trouvé sur les successeurs de Richard de Sourdeval et de Richard de Poilley. La cure de Sourdeval ne resta pas longtemps divisée et elle resta tout entière à l'abbaye de Savigny.

La charte de fondation de l'Abbaye-Blanche, mentionnait quelques terres en Sourdeval comme ayant été données aux religieuses de ce monastère. D'après cette charte Hugues Dupont leur aurait donné le fief des Pendus, probablement la Giberlière ou Gibetti ère. Richard d'Estre ou Delestre leur aurait donné toute la terre que sa mère possédait à Sourdeval. Quoique la charte sus-mentionnée soit peut-être fausse, ces donations peuvent avoir été faites, mais après 1105. Au XIIIème siècle, Anne épouse de Rolland Chevalier, donna au Prieuré-Blanc, 20 sous de rente sur son moulin de Brunières, à Sourdeval.

A partir du commencement du XIIle siècle, les Le Moyne furent seuls à prétendre au titre de seigneur de Sourdeval. En 1250, Richard Le Moyne accompagna Saint-Louis en Egypte. En 1272; ce même Richard Le Moyne seigneur de Sourdeval rendit aveu au Roi pour un demi fief, il eut pour fils et successeur, Robert Le Moyne.

Un titre de 1311 indique que Robert Le Moyne, seigneur de Sourdeval, donna à Jeanne Le Moyne, et à Guillaume de la Mazure, en faveur du mariage qu'ils allaient contracter, tout ce qu'il pouvait avoir et réclamer dans la paroisse de Moulines, tant en bois qu'en autres choses spécifiées. Ce Robert Le Moyne vivait encore en 1338. Raoul Le Moyne et Jeanne de Guerre, sa femme, sont mentionnés en 1362. En 1376, on voit paraître Guillaume Le Moyne, seigneur de Sourdeval, on le voit encore en 1378 et 1379, avec Jehan, Robert et Raoul Le Moyne qui étaient probablement ses fils. Devenu veuf, il épousa en secondes noces, vers 1390, Jeanne de Juvigny. Il était mort avant 1401, et la seigneurie de Sourdeval était passée à son fils Robert. On lit en effet dans la charte de Navarre, 1401. Un demi-fief à Sourdeval et  Saint-Martin-de-Chaulieu, appartenant à messire Robert Le Moyne, chevalier.

Robert Le Moyne épousa Philippine de Sainte-Marie, dont il eut un fils, Jean Le Moyne, qui fut seigneur de Sourdeval. Jeanne de Juvigny, veuve de Guillaume Le Moyne, se soumit au Roi anglais, en 1420. Robert Le Moyne, vivait-il encore, mais il est probable que sa femme ou sa veuve et son fils encore en bas âge, se soumirent aussi, et qu'à cause de cette soumission Charles VII, roi de France, donna plus tard la seigneurie de Sourdeval à Jean de Carbonnel, qui, de fait, ne fut point seigneur de Sourdeval, parce qu'à l'époque de l'expulsion des Anglais, Jehan Le Moyne se soumit, au roi de France, mais en conserva le titre ainsi que son fils Gilles, parce qu'il était seigneur de Sourdeval-les-Bois dans le diocèse de Coutances.

En 1463, Montfault trouva noble à Sourdeval, Jehan Le Moyne et son fils Pierre. Pierre Le Moyne, seigneur de Sourdeval, épousa Judith de Grippel et eut pour fils un second, Jean Le Moyne qui acheta de François Champeau, écuyer, la moitié de la lande de Sourdeval, pour une rente de 61 livres 6 sous. Ce second Jean Le Moyne, seigneur de Sourdeval, épousa Alienon d' Aché, et eut deux fils, Jacques Le Moyne et André Le Moyne. L'aîné, Jacques, céda la seigneurie dé Sourdeval, à son frère André, entra dans l'état ecclésiastique, il fut doyen du Chapitre de Mortain, de 1510 à 1518. André Le Moyne, chevalier, seigneur de Sourdeval, chevalier de l'ordre du Roi, maréchal de camp de ses armées, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, Gouverneur et lieutenant pour Sa Majesté, au bailliage de Mortain dont il fut le premier bailli de robe courte, fut aussi capitaine et gouverneur du Mont-Saint-Michel et de Tombelaine. Il avait épousé Françoise du Bois, qui fut dame d'honneur de la reine Louise, femme du roi Henri III. Ce seigneur mourut à Paris, eu 1597. Son corps fut inhumé à Sourdeval, et son coeur placé dans l'église collégiale de Mortain.

Il ne laissait que deux filles dont l'aînée Anne, mariée en premières noces à Jean de Brécey, d'Isigny, épousa en secondes noces, Jean de Poillé, baron de Poillé (eu Bretagne), seigneur de Saint- Hilaire-du-Harcouet. La seconde, nommée Isabeau, héritière de la seigneurie de Sourdeval, avait épousé, en 1571, Martin du Bosc, seigneur de Bourneville et d'Emandreville (faubourg Saint-Sever de Rouen). Ainsi l'illustre famille des Le Moyne de Sourdeval se fondit dans les familles de Poillé et du Bosc. Une autre branche de cette famille Le Moyne qui avait fondé le fief du Bois-Gobé, à Chèvreville, était éteinte avant celle de Sourdeval. Les Lemoyne, portaient " d'or fretté de sable, avec un franc-quartier de sable " c'étaient presque les mêmes armes que celles des anciens de Verdun. Martin du Bosc mourut à Rouen avant André Le Moyne, le 18 octobre 1591, laissant deux fils, André du Bosc qui épousa Anne de Médine et habita la haute Normandie, et Aymar du Bosc qui fut seigneur de Sourdeval. Aymar du Bosc eut pour fils Lucas du Bosc qui justifia 4 degrés devant Chamillard, en 1666, et mourut sans postérité, et une fille, Elisabeth du Bosc qui épousa Gabriel de Lesnerac, chevalier, seigneur de Miniville. De ce mariage sortit Marguerite de Lesnérac, qui épousa le 17 août 1664, François Le Neuf, seigneur de Saint-Victor, Mantenay, Chrétienville et qui, après la mort de Lucas du Bosc, devint, au droit de sa femme, seigneur de Sourdeval. De François Le Neuf et de Marguerite de Lesnérac, sortit Gabriel Le Neuf de Mantenay, qui était seigneur de Sourdeval, en 1697.


blason de la famille LE NEUF Le dernier seigneur de Sourdeval fut messire Louis-Bernardin Le Neuf, enseigne des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, en faveur duquel Louis XVI donna, en mai 1764, des lettres patentes, portant union des fiefs et terres de Sourdeval, la Pavellière, la Venurie, le Mesnil-Adelée (fief à Sourdeval), les Brulais et Eron, et leur érection en comté sous le nom de Sourdeval-Le-Neuf, nom que plus tard la Révolution remplaça par celui de Sourdeval-la-Barre. Ces lettres furent enregistrées le 13 mars 1765. Louis-Bernardin Le Neuf, seigneur de Sourdeval, fut une des victimes de la Révolution. Il accompagna à l'échafaud, Madame Elisabeth, le 9 mai 1794. Le Neuf portait "de gueules à trois coussins d'or".
Etienne Broglin, Maître de Conférences à l'Université de Paris-Sorbonne Paris IV que nous remercions, nous communique de précieux renseignements sur l'un des descendants de cette illustre famille de Sourdeval : "Je vous communique immédiatement ce que j'ai de disponible sur Alexandre Louis Hippolyte Le Neuf de Sourdeval en vous transmettant les indications relévées sur sa fiche à partir des archives de Juilly. Quand je retournerai à Juilly un de ces jours je noterai tout ce que l'on trouve dans son compte de pension.
Cet enfant est donc entré à Juilly le 27 août 1781. Dans le livre des entrées il est indiqué comme né à Caen le 23 mars 1773 et l'on dit qu'il faut s'adresser à Mr le Comte de Sourdeval en son Hôtel à Caen, et, pour le paiement, à Mr Joly, Secrétaire de Mr le le Lieutenant civil, rue Sainte-Croix de La Bretonnerie vis-à-vis celle de l'homme armé à Paris.
L'élève est en 6ème en 1782-1783, en 4ème en 1784-1785 et en 1785-1786 car il redouble (les scolarités ont été reconstituées par mes soins à partir des livres fournis et conformées par les feuilles d'exercices publics qui subsistent pour 1783, 1786 et 1787 dans la période qui concerne Alexandre Le Neuf de Sourdeval). Après cela sa scolarité normale le conduit jusqu'à la classe de philosophie (faite en un an à Juilly) en 1789-1790. Il sort le 9 avril 1790 avant d'avoir vraiment achevé son année scolaire.
Il avait dès le début 40 sous de "menus plaisirs" (argent de poche) par mois. Il a appris la danse à partir d'août 1783, le dessin à partir d'octobre 1785, l'arithmétique à partir du 20 mai 1789. Il a suivi les leçons du Maître écrivain du début de sa scolarité au 28 novembre 1786. Il a commencé à apprendre le violon le 20 juillet 1786. On voit que ses parents lui ont payé tous les maîtres d'arts d'agrément disponibles à Juilly à la fin du dix-huitième siècle. De même il a suivi les cours d'Histoire qui étaient facultatifs et étaient donnés dans les jours et aux heures de loisir : en 1782 et 1785 en effet il participa aux exercices sur l'Histoire, dans lesquels les enfants montraient leurs connaissances.
Ses parents lui payaient aussi, à la différence de beaucoup d'autres, les voyages pour aller en vacances : il eut droit à des vacances en effet en 1784, 1785, en 1787 (avril et août), 1788 et 1789.
Pendant sa scolarité il a eu la rougeole en juin 1783 et les oreillons en octobre 1784.
Voilà les paiements effectués en livres tournois bien entendu (je vous fais grâce des sols !!!). Je n'ai pas noté les dates des paiements mais on peut les retrouver dans les archives de Juilly : 245, 526, 396, 379, 423, 562, 463, 414, 406, 447, 602, 462, 594, 633, 608, 672, 585.
Liste des livres fournis :
en 1781-1782, Heures, catéchisme, Catéchismes historiques, l'un en latin, l'autre en français, paroissien, Rudiments, Apparat (il s'agit en fait d'un dictionnaire latin), Ancien Testament (abrégé), Atlas.
en 1782-1783 ; rudiment, Selectae e veteris, Dictionnaire latin, Phèdes, Nouveau testament français, Appendix de diis (petit manuel de mythologie)
en 1783-1784 : Cornelius Nepos, Dictionnaire français, Méthode, Mappemonde et Atlas II
en 1784-1785 ; Virgile, Cornelius Nepos, Eléments de grammaire latine, Eléments de poésie latine, Gradus ad Parnassum, Selectae Profanis, Ovide, De Senectute de Cicéron, Mappemonde, Atlas III.
Rien en 1785-1786 (sauf un Atlas) puisqu'il redouble.
1786-1787 ; Nouveau testement latin, Quinte-Curce, Virgile, La Fontaine, Métaporphoses d'ovide, Histoire grecque, Pro LIgario de Cicéron, et des livres d'instruction religieuse (Connaissance de Jésus, Instruction de Pénitence, Instruction de la jeunesse, Imitation de J. C.).
1787-1788 : Horace, Salluste, J. B. Rousseau, Bezout 1 et 2 ((traité de Mathématiques), les 4 Catilinaires
1788-1789 : Tacite, Boileau (pas l'écrivain français mais un dictionnaire latin-français et français-latin), Pro Milone de Cicéron, Tableau de l'Histoire de France, un manuel de géographie
1789-1790 : Philosophie de Hauchecorne (manuel).
En espérant que ces informations vous amuseront et vous intéresseront (qu'Alexandre Louis Hippolyte soit devenu un amateur reconnu en matière de littérature latine n'a rien d'étonnant après une éducation de si haut niveau !!!). "


Le château était situé à l'est du bourg, sur un monticule, où l'on voyait encore quelques traces de fortifications en 1930. En 1562 Montgommery, avec ses huguenots, s'en empara, le pilla et le dévasta, ainsi qu'un grand nombre de maisons tant dans le bourg que dans la campagne. Le 4 mai 1601, la Basse-Cour et le Grand-Logis furent brûlés par l'imprudence d'un domestique, qui, après avoir joué, laissa une chandelle allumée dans l'écurie. Ils furent restaurés et rebâtis à neuf par Gabriel Le Neuf en 1731. Trois châteaux se trouvaient avant 1944 dans le lieu occupé jadis par le parc du château de Sourdeval : le Château, le vieux-Château et un autre appelé le Potager. Aucun des trois n'était bien ancien. Le parc,les arbres, avenues et souterrains ont disparu. Seuls quelques noms rappellent leur souvenir.

En dehors des Avenel et des de Marcilly. Beaucoup d'autres familles nobles eurent des possessions dans la paroisse ou même l'habitèrent à différentes époques, et plusieurs fiefs dont le chef était en dehors, y avaient des extensions. Ainsi la charte de Navarre de 1401 mentionne parmi les fiefs tenus immédiatement du Roi: : Une franche vavassorerie à Sourdeval, dite le fief d'Eron, appartenant à Jean de Burcy, écuyer, et parmi les fiefs tenus en arrière-fiefs : un huitième de fief en Sourdeval (le fief d'Esson) appartenant à Jean d'Esson, tenu de Messire Robert de la Ferrière, seigneur de Saint-Hilaire, Une franche vavassorerie, le chef en Sourdeval et s'étendant en Saint-Martin-de-Chaulieu, appartenant à Alain de Fréval, tenu de Messire Robert Le Moyne, seigneur de Sourdeval, Une franche vavassorerie en Sourdeval, appartenant à Jehan Anmouy dit Jolinet, tenue de Robert de la Ferrière, seigneur de Saint-Hilaire. La baronnie de Montfautrel, qui appartenait à l'Abbaye-Blanche, avait une extension à Sourdeval. A la même Abbaye appartenait une partie du fief d'Egrenne. Le prieuré de Mautour y possédait le fief du Bois-Harac ou de la Boulangerie. Le fief du Brûlais, relevait jadis de la seigneurie de Saint-Hilaire et, vers l'an 1600, appartenait à Jacques Lebreton, seigneur de la Motte, au Mesnil Gilbert, il passa plus tard dans la famille des seigneurs de Sourdeval. Divers aveux au XVII" siècles, mentionnent les deux fiefs d'Eron, le fief d'Esson, le fief de la Douesnellière, la fieffe-ès-Joubins ou les Elancelets, les fiefs de la Noë-Ambrière, de la Noë-du-Trésor, du Gué-Augeray, du Gué-Richeux, du Maupertus, des Hautes-Brousses, du .Mont-au-Loup, de Maupas, de Gasouard, la Fieffe-aux-Merciers, la Fieffe-Coursière, mais la plupart n'étaient pas des fiefs nobles.

En 1598, Jacques de la Houssaye, sieur d'Eron, fils Michel, demeurant à Sourdeval, fut reconnu noble par Roissy. Un de ses descendants, Jean de la Houssaye, justifia quatre degrés devant Chamillard, en 1666. A la fin du XVème et au commencement du XVlème siècles, Jean Carbonnel et, après lui, son fils Gilles Carbonnel, qui devint seigneur de Chassegué, portait le titre de seigneur de Sourdeval; il était, en effet, seigneur de Sourdeval au diocèse de Coutances, mais non de Sourdeval dans le comté de Mortain, et sa résidence était à Chassegué. Sa famille avait possédé la seigneurie de Brouains et il avait conservé quelques possessions dans la paroisse de Sourdeval. De plus, pendant l'occupation de la Normandie par les Anglais, le roi Charles VII lui avait donné la seigneurie de Sourdeval dans le comté de Mortain, parce que le seigneur de Sourdeval, Jean Lemoine, était resté soumis aux Anglais. Mais celui-ci ayant fait sa soumission à Charles VII aussitôt après l'expulsion des Anglais, le roi lui rendit ses biens, et la donation qu'il en avait faite à Jean Carbonnel resta sans effet. C'est sans doute cette donation, et le nom de Sourdeval qu'il portait qui a fait considérer Jean Carbonnel comme seigneur de Sourdeval dans le comté de Mortain.

Une des principales familles de Sourdeval était la famille Laurens de la Barre, qui a donné son nom à la Barre Laurens. Cette famille n'était pas noble, mais elle était alliée à plusieurs familles nobles. A cette famille appartenait René Laurens, écuyer, sieur de la Barre, né à Mortain et président de l'élection de Mortain, de 1595 à 1604. Ce René Laurens est auteur de plusieurs ouvrages; en 1590, il publia une édition de l'Apologétique de Tertullien, avec des remarques; en 1612, il publia une traduction de la Vie de Saint-Guillaume-Firmat, en 1616, il publia un Formulaire des Elus, pour l'instruction de ses confrères. A la même famille appartenait Barnabé Laurens, seigneur de la Barre, qui fut aussi président de l'élection de Mortain, de 1625 à 1644. Barnabé et ses descendants sont restés assez longtemps en Normandie principalement à MORTAIN et SOURDEVAL, puis ont habité à partir du XVIIIè en Bretagne, notament à CONCARNEAU ou BREST. Barnabé du Laurent de la Barre fut anobli en 1654 par lettres patentes pour services rendus lors de la Révolte des "Nu-pieds". Il a donné souche à 3 branches principales :
Les ainés ont pris le nom du Laurent de Montbrun, dont subsistent actuellement trois descendants sans héritiers mâles, le nom risque donc de s'éteindre
D'autres fils ont pris le nom du Laurent de la Barre, certains qui vivaient principalement en Bretagne, n'ont plus de descendants masculins. Il reste des descendants par les femmes, notamment une famille WOERLY qui réside à COMMANA au Manoir du Bois de la Roche. (29) Un des ancetres de cette branche, Ernest du Laurent de la Barre est assez connu au XIXè pour ses écrits sur la Bretagne. une rue à Guingamp porte son nom.
D'autres fils de Barnabé ont donné la branche du LAURENT de la BARRE dont je descends. Elle comprend notamment Antoine du Laurent de la Barre qui fut mousquetaire du Roi. A partir du XIXè, elle s'établit en Rhone-Alpes. Il reste actuellement une quarantaine de porteurs du nom. La partie bretonne ou normande n'éxiste plus.
Par les archives que possede la famille, nous avons pu établir que les ancetres de Barnabé vivaient depuis au moins 1470 à Sourdeval. l'ancêtre le plus ancien serait un dénommé Pierre LAURENS Enfin un des freres cadets de Barnabé a donné souche à une branche du LAURENT ( tout court) dont il reste deux jeunes héritiers masculins (renseignements fournis par un descendant). Dans les derniers temps, cette famille avait pris le nom de Du Laurens. Elle était alliée à plusieurs familles nobles. Depuis longtemps elle habitait Mortain, mais elle était originaire de Sourdeval.

Un manuscrit du Mont-Saint-Michel rapporte que, sous le gouvernement de l'abbé Jean de la Borte (1314-1334), trois tailleurs de granit de Sourdeval, vomirent un torrent d'injures contre des pèlerins qui se rendaient au Mont, et y mêlèrent des blasphèmes. Mais dès la nuit suivante, saisis subitement de violentes douleurs, ils se rappelèrent le mal qu'ils avaient tait et promirent de le réparer. Touchés, confus, n'osant lever les yeux, ils prirent le chemin du Mont, allèrent y faire l'aveu public de leurs fautes, et remercier Dieu de leur avoir sauvé la vie. Aux XV" et XVIème siècles et même après, la paroisse de Sourdeval comptait un très grand nombre de prêtres. René Laurens, sieur de la Barre, disait qu'il y avait dans le comté de Mortain plus de prêtres, et de gens d'église et de fondations qu'autre part..." et me souvient, dit il, estant escolier à Sourdeval, y avoir ouï conté quarante-cinq prêtres, en toutes les meilleures maisons de la paroisse, et ores en la paroisse de Barenton y en avait soixante, outre bon nombre de clercs." Un des prêtres les plus remarquables de Sourdeval, à la fin du XVII" siècle et au commencement du XVIIIème siècle, fut M. Julien Vaullegeard, curé de Champcey, doyen rural de Genets, chef de Missions, fort estimé dans tout le diocèse d'Avranches. Il fut le premier supérieur du séminaire de la Garlière, à Saint-Laurent-de-Cuves. C'est là qu'il mourut et fut inhumé au lieu où l'on devait bâtir la chapelle.

En 1770, Sourdeval comptait 521 feux, la population s'était assez notablement accrue depuis deux siècles, et s'est encore beaucoup accrue depuis. A cette époque encore, le bourg était loin d'être aussi peuplé qu'il l'est aujourd'hui, quoiqu'il fut déjà considérable. Parmi les noms de famille anciens dans la paroisse de Sourdeval,: Millet, Vaullegeard, Gallouin Lentaigne, Heurtaut, Planard, Dubourg, Leroy, Ledru Saint, Radoul, Basin, Patry, Pallix, Hamon, Hamel, Cotelle, Anfray, Lelogeais, Lisiaux, Rondel, Lefrançois, Pihan, Thibault, Lenicolais, Erard, Barbot, Jouvin, Mauduit, Miquelard, Landelles, Urien, Leboucher, Bourget, Fouque, Martin, Lepesteur, Esnoult, Renault, Riffault, Véron, Désert, Gamie, Durand, Massé, Heudiard, Lesoudier, Gobard, Janin, Moulin, Vauborel, Fauvel, Faudet, Rouault, Aubé, Jossel, Legraverend, Turquetil, Noget, Porée, Bochin, Joubin, Dodart.

Le général Millet (Théodore), naquit à Sourdeval le 15 septembre 1776. Nommé officier de la Légion d'honneur, le 6 août 1811, baron de l'Empire, le 2 mars 1812, général de brigade le 28 janvier 1813, il mourut à Sourdeval, le 15 février 1819.



Sourdeval est fort étendu, et, en dehors du bourg, la population est disséminée en près ou même plus de 150 hameaux parmi lesquels : La Houssaye, la Mazure, la Mare-Pinet, Clérisson, la Beduardière, les Vallées-Durand, les Vallées, Vieux-Souhait, le Moulin-de-Bas, Frécul, la Botellerie, lsambal, le Moulin-d'Eron, la Côtière, Rochefort-la-Bruyère, la Boussardière ou Boussaie, la Moinerie, la Pilardière, la Gallonnière-d'Eron, la Feuillère, le Grand-Mont-d'Eron, la Françaisière, le Petit- Mont-d'Eron, La Haize-Daniel, la Dorière, Belle-Vue, le Petit-Village, les Boussardières, la Butte-Eslier, la Douesnellière, Beau-Soleil, la Palissière, les Houlptières, la Blandelière, le Meslier, l'Etallerie, la Guesnellière; le Moulin-d'Esson, la Moissardière, les Fontenelles, les Giberdières, la Pelleterie, la Mancellière, la Foucaudière, la Morandiêre, le Village-des-Saints, la Chartrie, la Fieffe-Brûlée, la Fieffe-aux-Renault, le Val-Picard, le Casoart, la Fieffe-Corbière, la Fieffe-au-Mercier, les Renardières, les Landelles, le Pré-Neuf, la Fieffe-au-Jemble, l'Aubesnière, les Hautes-Naudières, les Basses-Naudières, la Mazure-Hamon, le Mont-au-Loup, le Mont-Huant, les Hauts-Vents, la Rouërie, la Lieudière, la Rivière, le Village-Gobard, la Fouquerie, les Sillons, la Maison-Brûlée, les Jaunets, la Fieffe-aux-Drus, le Coin-de-Ger, les Fillières, le Gué-Augeray, la Maison-Neuve, Maupertuis, les Hautes-Loges, les Basses-Loges, la Richardière, la Raunellière, l'Aubellerie, la Barre-Laurent, la Jammelotière, le Chàtel, le Val-Roger, le Cerisier; la Foucherie, Patte-de-Coq, le Mont-Héry, la Croix-Rouge, la Pitouillère, le Nid-de-Souris, la Galonnière-d'Egrenne, la Besnardière, la Goderie, la Bencerie, le Souchet, la Talvendière, la Rançonnière, la Haute-Boucherie, la Basse-Boucherie, la Noë-Ambrière, la Musangère, le Val, la Cosnière, la Valette, la Mazure-aux-Uriens, la Raunellière-d'Egrenne, les Hauts-Brulais, les Bas-Brulais, les Tenues, la Fosse, la Verrerie-Etan, la Reslière, les Caudriots, les Defands, la Bequellerie, la Petite-Chesnaye, la Grande-Chesnaye, le Moulin-de-Sourdeval, le Clos-des-Chemins, la Butte-Lepard, le Moulin-Foulier, la Choisnière, la Cocherie, Beauvais, Beausoleil, la Tenardière, la Métaierie, l'Oraire, la Michellière, la Vannerie, la Gaufrère, la Brouausière, l'Ogerie, le Hamelet, Rougemont, les Loges, la Huttière, la Benastière, Launay, la Grande-Morinière, la Calleudière, les Prévellières, la Barbotière, la Thibaudière, la Petite-Morinière, Lambut.
photo du bocage - la Taillevendière Sourdeval


Les chapelles

La plus ancienne des chapelles était celle de la Houssaye, elle était sous l'invocation de Notre-Dame. C'était la chapelle du manoir de la Houssaye, Robert Heurtaut en était le titulaire en 1665, il succédait à Noel Hamel. Mort en 1685, son successeur fut François Clouard, prêtre de Sourdeval. Après 1700 il n'existe plus aucune mention de cette chapelle disparue.

La chapelle du château était sous l'invocation de St Grégoire le Grand, elle se trouvait dans l'un des pavillons du château et fut fondée par Jacques Le Moyne chanoine de Mortain et seigneur de Sourdeval. Les titulaires en furent : Denis Mesnage de Sourdeval en 1669 - Pierre le Neuf de Courtonne mort en 1711 - Louis Robert docteur en théologie nommé en 1712, décédé en 1719 - François Dubourg curé du Fresne-Poret, nommé en 1717, décédé en 1744 - Gabriel le Neuf de Montenay, prêtre du diocèse de Bayeux, dit l'abbé de Sourdeval, fut nommé au mois do mai 1745. La chapelle castrale de Sourdeval n'existe plus.

La chapelle de la Barre était sous l'invocation de Notre-Dame et de Saint-.Jean. Elle est appelée quelquefois Notre- Dame-de-la-Barre, mais plus souvent Saint-Jean-de-la-Barre. La présentation appartenait aux héritiers du fondateur et le titulaire n'était pas tenu à résidence. Jacques Le Turmelier, en était titulaire présenté et. nommé chapelain de Notre-Dame-de-La-Barre par messire Barnabé Laurens, seigneur de la Barre, conseiller du Roi et président de l'élection de Mortain. Il succédait à Philippe Hamon, décédé. En 1698, Michel Lézeaux, prêtre de Sourdeval, présenté par messire André du Laurens, en remplacement de J. Pallix décédé. En 1742, Jean Faudet, prêtre de Sourdeval, succédait à Jullien Massé, décédé. Cette chapelle qui existait encore dans les années 1900, mais convertie à des usages profanes, fut pendant quelque temps, après la Révolution, une sorte de succursale de Sourdeval.

La chapelle des Guenellières, située au village de ce nom, était sous le vocable de Saint-Michel. elle fut fondée et bâtie vers l'an 1600, par Michel Anfray, prêtre de Sourdeval, qui en fut le premier titulaire. La présentation appartenait à ses héritiers, les titulaires furent souvent des prêtres de sa famille. En 1669, Henry Anfray succédant à Jean Anfray, décédé. En 1710, Pierre Debon, prêtre du Frêne-Poret, présenté par Richard Anfray, et succédant à Jean Anfray clerc décédé; en 1725,Heurtaut, prêtre de Sourdeval, succédant à Pierre Debon, décédé; en 1785, Jean-Baptiste Miquelard, sous-diacre de Mortain, succédant à Mathurin Cousin, décédé. Il est présenté par François Anfray, de Saint-Cyr-du-Bailleul. M. Miquelard fut le dernier titulaire, il vivait encore en 1792. Cette chapelle n'existe plus.

La Foucherie est une chapelle beaucoup plus récente située à proximité de l'école qui existait jusqu'en 1940 au village du même nom. Elle est actuellement en cours de réhabilitation par des habitants de Sourdeval.

CALVAIRES
l'AUBESNIÈRE Ce beau calvaire n'est pas daté et ne porte aucune inscription. Néanmoins, son architecture: fût et croix de section octogonale, socle d'un dessin très pur, christ bien proportionné et sculpté dans la masse du granit, pourrait le situer du début du XVIIe siècle ou un peu avant. Il est situé au carrefour de la route de la Moinerie à la Masure Hamon et du chemin de l' Aubesnière au Mont-au-Loup. Il semble isolé en cet endroit, perdu dans les branchages, au bord d'un chemin creux mais sa situation à peu de distance de l' ancienne abbaye de Moutons en Saint-Clément explique peut-être son emplacement.

LA DAVIÈRE Croix de peste. Signe particulier: les bosses sur le fût, elles représentent les bubons de la peste bubonique, qui apparaissent au niveau du cou, des aisselles et de l' aine. La peste a ravagé le pays au cours du XVIIe siècle, ce qui pourrait situer l' époque de l' érection du calvaire, celui-ci n'étant pas daté. Il aurait exprimé la reconnaissance d'un rescapé de l'épidémie. Ce calvaire, tombé depuis très longtemps dans les broussailles, a été placé en juillet 1992, après nettoyage et restauration par la municipalité de Sourdeval, en bordure du chemin communal 104 à l'entrée du chemin de la Davière.

LA BASSE BOUCHERIE Calvaire daté de 1658, modeste en apparence, est planté sur un socle cubique, orné d'une curieuse inscription qui se lit sur deux faces : FRUGES.IN ARA.CRUCIS SY.LE.NOM.DE MARIE EN TON COEUR EST GRAVE EN PASSANT NE T OUBLIE DE LUI DIRE UN AVE FAICT.FAIRE PAR I L P 1658 Remarquons la note de piété rurale, si bien rendue par les mots latins, et le charme du distique en l'honneur de la Vierge Marie. Ce dernier a été retenu, en 1765, par les constructeurs de la maison du Clos des Chemins à Sourdeval, Jean Clouard, Jeanne Fougeray son épouse et Jean et Jacques ses fils, marchands, qui ont voulu l'inscrire sur le linteau d'une de leurs fenêtres. Le fût octogonal était plus haut de 65 cm, le morceau manquant se trouve au pied du calvaire.

LES CHAMPS Ce calvaire a été érigé en 1659, sur la route de La soinolle par Michel et Thomas Palis, frères, marchands, qui proclament leur foi et exhortent les passants : regarde, crois et adore, dans la belle inscription qu'ils ont fait graver au bas du fût : Sur la face: sur le côté droit : VIDE ADO CRED RA .ET Et sur le socle ils n'ont oublié ni leur nom ni la date : Sur la face: sur le côté droit : FAIT.FAI MARCH RE PAR MI ANTS 1659 CHEL.ET THOMAS PALIS FRERES Sur la face postérieure : F. I E. FOM. Erigé par les soins de nos aïeux, régulièrement entretenu par les habitants du village des Champs, ce calvaire était tombé depuis 10 ans, brisé par la chute d'un arbre, un jour de tempête, lorsqu'il a été restauré par les soins de M. l'abbé Porée et par le travail de M. Bernard Eude, tailleur de pierres à Sourdeval, au cours du Carême 1984 à l'occasion de l' année jubilaire de la Rédemption.

LA MANCELLIÈRE Le socle de ce calvaire typique du milieu du XVII" siècle porte une belle inscription en relief: sur la face principale: sur le côté gauche : M.JVLIEN CROIX DE DVBOVRG LA MANCE ...MA.FAIT LlERE FAIRE 1659 Le fût porte des bosses représentant les bubons de la peste. C'est une des rares croix de peste à porter l'identité du donateur et la date de son érection. Au cours du XVIIe siècle, la peste fit des ravages considérables dans notre région. Le docteur Louis Porquet, médecin des épidémies de l' arrondissement de Vire, fit une étude en 1898 sur la Peste de Normandie ; il relate qu'une petite commune, La Lande Vaumont, perdit, en 1629, 44 habitants. Le curé avait inscrit en marge du registre, en gros caractères, le mot: peste. Maisoncelles-la-Jourdan fut décimée par la peste en 1641 : il y eut cette année-Ià 42 décès dont 26 de la contagion (on appelait ainsi la peste). Au Gast, en 1628, il y eut 48 décès, tandis qu'en 1626 il n'y en eut que 17; en 1627, 20 et en 1629, 5. A Sourdeval, dans l'église du XV" siècle qui a été démolie en 1847, existait une chapelle dédiée à saint Roch, qui était un des saints les plus invoqués, dans le culte populaire, pour se protéger de la peste. Ce joli calvaire dont le socle était entièrement recouvert de terre consistait en un fût dissimulé par le lierre et la végétation. Le croisillon qui portait jadis un christ sculpté en relief était tombé, brisé en plusieurs morceaux, depuis bien longtemps. Le calvaire de la Mancellière, oublié pendant peut-être un siècle, a été totalement restauré en 1993.

LA CHESNAIE Le sommet du socle est taillé en octogone avec des congés aux angles, le fût de section carrée, puis octogonale. Le croisillon ancien portait un christ taillé en relief dans la masse de granit. Le socle porte en façade une inscription gravée en creux dont les caractères n'ont pas été déchiffrés. Les abords étaient régulièrement entretenus et fleuris.

LA MORANDIÈRE Appelé autrefois la Croix des O, appellation d'origine inconnue, il était placé en bordure du chemin de Mortain à Caen et tout près du Chemin Royal. On l' appelait aussi Croix de la Hotterie. Modeste croix sans inscription, elle peut être située du début du XVII" siècle. Son croisillon brisé a été restauré dans les années 60.

LE MOULIN FOULON Sur la route de Sourdeval au Fresne-Poret, à l' embranchement de la route de Ger, s'élève un calvaire dont le socle porte, gravée à l'arrière, l'inscription : F.F.P:D CO TRET NICOLIERE.1727 Le fût porte les bosses représentant les bubons de la peste. La date indiquée sur le socle (1727) est bien postérieure aux épidémies de peste qui ont ravagé notre région, puisque la dernière signalée est de 1669. Le fût de section octogonale indiquerait également le XVIIème siècle. Une petite niche est située au bas de celui-ci, dans laquelle se trouve une statuette.

CROIX DE LA VERRERIE ET DE LA RESUÈRE C'est un ensemble monumental, sans doute l'un des plus beaux de la campagne sourdevalaise. Trois croix en granit montent d'un socle rectangulaire, posé sur un soubassement de trois marches. Le fût et la croix centrale s'élèvent très haut dans le ciel, les deux autres restent à hauteur d'homme. Sur le socle, on lit: CROIX DE LA VERRERIE ET DE LA RESLlERE 1728 Le calvaire est situé à égale distance entre les deux villages. Ainsi les deux petites croix peuvent-elles représenter celles des deux larrons ou bien rappeler que les deux villages se sont associés pour l' ériger. Près de là, sur le pignon d'une maison de La Reslière, une croix dont la pierre est de tonalité claire a été enchâssée dans la maçonnerie très sombre.

LES VALLEES DURAND Croix d'une grande beauté. Le socle qui repose sur un soubassement de trois marches porte une inscription en relief qui se détache parfaitement : FAIT PLACER PAR A. DURAND LES VALLEES. M PAPETIER ET SUZANNE THEBAULT SON EPOUSE 1746 Ce maître papetier avait une renommée dans l'histoire de Sourdeval, à tel point qu'il a laissé son nom au village voisin, ce qui témoigne de l' activité industrielle, jadis florissante dans la vallée, de la fabrication du papier. Au bas du fût de la croix, se trouvent aussi, en relief, deux emblêmes, ciselés avec art : une main gauche ouverte et au-dessus d'elle, un calice très structuré. Quel sens donner à ces symboles, Peut-être une direction ? ou bien la représentation du sang du Christ répandu sur les pécheurs pour les purifier ? ou alors la main signifie un geste de prière, de supplication, d'offrandes ou de louange.

LA CROIX VOISIN Elle eut plusieurs existences. Son socle, posé sur deux marches, sans doute du XVIle siècle, est caractérisé par sa forme basse entaillée de congés à son sommet. Elle a porté le nom de Croix Heurtaut ou Brouainsière et devait être située approximativement dans l' angle de la place Charles de Gaulle, côté rue de Verdun. Elle a été renversée et brisée pendant la Révolution puis restaurée et déplacée par les soins de l' abbé Jacques Voisin. Celui- ci naquit aux Cresnays en 1759, fut prêtre en 1786, vicaire au Mesnil Adelée ; il rentra d'exil en 1798, fut curé de Chérencé-le-Roussel en 1802 puis curé de sourdeval, de 1815 à 1838; il mourut chanoine à Coutances en 1845.

LA CROIX ROUGE Le socle, posé sur deux marches, porte deux inscriptions. Sur la face : F.F PAR J. MICLARD HAUCHAMP LAINE M. ET M.J. GOSSELIN SON EPOUSE 1821 que l'on peut transcrire: par fait faire par I. Miclard Hauchamp, marchand et M.I. Gosselin, son épouse; et, sur le côté gauche: MIQUELARD sur le croisillon, séparé du fût par une tablette, christ en relief avec les lettres INRI. Ce calvaire était situé sur un carrefour important du Chemin royal de Brest à Paris qui croisait à cet endroit le chemin de Ger à Vire. Ces voies de communication étaient autrefois très fréquentées par des voyageurs aux destinations diverses: pèlerinages, poste, transport de marchandises.

LA RlCHARDIÈRE Cette croix originale présente un ensemble très différent de tout ce que l' on peut rencontrer habituellement. Sur le socle, figurent les noms des donateurs : J.B.T. LANDELLE ET J.Q.N. F.G..MOULIN SON EPOUZE 1830 Le fût en granit, de section octogonale, s'élève d'un seul jet jusqu'au croisillon sur lequel est sculpté un christ en relief, surmonté de l'inscription INRI. Chaque extrémité des bras du croisillon s'achève en sphères qui supportent un ostensoir en métal. Au sommet de cet ensemble, se dresse une élégante croix de fer forgé, décorée de volutes, et surmontée d'un vigoureux coq-girouette. Dans le fût, est pratiquée une petite niche renfermant une statuette de la Vierge. De chaque côté du socle, se trouve une croix de fer forgé. Un ensemble aussi délicat demande des soins assidus. Les fondateurs y avaient pourvu. Un triangle de terrain, planté d'une dizaine de pommiers, fut donné par la même personne afin d'entretenir, avec le revenu des dits pommiers, la croix et son enclos.

LA GUESNELIÈRE Il existait autrefois, et jusqu'au commencement du XIXe siècle, une chapelle au village de la Guesnelière sous le vocable de Saint-Michel. Ce calvaire de granit porte deux inscriptions sur son socle octogonal: sur l'un des côtés : F.P.J. MIQUELARD 1811 et sur l'autre : R. GOBE 1912 Cette croix, en effet, a été restaurée, en 1912, par les soins de Romain Gobe. Pour édifier l'emmarchement (construction importante se terminant par trois marches circulaires), il se servit des pierres provenant des ruines de la chapelle, aujourd'hui complètement disparue. Cette croix est bien connue dans la région. Les parents dont les enfants ont du mal à marcher vvenaient y prier avec foi et leur font faire trois fois le tour en invoquant Sainte Marcheuse.

LE MESLIER Le village du Meslier a été de tous temps un lieu de passage et d'étape important. Il est situé sur le Chemin Royal. Un relais de poste et deux auberges s'y trouvaient également. Un haut et fin calvaire de granit y a été érigé en 1848 par Michel Leroy Boussardière ainsi qu'il est indiqué sur le socle posé sur trois marches. Ce Michel Leroy Boussardière fut l'un des principaux bienfaiteurs de l'église de Sourdeval et aussi du bureau de bienfaisance puisqu'il lui léguait, par testament du 11 avri1 1847, un capital de 34 404 francs et 822 francs de rente, somme qui représentait plus de la moitié de celle déjà reçue ! En 1867, le conseil municipal érigea, à sa mémoire, un monument que l' on peut voir dans le cimetière de Sourdeval.

CIMETIÈRE Une élégante et haute croix s'élève au milieu des croix tombales. Posé sur une marche, un socle octogonal, sur lequel est gravé un écusson dont les inscriptions sont illisibles, sert de départ à un fût de section carrée, surmonté d'un croisillon, dont il est séparé par une tablette. Autrefois, le cimetière de Sourdeval se trouvait près de l'église. La décision de son déplacement, là où il se trouve aujourd'hui, a été prise le 14 juin 1820; mais ne fut effective qu'en 1822 par l'achat d'un champ à André-Jean-Marie Trochon.

LA CROIX PANTINAu carrefour du chemin des Haut et Bas Hamel, se dresse un calvaire de granit qui porte le nom de son auteur: la Croix Pantin. Sur l'important socle est gravée l'inscription : A LA GLOIRE DE DIEU G. PANTIN ET A. LENICOLAIS SON EPOUSE 1850

LA MASURE HAMON Un calvaire existait depuis longtemps à cet endroit. Il avait été déplacé de quelques mètres, vers 1900, lors de l'établissement du chemin vicinal qui conduit au Fresne-Poret. Les combats de 1944 causèrent sa destruction totale. En 1969, à l'occasion de leurs noces d'or, M. et Mme Aunay décidèrent d'y installer ce monument provenant d'une vente par la municipalité d'Yvrandes (Orne) lors d'un transfert de cimetière. Il porte la mention : A LA MEMOIRE DE M. ETIENNE LEMONNIER, CURE D'YVRANDES DECEDE LE 2 Xbre 1866 AGÉ DE 70 ANS LES HABITANTS D'YVRANDES RECONNAISSANTS. Sur la face, M. et Mme Aunay-Montembault ont fait graver leurs initiales et l'année, soit: A.M. 1969.

LES MONTS D'ERON Sur le socle : ANDRE CLOUARD MARIE-ANNE BOUTIN SON EPOUSE 1869 Du nom de ses auteurs qui exploitaient la ferme voisine.

LAUNAY Haut calvaire de granit datant de 1896, ainsi qu'il est indiqué sur son socle. Au bas du fût, une petite niche renferme une statuette de la Vierge. Il a été édifié par Mlle Anfray, de Launay.LE MONT HERY Calvaire de granit non daté dont le socle porte le nom de Pauline Surbled. A remplacé une croix plus ancienne, située sur un carrefour autrefois important sur le Chemin Royal.

LE CHAMP DE FOIRE Calvaire monumental de granit édifié en 1913, sous le pastorat de M. l' abbé Bindet, grâce à une souscription faite par les dames de la paroisse pour remplacer une croix de bois éri gée en 1868 à la suite d'une grande mission, croix qui menaçait de tomber en ruine et qui, elle-même, en avait remplacé une autre. Sur le socle inscription : O CRUX AVE SPES UNICA 1913 C'est M. Lavignette, maître-carrier, qui a taillé, d'après les plans de M. Cornille, architecte à Avranches, et placé la haute et belle croix de granit sur laquelle est fixé un christ en fonte que la mitraille des combats pour la Libération en août 1944 avait mutilé. Monseigneur Lerouge, évêque de Konakry (Guinée), dont une partie de la famille demeurait à Sourdeval, bénit ce calvaire le 14 septembre 1913. Cette bénédiction solennelle qui eut pour prédicateur M. l' abbé Roussel, missionnaire diocèsain originaire de Sourdeval, rassembla une grande foule de chrétiens de la paroisse et des environs. En 1954, la restauration du calvaire et de son entourage fut effectuée.

LA CROIX DE JEU appelée aussi CROIX DE JEAN (1919). Située sur la route de Ger, à l'embranchement de la route de Saint-Clément. Elle a remplacé une croix de bois que, dit-on, les jeunes s'amusaient à déplacer pour montrer leur force. En 1919, la famille Ledru offrit cette croix en granit en action de grâce, à la fin de la guerre 1914-1918. Elle fut bénite le 1er juin 1919.

LA PELLETERIE Petit calvaire de granit portant la date de 1926, surmontée de l' invocation: . O CRUX AVE Les initiales F.S. sont celles de Madame Fleury-Saint qui fit ériger cette croix en remplacement d'une autre du XVIle siècle.


Les curés

Jacques Saint était curé de Sourdeval, entre 1603 et 1636. Michel Hamel, curé de Sourdeval avant 1650, mourut vers 1668. Denis Mesnage, nommé curé vers 1668, nommé en même temps, en 1669,. chapelain de Saint-Grégoire, du château de Sourdeval, décéda en 1678, en odeur de sainteté. Pendant longtemps, on alla en pèlerinage à son tombeau pour obtenir d'être guéri de la fièvre. Après son décès. Charles-Gabriel de Pierre, curé de Saint-Léger-de-Glatigny, du diocèse de Lisieux, fut nommé curé de Sourdeval, le 16 novembre 1678 il donnait sa démission. en 1681 sans avoir rempli les fonctions de curé. Alexandre de Miro, prêtre du diocèse de Lisieux, nommé le 23 juillet 1681, mourut au bout d'un an ou deux. Il eut pour successeur Jean Le Carpentier. Aucun de ces trois curés, pourvus de la cure de Sourdeval, n'en remplit les fonctions, en sorte que la cure resta vacante pendant sept ans, et n'eut que des desservants. Pierre Berthrand, chapelain de Saint-Maur, à la cathédrale d'Avranches, devint curé de Sourdeval, le 20 février 1685, en permutant avec Jean Le Carpentier qui depuis quelque temps était pourvu de la cure. Pierre Berthrand résigna en 1704, en faveur de Jean Faudet, prêtre de Sourdeval, qui reçut la collation de la cure, le 4 août 1704. Monseigneur César Leblanc visita l'église de Sourdeval, le 4 mai 1721. Il y trouva Jean Faudet, curé, Pierre Urien, Vincent Hamon, vicaires. Julien Clouard et Julien Massé, prêtres. Quelques personnes n'avaient pas satisfait au devoir pascal. Perrine Gallouin et Renée Leclerc tenaient l'école des filles. Il n'y avait pas de maître pour les garçons, l'évêque chargea le curé et les habitants d'aviser aux moyens de faire subsister celui qu'il chargerait de remplir cette fonction.

Jean Faudet résigna, en 1733, en faveur du suivant Pierre Faudet, prêtre de Sourdeval, reçu la collation de la cure, le 27 août 1737 Monseigneur Durand de Messy visita l'église de Sourdeval, le 7 juillet 1749 et y donna la confirmation. Il y trouva Pierre Faudet, curé, Vincent Hamon et Jean Faudet, vicaires, Julien Clouard et Denis Leroy, confesseurs, Denis Vaullegeard, Jean Millet, Denis Esnault, Pierre Miquelard et Thomas Durand, tous prêtres de la paroisse. Il y avait quatre calices. Les vases sacrés , étaient en assez bon état, mais plusieurs avaient besoin d'être redorés. Les quatre petits autels étaient dédiés à l' Annonciation, à Saint-Pierre, au Rosaire et à Sainte-Barbe. Le revenu du trésor était de 200 fr. celui des fondations, de 650 fr. Les livres étaient encore tous romains et en mauvais état. Le nombre des personnes en âge de communier était de 2.500. Renée Leclerc tenait l'école des filles; il n'y avait pas encore de maître pour les garçons. MM. de Savigny, étaient présentateurs et nommaient au bénéfice, ils étaient aussi gros décimateurs. Le curé jouissait du tiers des grosses dîmes et de tous les verdages: Pierre Faudet mourut en 1754. Richard Gabriel d'Aché prêtre du diocèse de Bayeux, reçut la collation de sa cure, le 16 octobre 1753 mais il se démit ou mourut peu après, sans remplir les fonctions de curé. François Heudiard fut nommé curé de Sourdeval, probablement en 1754. En 1764 l'archidiacre L.-Ph. De Saint-Germain visita Sourdeval. Il y trouva François Heudiard curé, Pierre Miquelard et Jean Baptiste Noel, vicaires, Vincent Hamon, Jean Millet et Georges Fleury, prêtres. Les ornements étaient décents, l'église venait d'être réparée. Joseph Valdemaire tenait l'école des garçons, Françoise Leclerc celle des filles. François Heudiard mourut en 1769. Jean-Charles Lebourdois, prêtre de Saint-Nicolas de Granville, reçu la collation de la cure de Sourdeval, le 10 avril 1769, et vint à Sourdeval l'année suivante. Il mourut vers la fin de 1788. François-Auguste Santerre, curé de Saint Patrice du Teilleul, reçut la collation de la cure de Sourdeval, le 16 janvier 1789, et fut le dernier curé avant la Révolution. Le curé jouissait d'un tiers des grosses dîmes, de tous les verdages ou menues dîmes et d'environ 50 vergées de terres données en aumônes.



La Révolution

En 1790 Sourdeval érigé en chef-lieu de canton, formé des paroisses de Sourdeval, Brouains, Beauficel, Périers, Gathemo, Vengeons, Le Fresne-Poret, Saint-Martin-de-Chaulieu et Saint-Sauveur-de-Chaulieu. Cette dernière paroisse avait appartenu jusque-là à l'ancien diocèse de Bayeux. Les titres seigneuriaux étant abolis, l'affixe Le Neuf fut changée en celle de La Barre, nom d'un des principaux villages de la paroisse. Sourdeval fut un centre révolutionnaire, la population, ouvriers papetiers et artisans (sabotiers, ciseliers, fabricants de soufflets, etc.) en grande partie, accepta avec joie toutes les idées nouvelles, et entraîna le reste à sa suite. Toutes les fêtes patriotiques y furent pompeusement célébrées et le clergé donna l'exemple, en y assistant et se montrant chaud partisan du nouvel ordre. Le curé, François Santerre, arrivé depuis peu, était aimé dans la paroisse, et généralement estimé. Jérôme Santerre, son frère, ancien procureur de l'abbaye de Savigny, arrivé à Sourdeval depuis la fin de 1790, y menait une conduite régulière, et avait su également se concilier l'estime des habitants. Tous donc quoiqu'un peu lancés dans les idées du jour, se faisaient remarquer par leur modération.

Les vicaires, étaient MM. Jean-Charles Besnier d'Arcy, Noël-François-Jean Lentaigne et Jean-André-François Ledru. Jean Besnier d' Arcy, natif des Biards, prêtre de 1761 , ancien vicaire de Romagny, était à Sourdeval depuis 1780. Noël Lentaigne, natif de Sourdeval, ordonné prêtre en mars 1768, était depuis longtemps vicaire dans la paroisse. Jean Leduc, né à Sourdeval, le 3 janvier 1764, ordonné prêtre à Coutances, en 1788 remplissait aussi, depuis lors, les fonctions de vicaire. Il y avait en plus, trois prêtres habitués : Charles LaloueI, né au Fresne-Poret, le 28 janvier 1752, ordonné prêtre en 1776, avait été pendant quelque temps vicaire à Sourdeval, puis au Fresne-Poret, d'où il était revenu se fixer à Sourdeval. Michel Jean Leroy, né à Sourdeval, avait été ordonné prêtre, à Chartres, en mai 1784, était ensuite parti au diocèse du Mans, puis l'année suivante, était revenu à Sourdeval, ou il avait reçu les pouvoirs de confesseur. François Michel Jean Vaullegeard, né à Sourdeval, ordonné prêtre, à Rouen en 1781, était parti en 1783, au diocèse de Lisieux. De retour à Sourdeval en 1790, il y avait été aussitôt nommé aumônier de la Garde Nationale qui s'était organisée plus promptement que dans la plupart des autres localités. Les trois vicaires, et ces trois prêtres habitués, étaient, beaucoup plus ardents patriotes que le curé Santerre. Aussi, quand on demanda le serment à la Constitution civile du clergé, M. Santerre hésita, l'empressement de ses vicaires et des autres prêtres de la paroisse; ne suffit pas pour le déterminer à le prêter; Il fallut les conseils et les sollicitations du sieur Busnel, curé de La Bazoge, doyen rural de Mortain. Enfin, il s'y décida, et le clergé de la paroisse, tout entier, suivit son exemple. François Santerre resta donc curé constitutionnel de Sourdeval. Son frère, Jérôme Santerre, fut élu curé de Moulines, Jean-Charles Besnier d'Arcy, devint curé de Romagny. Le sieur Lentaigne, fut curé de Périers. Le sieur Ledru, curé de Saint- Sauveur-de-Chaulieu. Le sieur Leroy, curé de Saint-Martin-de-Chaulieu. Le sieur Vaullegeard, curé de Saint-Clément. M. Lalouel, resta à Sourdeval, et y remplit les fonctions de vicaire après le départ de ces derniers. Il y avait quatre prêtres de Sourdeval qui remplissaient des fonctions ailleurs. Guillaume Saint, né à Sourdeval, prêtre du 19 mars 1767, parti au diocèse de Paris, en 1768, était devenu quelque temps après curé de Saint-Georges-Montcoq, près Saint-Lo, au diocèse de Coutances. Patriote exalté, il y prêta serment à la Constitution civile du clergé, resta curé constitutionnel, remit ses lettres de prêtrise, en 1793. Ne se trouvant pas en sûreté dans sa paroisse, il revint, en 1794, habiter le Village-aux-Saints, où les Chouans surent le trouver. Pierre Allix, né à Sourdeval, le 13 mars 1747, prêtre en 1771, était vicaire de Saint-Barthélemy, ou il prêta serment et resta curé. Augustin-Pierre-Marie Allix, né à Sourdeval, le 26 avril 1762, prêtre en 1786, était vicaire à Saint-Georges-de-Roue1ley. Il refusa le serment et émigra. Jean-François Millet, né à Sourdeval, prêtre de 1765, ancien vicaire de Sourdeval, était parti au diocèse d'Angers, depuis 1782. Ayant refusé le serment, il revint à Sourdeval vers la fin de 1791, et ne se laissa pas entraîner par l'exemple du clergé de la paroisse. Il émigra en 1792. On trouve son nom sur plusieurs listes, mais on ignore ce qu'il devint dans la suite. Quoiqu'assermenté, M. Santerre. ne se lança pas dans les excès, restant toujours modéré et peu enthousiaste, on dit même qu'il regrettait d'avoir prêté serment. Ce qu'il y a de certain, cependant, c'est qu'il alla jusqu'à remettre ses lettres de prêtrise, ainsi que M. Lalouel, le 21 germinal an II, mais à peine avait-il commis cet acte qu'il disparut de Sourdeval.



L'église de Sourdeval fut dépouillée par ordre du district, le 22 floréal an II. On envoya à Mortain : 29 chandeliers, 4 lampes, 4 calices en argent. Quelque temps après, un ciboire, les ornements et deux cordes de cloches. On avait déjà porté la grosse cloche et la petite. Le zèle était tel qu'on allait plutôt en avant des ordres du district, que de rester en arrière. Dès 1791, les biens de la cure avaient été vendus.

Après la cessation du culte constitutionnel, l'église devint successivement le temple de la raison, le temple de la Loi, le temple de l'Eternel. Deux femmes éhontées consentirent à jouer le rôle de déesses. On les exposait nues dans le lieu saint. Les patriotes allaient fléchir le genou et les adoraient. Plus tard, ces deux femmes périrent misérablement. On y célébra les décades, on y lu les lois, on y chanta des chants patriotiques, on y fit des discours, on y débita toutes sortes d'impiétés. Puis on en fit un lieu de réunion pour les assemblées populaires. Toutes les fêtes, et réunions républicaines furent toujours très fréquentées. Il y avait sans doute un assez grand nombre de familles chrétiennes qui désapprouvaient toutes ces fêtes impies, il y en eut même plusieurs qui n'y prirent aucune part mais il y avait de très ardents patriotes, qui exerçaient une surveillance exacte. Il fallait, bon gré mal gré, observer les décadis, il n'était pas permis de travailler ces jours là, et tout signe extérieur qui aurait fait soupçonner qu'on observait encore le dimanche, aurait gravement compromis. Les révolutionnaires sentaient qu'ils étaient les maîtres, et ne toléraient pas de résistance. On conçoit facilement, en pareil cas, que beaucoup d'habitants de Sourdeval se soient, soumis par crainte à des actes qu'ils condamnaient.

La garde mobile de Sourdeval faisait continuellement la chasse aux prêtres fidèles qui se cachaient dans quelques paroisses du canton et dans les cantons voisins. Mais malgré la surveillance des patriotes, quelques-uns y trouvèrent asile, pénétrant même jusque dans Sourdeval, et y visitèrent les familles catholiques. Entre autres, M. Moulin, prêtre fidèle de Saint-Jean-des-Bois, que les mobiles fusillèrent dans cette paroisse, M. Michel Auvray, jeune prêtre, de Truttemer-le-Petit, qui parut assez souvent dans les villages voisins du Frêne et de Saint-Martin-de-Chaulieu. Le patriotisme bien connu des habitants de Sourdeval leur valut plusieurs visites des Chouans. Ils firent plusieurs apparitions sur différents points de la commune et y commirent des pillages et des meurtres. Une affaire plus grave que les autres se passa à la fin fin de 1794. Au milieu d'une nuit les habitants du Village-aux-Saints furent réveillés par une fusillade qui les jeta dans la consternation. Cependant, on eut beau regarder et prêter l'oreille, on ne vit et on n'entendit ni Chouans, ni Bleus. Mais le lendemain, dans un champ voisin du village, on aperçut sept cadavres, restés sur place. C'étaient les corps de sept patriotes, que les Chouans avaient saisis et fusillés. Du nombre était celui de l'abbé Guillaume Saint, ex-curé constitutionnel de Saint-Georges-de-Montcoq, dont l'exaltation politique avait attiré sur lui l'attention des contre-révolutionnaires. L'inhumation de ces cadavres produisit sur tous les habitants une impression profonde.

A cette époque, tous les prêtres assermentés natifs de Sourdeval, étaient rentrés dans leurs familles.

Dès 1798 le sieur Leroy, ex-curé de Saint-Martin-de-Chaulieu, aidé par quelques autres, recommença à exercer dans l'église, on ne sut à quel titre, un ministère schismatique (leRondélisme). Il eut pour principaux auxiliaires deux prêtres étrangers à l'ancien diocèse d'Avranches. Ils se nommaient MM. Couppey et Diguey. L'exercice de ce culte constitutionnel dans l'église, ne fut cependant pas continu, il y eut quelques interruptions.

L'église ne fut définitivement rendue au culte catholique, qu'à l'époque, du Concordat, les prêtres qui exercèrent d'abord le ministère n'étaient pas encore retraités. M. Santerre reparu en 1802, mais quoiqu'il ne fut pas avancé en àge, il était tellement affaibli, qu'on avait peine à le reconnaître. Incapable de reprendre ses fonctions de pasteur dans une paroisse aussi étendue, il s'en retourna dans son pays pour y mourir. En 1803, M. Postel Julien-Nicolas-Michel, né en 1750, prêtre assermenté de Vassy, ayant fait sa rétractation, fut nommé curé de Sourdeval. Tous les prêtres jureurs de la paroisse se rétractèrent aussi, s'ils ne l'avaient déjà fait. MM. Couppey et Diguey, restèrent vicaires. MM. Vaullegeard et Lentaigne s'en allèrent. MM. Ledru, Leroy et Lalouel, restèrent à Sourdeval. M. Leroy y décéda, en 1808. Quoique l'église eût été profanée de mille manières, elle n'avait pas subi de grandes dévastations. Les autels étaient restés à leurs places, et on n'eut pas beaucoup de peine à la remettre en état décent. Les biens de la cure avaient été vendus, mais le presbytère avait été conservé. Le général Millet contribua un des premiers à restaurer l'église. 11 se mit à la tête d'une souscription pour avoir une seconde cloche dont il fut le parrain. M. Galloin-Dumesnil, qui fut longtemps maire, restitua à la cure une petite portion des terrains qu'on lui avait enlevés. Le 17 janvier 1806, sur la demande des habitants et de la municipalité de Sourdeval, Napoléon accorda l'ouverture de la chapelle Saint-Jean-de-la-Barre, et le 20 mars de la même année, l'évêque de Coutances accorda la permission d'y faire l'office public. M. Le Dru en fut quelque temps desservant.

On peut constater par les registres de catholicité du Frêne-Poret, qu'on faisait à la chapelle de la Barre les publications de mariages, mais les baptêmes et les inhumations se faisaient ordinairement au Frêne, pour la section de la Barre. Cet état de choses anormal dura quelques années seulement, la chapelle étant trop petite, et n'ayant ni cimetière, ni fonts baptismaux, ne tarda pas à être abandonnée et convertie à d'autres usages. Postel était un homme de talent et d'esprit mais un peu emporté et très entier dans ses idées. Il professait pour Bonaparte une admiration fanatique. A l'époque de la Restauration, il eut des démêlés avec l'administration, et devint indésirable à Sourdeval. Monseigneur Dupont se vit dans la nécessité de lui demander sa démission. Après quelques hésitations, voyant bien lui même qu'il ne pouvait rien faire, il se rendit au désir de l'évêque, se démit en 1815 et se retira dans le diocèse d'Orléans jusqu'à sa mort.

Son successeur fut M. Jacques-René Voisin, né le 19 avril 1758, à Notre-Dame-de-Cresnay, prêtre du 1er février 1786 ancien vicaire de Martigny et du Mesnil Adelée. Ayant refusé le serment schismatique, en 1791 il avait émigré à Jersey, et de là en Angleterre. Rentré un peu avant le Concordat, il avait rouvert l'église de Chérencé-le-Roussel, et avait été nommé curé de cette paroisse en 1802, c'est de là qu'il fut transféré à Sourdeval, le 1er décembre 1815. Cet excellent prètre travailla avec beaucoup de zèle à ramener à Dieu les âmes égarées. Mais la révolution avait laissé à Sourdeval des traces profondes qui ne devaient pas vite disparaitre. Nommé chanoine titulaire, le 14 mars 1839, il décédait à Coutances, en 1845, à 86 ans, laissant un très bon souvenir partout où il avait passé. L'église, commencée sous l'administration de M. Viel, successeur de M Voisin, a été achevée assez peu de temps après sa mort. Elle devait être détruite, ainsi qu'une grande partie du bourg, au cours des combats de 1944.



Ces combats qui furent très violents, débutérent le jeudi 3 août 1944 par des duels d'artillerie entre la 28th Infantry Division US et des éléments des 353ème ID et 84ème ID Allemandes. Ils devaient se poursuivre jusqu'à la libération de Sourdeval le 13 août avec un maximum les 11 et 12 août. Ces combats devaient causer la mort de 76 civils. Témoignage sur la libération de Sourdeval



Incendie de Sourdeval cliché Heimdal                         Photo Heimdal représentant l'incendie de Sourdeval

Un article très précis et illustré de nombreuses photos prises par l'armée allemande se trouve dans la revue 3945 Magazine de Janvier 2003 numéro 197 des éditions Heimdal

E-mail : Editions Heimdal


Acte Notarié en 1610


E-mail : michel@roynel.com







Sources : Histoire de l'ancien diocèse d'Avranches - Revue de l'Avranchin - M. Séguin - Annuaire de la Manche - Editions Heimdal - Archives personnelles.



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