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English Remerciements à John
Cornell pour sa traduction
Foires : Pentecôte - 17 juillet - 14 septembre - 23
novembre
Le Plessis
Grimoult se trouve à 7 kilomètres d'Aunay sur Odon, 14
kilomètres de Condé sur Noireau et Vassy, 26
kilomètres de Vire et 35 de Caen.
Sa superficie est de 1615 hectares 57, en 1885 il existait 200 maisons
avec une population de 600 habitants.
Son sous-sol est composé de grès quartzeux sur le
Montpinson, de schistes et argiles en plaine. Du minerai de fer fut
extrait à l'ouest du mont pour alimenter les forges de Danvou
jusqu'en 1810. Elles étaient, au
dix-huitième siècle, très importantes et
alimentées par les
minières de Roucamps et de Bois-du-Roi (concession de
Montpinçon), de
Jurques, les Terres d'Enfer, de Saint-Rémy. La Révolution
eut pour effet de déterminer l'abandon des
forges, la clôture des exploitations, la fermeture des puits.
Mais une cause principale a provoqué la désertion des
fourneaux : le déboisement progressif du pays au profit du
traitement des minerais. C'est en vain qu'en 1555 le roi
interdisait aux forges d'exploiter plus de 45 arpents de forêts,
où le
nombre de leurs bûcherons était limité à
sept. Ces limitations n'atteignirent vraisemblablement pas leur but. Le
déboisement fit disparaître les exploitations
minières.
De nombreuses carrières existaient à
l'est
pour l'entretien des routes.
Son nom provient du mot PLEC ou PLECG en vieux français qui
signifiait un bois environné de rameaux et Grimoult du nom du
premier seigneur connu, la paroisse se trouve au pied du Montpinson, le
point le plus élevé du Calvados. Ce mont était
couvert de bois, le versant sud inculte a été
partagé en 1842 entre tous les habitants et est maintenant
exploité.
La paroisse fut habitée dès l'antiquité, les
romains y avaient établi un petit camp pour surveiller les
habitants établis dans la plaine.
Celui-ci était à la bruyère du Plessis, il
s'étendait de l'est vers l'ouest sur une longueur d'environ 80
mètres et du nord au sud sur une largeur de 65 mètres. Le
fossé avait 1 mètre de profondeur et le talus 1 m 50. On
y voyait deux portes face à face à l'est et à
l'ouest, avec un chemin.
Quelques traces de fossés laissent penser qu'une autre enceinte
plus étendue aurait existé. Ce camp de petites dimensions
ne pouvait contenir que des garnisons sans importance. Des tuiles,
briques et médailles romaines furent trouvées à
proximité.
Au dixième siècle, Rollon distribua le pays à ses
fidèles et l'un de ses compagnons devait faire établir le
château fort du Plessis. Il appartenait en 1047 à Grimoult
qui après sa défaite contre le duc Guillaume devait
être exécuté dans sa prison de Rouen. Ses biens
furent confisqués et donnés aux moins du Plessis et
à l'évèque de Bayeux. Le château qui se
trouvait à l'emplacement du bourg actuel ne devait jamais plus
être habité et a totalement disparu.
Les murs qui avaient environ 4 mètres, en pierres posées
en arêtes de poisson, liées par un ciment de chaux
très dur, étaient posés sur une emminence
arrondie. Au centre se trouvait une cour de 4 à 500
mètres carrés avec des logements tout autour, au sud une
tour carrée faisait office de donjon et d'entrée avec un
pont-levis.
En 1074 le duc donna la baronnie du Plessis à son frère
Odon, évèque de Bayeux. A la suite de la demande de
Richard Samson chapelain de la chapelle du château, Richard de
Douvres évèque, donna cette chapelle et d'autres biens
pour établir une communauté de chanoines de l'ordre de St
Augustin et leur fit bâtir une église dédiée
à St Etienne.
Les ducs de Normandie et de nombreux seigneurs s'associèrent
à cette donation et le prieuré fut fondé à
un kilomètre au sud du Montpinson et à l'ouest du
château de Grimoult et du bourg.
Un couvent de religieuses fut fondé au sud et à
côté du prieuré, mais à la suite de
désordres dûs à la proximité, ce
monastère fut supprimé et ses matériaux servirent
à la construction de l'église du prieuré.
Elle fut commencée au début du XIIème
siècle, selon la légende il fallu 33 ans à 33
ouvriers pour la construire. Elle avait trois nefs, la plus grande,
voutée, avait 42 mètres de long, 6 de large et 16 de
haut. Les bas côtés ayant 3 mètres de large et 7 de
haut, surmontés par une galerie. Le choeur se terminant en
abside avec une coupole et des fresques. Selon l'usage de
l'époque elle
était tournée vers l'orient avec deux tours
carrées de 26 mètres de haut et des clochers en bois de 7
mètres. Entre ces deux tours, un portail portait la statue de St
Augustin en grandeur nature et en pierre.
l'abbaye du temps de sa splendeur
Une partie des bâtiments et
du mobilier de l'église furent détruits au cours des
guerres de religions (1562) et le mobilier restant était en
piteux état en 1793.
La tour du nord s'écroula faute d'entretien vers 1780, seule
subsiste actuellement la tour du sud sans toiture.
Partie haute de la seule tour qui n'aie pas été
détruite à la révolution
Au milieu de l'église, une autre tour carrée, de
même hauteur renfermait 4 cloches dont les débris devaient
servir à fondre les cloches de l'église actuelle et une
horloge carillon.
Dans le choeur une grille de fer avec les armoiries de l'abbaye, de
chaque côté un double rang de stalles en chêne. Il y
avait trois chapelles dédiées à la Ste Vierge, St
Sacrement et St Roch.
En 1789, l'abbaye avait 25.000 livres de rentes dont l'abbé
commandataire recevait le tiers, elle avait un mobilier très
riches en vases sacrés et ornements et de nombreux biens dont
dix huit étangs, trente neuf bénéfices
réguliers et séculiers en dépendaient.
L'abbé commendataire était M. Duprat qui résidait
dans la paroisse Ste Geneviève à Paris, il ne restait
plus que quatre religieux au Plessis, une partie de l'abbaye
était en ruines faute de réparations. Le décret du
20 février 1790 supprima les couvents, le prieuré et ses
dépendances furent vendus au profit de l'état.
L'église en mauvais état, fut démolie et ses
pierres servirent à des constructions dans le voisinage. De
nombreux squelettes de moines, notables et même enfants furent
retrouvés au cours des travaux l'abbaye n'ayant pas de
cimetière,
Une partie des bâtiments qui avaient survécus aux guerres
de religions, à l'avarice des abbés commendataires dont
Bossuet évèque de Meaux connu pour ses oraisons
funèbres, aux révolutionnaires, furent détruits en
1944, l'armée allemande ayant jugé bon d'installer de
l'artillerie sur le porche d'entrée et la tour survivante, par
l'artillerie britannique au cours des violents combats pour la prise de
la station radar du Mont Pinçon. Cet ensemble important
construit par
l'organisation Todt avec des prisonniers et quelques travailleurs
requis dans les environs permettait la surveillance des vols partant du
sud de l'Angleterre.
Les Britanniques du XXXe Corps entrent dans
Aunay-sur-Odon le 5 août, devant le Mont Pinçon, un sommet
de 365 m de haut et position clé du secteur, les Allemands
résistent. Le 6 août, vers midi, les Britanniques
attaquent, mais les mortiers et les mitrailleuses allemandes stoppent
net l'offensive de deux bataillons de la 129th Brigade de la 43th
Wessex division. En fin d'après-midi quelques chars des 13
et18th Hussars percent les lignes allemandes et atteignent le sommet;
mais il faut l'infanterie du Bataillon du 4th Wilts et du
Regiment - 4th/7th Royal Dragoon Guards pour consolider les
positions. Le 7 les Britanniques libèrent Le Plessis Grimoult.
La stèle The Duke of
Cornwall sur la place de la mairie rappelle la libération
du Plessis Grimoult le 7 août 1944 par le 5e Bataillon The Duke
of Cornwall's Light infantry appuyé par la 43e Wessex Division. Témoignage britannique
(en Anglais) (en Français)
- Remerciements
à M. Cecil NEWTON
Stèle des 13th et 18th
Royal Hussars sur le Mont-pinçon à la
mémoire des soldats qui ont combattu dans ces unités. La
prise du mont et de la station dont il n'a pas été
possible d'obtenir de détails devait coûter la vie
à de
nombreux soldats britanniques, les survivants ayant récemment
financés une stèle rappelant leur héroisme bien
oublié de nos jours, il ne subsiste que peu de traces, devenues
inacessibles faute d'entretien, les habitants ayant, dès la
libération, pillé l'ensemble allant jusqu'à
arracher les carrelages.
Sommet du porche d'entrée partiellement détruit en
1944 avec la porte charretière à gauche et la porte
piétonne à droite
Ne subsistent de nos jours, que la tour, une petite partie de la
très belle salle capitulaire et une partie endommagée de
la porterie. Seules quelques fondations rappellent l'importance de
cette abbaye qui fut la plus belle du bocage virois.
quelques clichés de ce qui
en reste après les guerres,
l'avarice des religieux, la révolution et la libération
de 1944
Vue de la partie restante de la salle capitulaire
Le parc, au fond se trouvaient les étangs et le jardin
fortifié
Unique en France, les ruines de l'enceinte d'un jardin
fortifié datant du moyen-âge, faute de moyens financiers,
des fouilles n'ont pas été entreprises....
Plessis-Grimoult, Plesseium Grimaldi
Le Plessis-Grimoult, situé à l'extrémité
d'une vaste lande
très élevée (environ 1100 pieds au dessus du
niveau de la mer)
d'où l'on découvre une étendue de pays
considérable du côté
de l'est et du nord-est, notamment l'embouchure de la Seine, le
Havre et les falaises qui l'avoisinent, est des localités les
plus intéressantes du département.
L'église paroissiale a la forme d'un parallélogramme
rectangle; elle appartient en grande partie, au style roman.
Entre la nef et le choeur, l'arc triomphal a son archivolte
ornée de moulures en zig-zag et de saillies demi-cylindriques.
Les colonnes qui supportent cette archivolte offre de beaux
chapiteaux ornés de feuilles entrelacées et de fruits.
Ils ont été malheureusement mutilés par suite de
l'érection de deux autels et de deux statues à
l'extrémité de
la nef, à l'entrée du choeur.
Le choeur est voûté et se divise en deux travées
comme dans
la plupart des églises rurales; les colonnes qui divisent la
première travée de la seconde ont des chapiteaux du
même style
que les précédents. Les fenêtres ont
été retaillées et
élargies du côté du sud; les murs ont
été repris en
sous-oeuvre du même côté. Une partie des murs de la
nef sont
construits en arêtes de poisson, et la porte latérale, au
sud,
a son archivolte garnie d'étoile; le reste a été
repris en
sous-oeuvre.
Un porche, à l'ouest, précède une porte
cintrée sans
moulures. Ce porche n'a pas de caractères qui permettent de lui
assigner une date certaine; il ne doit pas être ancien.
La tour latérale, au nord, n'a pas non plus de caractères
tranchés; elle pourrait cependant dater du XV°
siècle, car les
contreforts sont appliqués sur les angles; elle est
couronnée
d'une pyramide en ardoise.
Il existe dans le trésor de l'église un beau calice que
l'on
a cru avoir appartenu à Bossuet qui avait été
prieur du
Plessis. Mais M. Floquet, qui est allé au Plessis pour le
visiter, a reconnu que la date indiquée par l'inscription de ce
calice ne correspond pas avec celle durant laquelle Bossuet fut
pourvu de ce bénéfice; on ne peut donc admettre que ce
soit lui
qui ait donné ce calice.
L'église est sous l'invocation de saint Etienne. Le prieur du
Plessis nommait à la cure.
La baronnie du Plessis avec ses appartenances faisait partie
du domaine de l'évêché de Bayeux. Béziers
nous apprend que
l'évêque Pierre de Vilaine fut maintenu dans ses droits de
juridiction par rapport à cette baronnie et que les officiers
royaux qui le lui avaient contestés furent condamnés dans
les
assises de Caen, tenues le vendredi après les cendres 1349.
Le roi Louis XI l'érigea en haute justice par lettres de
1477, en considération de l'évêque de Bayeux,
patriarche de
Jérusalem. Dans la suite les honneurs de la baronnie furent
cédés aux Matignon, comtes de Torigny.
On voit à quelque distance de l'église paroissiale les
restes du château de Grimoult du Plessis dont je vais donner une
description. On sait que ce seigneur puissant et fort riche fut
un des principaux chefs de la conjuration qui voulut
détrôner
le duc Guillaume et qu'il combattit à la bataille du
Val-des-Dunes en 1047. Il voulut rallier quelques uns des
conjurés après cette bataille décisive, mais il
fut fait
prisonnier et conduit à Rouen. Plus tard il fut trouvé
étranglé dans son cachot.
Après la mort de Grimoult du Plessis, tous ses biens furent
confisqués et donnés à Notre Dame de Bayeux et
à différents
seigneurs en récompense de leur fidélité. La
donation fait à
l'église de Bayeux est de l'année 1074. Odon de
Conteville,
alors évêque, frère utérin de Guillaume,
unit à la manse de
l'évêché, la baronnie du Plessis.
L'évêque employa une
grande partie de ces biens à fonder sept prébendes dans
la
cathédrale de Bayeux.
Plus tard Richard de Douvres, évêque de Bayeux, fonda le
prieuré du Plessis et lui donna l'église paroissiale avec
un
fief et des terres dans cette paroisse, et Henry 1er, roi
d'Angleterre, affranchit ces biens des droits qui lui étaient
dus. Il lui donna en outre de son chef, plusieurs paroisses avec
leurs dîmes, l'année 1130. C'est à cette
époque qu'on fixe la
fondation du prieuré. Henri II confirma les donations et obtint,
en 1180, une bulle du pape Alexandre III en faveur du prieuré et
des églises d'Ivrande, de Fresnes et Montsegré qui en
dépendaient et qu'il avait exemptées de charges et
redevances.
Henri II, évêque de Bayeux, ratifia toutes ces exemptions
en
1200. Le prieuré était à la nomination du roi au
siècle
dernier.
On comptait 32 prieurs depuis Samson, qui fut le premier,
jusqu'à l'abbé Le Mercier, nommé en 1758. Le
prieur du Plessis
nommait à un grand nombre de cures dont voici la liste, et dont
quelques unes font maintenant partie du département de l'Orne.
Le Plessis - Roullours - Carville - Chênedollé
- Truttemer - Montsegré - St Jean le Blanc - Campandré -
Montchauvet - Arclais - Ste Honorine la Chardonne - St Vigor des
Mézerets - Perrigny - Cauville - Proucy - Bernières le
Patry -
Maisoncelles-Jourdan - Estry - St Christophe d'Amfernet -
Beauchêne - Claire-Fougère - St Cornier - St Jean des Bois
- St
Quentin des Chardonnettes - Ivrande - Bonne-Maison - Courvaudon -
Bully - Feuguerolles - Fontaine-Etoupefour - Rozel - La Cambe -
St Clément sur le Vey - Mondrainville - Noyers - Planquery - St
Germain d'Elle - Bretteville le Rabet - Campeaux - Collombelles
etc.
Restes du
prieuré :
Quand on arrive sur la montagne du Plessis, du côté
d'Aulnay, on aperçoit les ruines de l'église du
prieuré, à
l'extrémité de la bruyère, au nord du bourg. Cette
église
assez considérable avait un transept et se terminait par une
abside; plusieurs des colonnettes que j'ai vues dans ces ruines
avaient des chapiteaux qui annonçaient le XIII°
siècle. La vue
générale que voici a été prise en 1827;
aujourd'hui on voit
encore une grande partie de ce qui existait alors, bien que
quelques pans de murs aient été démolis. Vue de la tour et mur de l'église avant 1944
La tour, à l'ouest,
ne parait pas aussi ancienne que ce qui existe du choeur, au
moins elle parait avoir été retouchée; on y voit
des
chapiteaux tournés; la plate-forme doit avoir été
substituée
à une pyramide en charpente à une époque que je ne
crois pas
très ancienne, peut-être au XVIII° siècle. Vue de la salle capitulaire façade ouest avant 1944
On voit encore tout le côté oriental des bâtiments
qui
bordaient la cour du cloître; c'est là qu'habite le
propriétaire M. Bultot.
Voici un croquis de la salle capitulaire fait par M. Bouet,
mais cette salle a été raccourcie quand on a reconstruit
ou
refait en partie les murs des bâtiments où elle se trouve,
et
tout parait indiquer qu'elle se terminait, à l'est, par une
espèce d'abside; deux portes s'ouvraient sur la galerie du
cloître.
Les chapiteaux des colonnes couverts de feuilles contournées
doivent être de la fin du XIV° siècle ou plus
probablement du
XV°.
Les autres pièces du rez de chaussée sont
également
voûtées; les colonnes à 8 pans ont des chapiteaux
unis qui
peuvent être du XIV° siècle, mais auquel il est
difficile
d'assigner une date certaine.
On regarde comme ayant été la cuisine, une pièce
dans
laquelle ont voit une belle cheminée.
Des jardins et, plus loin, des étangs se trouvent à l'est
des constructions que nous venons de signaler.
A l'ouest de ceux-ci existe la cour intérieure
du prieuré; la porte par laquelle on y entre de la route doit
dater de la fin du XIII°, ou du début du XIV°
siècle.
Château :
Au sud du prieuré, et tout près des maisons du bourg, se
trouvent les ruines du château du Plessis.
Après la bataille du Val-des-Dunes, en 1047, tous les biens
de Grimoult furent confisqués et donnés pour la plupart
au
chapitre de Bayeux. Le château n'a point été
habité depuis,
et nous pouvons le regarder comme un des types des forteresses
élevées dans la première moitié du XI°
siècle.
Malheureusement il se trouve maintenant dans un état de
dégradation fort avancé.
Les murs étaient fondés sur une éminence ovale au
centre de
laquelle se trouvait une cour de 8 à 10 perches
d'étendue. Ils
formaient ainsi une enceinte qui suivait le contour de la motte
en décrivant plusieurs angles obtus; et l'ensemble du
château
présentait l'image d'un polygone irrégulier.
Ces murs avaient au moins dix pieds d'épaisseur. Ils
étaient
revêtus de pierres posées en arêtes de poisson; on y
voyait de
distance en distance, mais généralement de trois rangs en
trois
rangs des cordons de pierres schisteuses posés horizontalement
et à plat, comme les briques dans les constructions romaines de
petit appareil. Les matériaux qui entraient dans la construction
de ces murailles étaient liés par un ciment de chaux
devenu
d'une extrême dureté.
On voit encore les débris de la grande porte. Elle était
à
plein cintre, établie au milieu d'une cour carrée
placée au
sud, qui faisait probablement office de donjon, et ne pouvait
s'accéder qu'au moyen d'un pont-levis.
Des restes de constructions appliquées le long des murs
d'enceinte, à l'intérieur de la place, montrent que des
logements existaient tout autour de la cour centrale. Cette cour
qui forme maintenant le jardin potager d'une maison voisine,
était encore pavée il y a peu de temps. Elle se trouvait
à un
niveau très bas comparativement à celui de la terrasse
qui
supportait les murs.
Dans l'était de destruction où se trouve aujourd'hui le
château du Plessis, on ne peut dire quelle était la
hauteur des
murailles; elles n'ont plus que 10 à 12 pieds dans les parties
de l'enceinte les mieux conservées, et l'on n'y voit aucune
ouverture. L'éminence sur laquelle elles reposent
s'élève à
peine de 15 à 18 pieds au-dessus du sol environnant. Les
fossés
qui entourent le rempart sont encore visibles; un ruisseau y
porte ses eaux.
Au sud-est, en avant de la forteresse, se
trouvait une cour ou première enceinte qui ne parait pas avoir
jamais été entourée de murs; c'est aujourd'hui une
prairie;
des fossés de clôture, remplis d'eau, indiquent la
circonscription primitive.
Camp romain.
Le petit camp du Plessis-Grimoult et celui qui l'on trouve
dans la commune de Campandré dont le nom est significatif, sont
placés presque au sommet de deux monticules très
élevés d'où
l'oeil s'étend fort loin vers le sud, lest et le nord-est. De
là on distingue en même temps les collines du pays
d'Auge(Quevrue, Moult, Estrée, etc.), la côte de Dives
à 14
lieues de distance, et même celle du Havre et de Fécamp;
on
voit encore, au midi, le bourg de Vassy, la butte de Belle-Etoile
et plusieurs autres points culminants du département de l'Orne.
Ces deux camps sont très voisins, quoique dans deux communes,
sont de la même forme et à peu près de la
même grandeur;
celui de la bruyère du Plessis, qui est le mieux
conservé,
présente un carré presque parfait ayant environ 200 pieds
dans
le sens de la longueur et 240 sur la largeur. Le fossé a 3 pieds
de profondeur, et le vallum, haut de 4 à 7 pieds, est un peu
plus élevé près des angles; on y voit aujourd'hui
deux portes
en face l'une de l'autre et il est traversé par un chemin.
Vu sa petite dimension le camp du Plessis n'a dû contenir que
des garnisons peu considérables; toutefois, on remarque sur la
bruyère quelques traces de fossés qui sembleraient
annoncer
qu'une enceinte plus étendue aurait existé devant et sur
les
côtés de l'enceinte, mais ces traces sont discontinues, et
il
n'est pas facile de se rendre compte de la disposition de cette
dernière enceinte en supposant qu'elle ait été
complète.
On a trouvé beaucoup de médailles romaines au Plessis,
notamment des médailles saucées de Posthume,
Tétricus, Gallien
etc.
J'ai remarqué des fragments de tuiles à
rebords près du hameau de la Saugsurière, au sud de la
bruyère.