LE PLESSIS GRIMOULT




Site personnel nous ne pouvons répondre aux questions administratives ou d'actualité concernant cette commune - veuillez vous adresser à la mairie ou aux Elus

English
Remerciements à John Cornell pour sa traduction



Eglise et place du Plessis Grimoult
1861
756 habitants
Maire :
Lapersonne
Maire adjoint :
Rogue
Curé :
Bertot
Instituteur :
Lemarchand
Institutrice :
Delasalle

Foires : Pentecôte - 17 juillet - 14 septembre - 23 novembre


Le Plessis Grimoult se trouve à 7 kilomètres d'Aunay sur Odon, 14 kilomètres de Condé sur Noireau et Vassy, 26 kilomètres de Vire et 35 de Caen. Sa superficie est de 1615 hectares 57, en 1885 il existait 200 maisons avec une population de 600 habitants.
Son sous-sol est composé de grès quartzeux sur le Montpinson, de schistes et argiles en plaine. Du minerai de fer fut extrait à l'ouest du mont pour alimenter les forges de Danvou jusqu'en 1810. Elles étaient, au dix-huitième siècle, très importantes et alimentées par les minières de Roucamps et de Bois-du-Roi (concession de Montpinçon), de Jurques, les Terres d'Enfer, de Saint-Rémy. La Révolution eut pour effet de déterminer l'abandon des forges, la clôture des exploitations, la fermeture des puits. Mais une cause principale a provoqué la désertion des fourneaux : le déboisement progressif du pays au profit du traitement des minerais. C'est en vain qu'en 1555 le roi interdisait aux forges d'exploiter plus de 45 arpents de forêts, où le nombre de leurs bûcherons était limité à sept. Ces limitations n'atteignirent vraisemblablement pas leur but. Le déboisement fit disparaître les exploitations minières.
De nombreuses carrières existaient à l'est pour l'entretien des routes.
Son nom provient du mot PLEC ou PLECG en vieux français qui signifiait un bois environné de rameaux et Grimoult du nom du premier seigneur connu, la paroisse se trouve au pied du Montpinson, le point le plus élevé du Calvados. Ce mont était couvert de bois, le versant sud inculte a été partagé en 1842 entre tous les habitants et est maintenant exploité. La paroisse fut habitée dès l'antiquité, les romains y avaient établi un petit camp pour surveiller les habitants établis dans la plaine.
Celui-ci était à la bruyère du Plessis, il s'étendait de l'est vers l'ouest sur une longueur d'environ 80 mètres et du nord au sud sur une largeur de 65 mètres. Le fossé avait 1 mètre de profondeur et le talus 1 m 50. On y voyait deux portes face à face à l'est et à l'ouest, avec un chemin.
Quelques traces de fossés laissent penser qu'une autre enceinte plus étendue aurait existé. Ce camp de petites dimensions ne pouvait contenir que des garnisons sans importance. Des tuiles, briques et médailles romaines furent trouvées à proximité.

Au dixième siècle, Rollon distribua le pays à ses fidèles et l'un de ses compagnons devait faire établir le château fort du Plessis. Il appartenait en 1047 à Grimoult qui après sa défaite contre le duc Guillaume devait être exécuté dans sa prison de Rouen. Ses biens furent confisqués et donnés aux moins du Plessis et à l'évèque de Bayeux. Le château qui se trouvait à l'emplacement du bourg actuel ne devait jamais plus être habité et a totalement disparu.
Les murs qui avaient environ 4 mètres, en pierres posées en arêtes de poisson, liées par un ciment de chaux très dur, étaient posés sur une emminence arrondie. Au centre se trouvait une cour de 4 à 500 mètres carrés avec des logements tout autour, au sud une tour carrée faisait office de donjon et d'entrée avec un pont-levis.
En 1074 le duc donna la baronnie du Plessis à son frère Odon, évèque de Bayeux. A la suite de la demande de Richard Samson chapelain de la chapelle du château, Richard de Douvres évèque, donna cette chapelle et d'autres biens pour établir une communauté de chanoines de l'ordre de St Augustin et leur fit bâtir une église dédiée à St Etienne.
Les ducs de Normandie et de nombreux seigneurs s'associèrent à cette donation et le prieuré fut fondé à un kilomètre au sud du Montpinson et à l'ouest du château de Grimoult et du bourg.
Un couvent de religieuses fut fondé au sud et à côté du prieuré, mais à la suite de désordres dûs à la proximité, ce monastère fut supprimé et ses matériaux servirent à la construction de l'église du prieuré.
Elle fut commencée au début du XIIème siècle, selon la légende il fallu 33 ans à 33 ouvriers pour la construire. Elle avait trois nefs, la plus grande, voutée, avait 42 mètres de long, 6 de large et 16 de haut. Les bas côtés ayant 3 mètres de large et 7 de haut, surmontés par une galerie. Le choeur se terminant en abside avec une coupole et des fresques. Selon l'usage de l'époque elle était tournée vers l'orient avec deux tours carrées de 26 mètres de haut et des clochers en bois de 7 mètres. Entre ces deux tours, un portail portait la statue de St Augustin en grandeur nature et en pierre.

l'abbaye du temps de sa splendeur
Une partie des bâtiments et du mobilier de l'église furent détruits au cours des guerres de religions (1562) et le mobilier restant était en piteux état en 1793.
La tour du nord s'écroula faute d'entretien vers 1780, seule subsiste actuellement la tour du sud sans toiture.
ce qui reste de l'un des clochers de l'église détruite
Partie haute de la seule tour qui n'aie pas été détruite à la révolution



Au milieu de l'église, une autre tour carrée, de même hauteur renfermait 4 cloches dont les débris devaient servir à fondre les cloches de l'église actuelle et une horloge carillon.
Dans le choeur une grille de fer avec les armoiries de l'abbaye, de chaque côté un double rang de stalles en chêne. Il y avait trois chapelles dédiées à la Ste Vierge, St Sacrement et St Roch.
En 1789, l'abbaye avait 25.000 livres de rentes dont l'abbé commandataire recevait le tiers, elle avait un mobilier très riches en vases sacrés et ornements et de nombreux biens dont dix huit étangs, trente neuf bénéfices réguliers et séculiers en dépendaient.
L'abbé commendataire était M. Duprat qui résidait dans la paroisse Ste Geneviève à Paris, il ne restait plus que quatre religieux au Plessis, une partie de l'abbaye était en ruines faute de réparations. Le décret du 20 février 1790 supprima les couvents, le prieuré et ses dépendances furent vendus au profit de l'état. L'église en mauvais état, fut démolie et ses pierres servirent à des constructions dans le voisinage. De nombreux squelettes de moines, notables et même enfants furent retrouvés au cours des travaux l'abbaye n'ayant pas de cimetière,
Une partie des bâtiments qui avaient survécus aux guerres de religions, à l'avarice des abbés commendataires dont Bossuet évèque de Meaux connu pour ses oraisons funèbres, aux révolutionnaires, furent détruits en 1944, l'armée allemande ayant jugé bon d'installer de l'artillerie sur le porche d'entrée et la tour survivante, par l'artillerie britannique au cours des violents combats pour la prise de la station radar du Mont Pinçon. Cet ensemble important construit par l'organisation Todt avec des prisonniers et quelques travailleurs requis dans les environs permettait la surveillance des vols partant du sud de l'Angleterre.
Les Britanniques du XXXe Corps entrent dans Aunay-sur-Odon le 5 août, devant le Mont Pinçon, un sommet de 365 m de haut et position clé du secteur, les Allemands résistent. Le 6 août, vers midi, les Britanniques attaquent, mais les mortiers et les mitrailleuses allemandes stoppent net l'offensive de deux bataillons de la 129th Brigade de la 43th Wessex division. En fin d'après-midi quelques chars des 13 et18th Hussars percent les lignes allemandes et atteignent le sommet; mais il faut l'infanterie du Bataillon du 4th Wilts et du  Regiment - 4th/7th Royal Dragoon Guards pour consolider les positions. Le 7 les Britanniques libèrent Le Plessis Grimoult. La stèle The Duke of Cornwall sur la place de la mairie rappelle la libération du Plessis Grimoult le 7 août 1944 par le 5e Bataillon The Duke of Cornwall's Light infantry appuyé par la 43e Wessex Division.
Témoignage britannique (en Anglais) (en Français) - Remerciements à M. Cecil NEWTON
Stèle des 13th et 18th Royal Hussars sur le Mont-pinçon  à la mémoire des soldats qui ont combattu dans ces unités. La prise du mont et de la station dont il n'a pas été possible d'obtenir de détails devait coûter la vie à de nombreux soldats britanniques, les survivants ayant récemment financés une stèle rappelant leur héroisme bien oublié de nos jours, il ne subsiste que peu de traces, devenues inacessibles faute d'entretien, les habitants ayant, dès la libération, pillé l'ensemble allant jusqu'à arracher les carrelages.
 le portail
Sommet du porche d'entrée partiellement détruit en 1944 avec la porte charretière à gauche et la porte piétonne à droite

Ne subsistent de nos jours, que la tour, une petite partie de la très belle salle capitulaire et une partie endommagée de la porterie. Seules quelques fondations rappellent l'importance de cette abbaye qui fut la plus belle du bocage virois.

quelques clichés de ce qui en reste après les guerres, l'avarice des religieux, la révolution et la libération de 1944

la salle capitulaire
Vue de la partie restante de la salle capitulaire

ce qui demeure du parc, les étangs ayant disparu
Le parc, au fond se trouvaient les étangs et le jardin fortifié



les murs du jardin fortifié
Unique en France, les ruines de l'enceinte d'un jardin fortifié datant du moyen-âge, faute de moyens financiers, des fouilles n'ont pas été entreprises....

Index


Descriptions de 1857 (A. de Caumont)

Plessis-Grimoult, Plesseium Grimaldi
Le Plessis-Grimoult, situé à l'extrémité d'une vaste lande très élevée (environ 1100 pieds au dessus du niveau de la mer) d'où l'on découvre une étendue de pays considérable du côté de l'est et du nord-est, notamment l'embouchure de la Seine, le Havre et les falaises qui l'avoisinent, est des localités les plus intéressantes du département.
L'église paroissiale a la forme d'un parallélogramme rectangle; elle appartient en grande partie, au style roman.
Entre la nef et le choeur, l'arc triomphal a son archivolte ornée de moulures en zig-zag et de saillies demi-cylindriques. Les colonnes qui supportent cette archivolte offre de beaux chapiteaux ornés de feuilles entrelacées et de fruits.
Ils ont été malheureusement mutilés par suite de l'érection de deux autels et de deux statues à l'extrémité de la nef, à l'entrée du choeur.
Le choeur est voûté et se divise en deux travées comme dans la plupart des églises rurales; les colonnes qui divisent la première travée de la seconde ont des chapiteaux du même style que les précédents. Les fenêtres ont été retaillées et élargies du côté du sud; les murs ont été repris en sous-oeuvre du même côté. Une partie des murs de la nef sont construits en arêtes de poisson, et la porte latérale, au sud, a son archivolte garnie d'étoile; le reste a été repris en sous-oeuvre.
Un porche, à l'ouest, précède une porte cintrée sans moulures. Ce porche n'a pas de caractères qui permettent de lui assigner une date certaine; il ne doit pas être ancien.
La tour latérale, au nord, n'a pas non plus de caractères tranchés; elle pourrait cependant dater du XV° siècle, car les contreforts sont appliqués sur les angles; elle est couronnée d'une pyramide en ardoise.
Il existe dans le trésor de l'église un beau calice que l'on a cru avoir appartenu à Bossuet qui avait été prieur du Plessis. Mais M. Floquet, qui est allé au Plessis pour le visiter, a reconnu que la date indiquée par l'inscription de ce calice ne correspond pas avec celle durant laquelle Bossuet fut pourvu de ce bénéfice; on ne peut donc admettre que ce soit lui qui ait donné ce calice.
L'église est sous l'invocation de saint Etienne. Le prieur du Plessis nommait à la cure.
La baronnie du Plessis avec ses appartenances faisait partie du domaine de l'évêché de Bayeux. Béziers nous apprend que l'évêque Pierre de Vilaine fut maintenu dans ses droits de juridiction par rapport à cette baronnie et que les officiers royaux qui le lui avaient contestés furent condamnés dans les assises de Caen, tenues le vendredi après les cendres 1349.
Le roi Louis XI l'érigea en haute justice par lettres de 1477, en considération de l'évêque de Bayeux, patriarche de Jérusalem. Dans la suite les honneurs de la baronnie furent cédés aux Matignon, comtes de Torigny.
On voit à quelque distance de l'église paroissiale les restes du château de Grimoult du Plessis dont je vais donner une description. On sait que ce seigneur puissant et fort riche fut un des principaux chefs de la conjuration qui voulut détrôner le duc Guillaume et qu'il combattit à la bataille du Val-des-Dunes en 1047. Il voulut rallier quelques uns des conjurés après cette bataille décisive, mais il fut fait prisonnier et conduit à Rouen. Plus tard il fut trouvé étranglé dans son cachot.
Après la mort de Grimoult du Plessis, tous ses biens furent confisqués et donnés à Notre Dame de Bayeux et à différents seigneurs en récompense de leur fidélité. La donation fait à l'église de Bayeux est de l'année 1074. Odon de Conteville, alors évêque, frère utérin de Guillaume, unit à la manse de l'évêché, la baronnie du Plessis. L'évêque employa une grande partie de ces biens à fonder sept prébendes dans la cathédrale de Bayeux.
Plus tard Richard de Douvres, évêque de Bayeux, fonda le prieuré du Plessis et lui donna l'église paroissiale avec un fief et des terres dans cette paroisse, et Henry 1er, roi d'Angleterre, affranchit ces biens des droits qui lui étaient dus. Il lui donna en outre de son chef, plusieurs paroisses avec leurs dîmes, l'année 1130. C'est à cette époque qu'on fixe la fondation du prieuré. Henri II confirma les donations et obtint, en 1180, une bulle du pape Alexandre III en faveur du prieuré et des églises d'Ivrande, de Fresnes et Montsegré qui en dépendaient et qu'il avait exemptées de charges et redevances. Henri II, évêque de Bayeux, ratifia toutes ces exemptions en 1200. Le prieuré était à la nomination du roi au siècle dernier.
On comptait 32 prieurs depuis Samson, qui fut le premier, jusqu'à l'abbé Le Mercier, nommé en 1758. Le prieur du Plessis nommait à un grand nombre de cures dont voici la liste, et dont quelques unes font maintenant partie du département de l'Orne.
Le Plessis - Roullours - Carville - Chênedollé - Truttemer - Montsegré - St Jean le Blanc - Campandré - Montchauvet - Arclais - Ste Honorine la Chardonne - St Vigor des Mézerets - Perrigny - Cauville - Proucy - Bernières le Patry - Maisoncelles-Jourdan - Estry - St Christophe d'Amfernet - Beauchêne - Claire-Fougère - St Cornier - St Jean des Bois - St Quentin des Chardonnettes - Ivrande - Bonne-Maison - Courvaudon - Bully - Feuguerolles - Fontaine-Etoupefour - Rozel - La Cambe - St Clément sur le Vey - Mondrainville - Noyers - Planquery - St Germain d'Elle - Bretteville le Rabet - Campeaux - Collombelles etc.
Restes du prieuré :



Quand on arrive sur la montagne du Plessis, du côté d'Aulnay, on aperçoit les ruines de l'église du prieuré, à l'extrémité de la bruyère, au nord du bourg. Cette église assez considérable avait un transept et se terminait par une abside; plusieurs des colonnettes que j'ai vues dans ces ruines avaient des chapiteaux qui annonçaient le XIII° siècle. La vue générale que voici a été prise en 1827; aujourd'hui on voit encore une grande partie de ce qui existait alors, bien que quelques pans de murs aient été démolis.
tour et reste de l'église
Vue de la tour et mur de l'église avant 1944
La tour, à l'ouest, ne parait pas aussi ancienne que ce qui existe du choeur, au moins elle parait avoir été retouchée; on y voit des chapiteaux tournés; la plate-forme doit avoir été substituée à une pyramide en charpente à une époque que je ne crois pas très ancienne, peut-être au XVIII° siècle. avant les destructions de 1944
Vue de la salle capitulaire façade ouest avant 1944

On voit encore tout le côté oriental des bâtiments qui bordaient la cour du cloître; c'est là qu'habite le propriétaire M. Bultot.
Voici un croquis de la salle capitulaire fait par M. Bouet, mais cette salle a été raccourcie quand on a reconstruit ou refait en partie les murs des bâtiments où elle se trouve, et tout parait indiquer qu'elle se terminait, à l'est, par une espèce d'abside; deux portes s'ouvraient sur la galerie du cloître.
Les chapiteaux des colonnes couverts de feuilles contournées doivent être de la fin du XIV° siècle ou plus probablement du XV°.
Les autres pièces du rez de chaussée sont également voûtées; les colonnes à 8 pans ont des chapiteaux unis qui peuvent être du XIV° siècle, mais auquel il est difficile d'assigner une date certaine.
On regarde comme ayant été la cuisine, une pièce dans laquelle ont voit une belle cheminée.
Des jardins et, plus loin, des étangs se trouvent à l'est des constructions que nous venons de signaler.
A l'ouest de ceux-ci existe la cour intérieure du prieuré; la porte par laquelle on y entre de la route doit dater de la fin du XIII°, ou du début du XIV° siècle.

Château :

Au sud du prieuré, et tout près des maisons du bourg, se trouvent les ruines du château du Plessis.

Après la bataille du Val-des-Dunes, en 1047, tous les biens de Grimoult furent confisqués et donnés pour la plupart au chapitre de Bayeux. Le château n'a point été habité depuis, et nous pouvons le regarder comme un des types des forteresses élevées dans la première moitié du XI° siècle. Malheureusement il se trouve maintenant dans un état de dégradation fort avancé.
Les murs étaient fondés sur une éminence ovale au centre de laquelle se trouvait une cour de 8 à 10 perches d'étendue. Ils formaient ainsi une enceinte qui suivait le contour de la motte en décrivant plusieurs angles obtus; et l'ensemble du château présentait l'image d'un polygone irrégulier.
Ces murs avaient au moins dix pieds d'épaisseur. Ils étaient revêtus de pierres posées en arêtes de poisson; on y voyait de distance en distance, mais généralement de trois rangs en trois rangs des cordons de pierres schisteuses posés horizontalement et à plat, comme les briques dans les constructions romaines de petit appareil. Les matériaux qui entraient dans la construction de ces murailles étaient liés par un ciment de chaux devenu d'une extrême dureté.
On voit encore les débris de la grande porte. Elle était à plein cintre, établie au milieu d'une cour carrée placée au sud, qui faisait probablement office de donjon, et ne pouvait s'accéder qu'au moyen d'un pont-levis.
Des restes de constructions appliquées le long des murs d'enceinte, à l'intérieur de la place, montrent que des logements existaient tout autour de la cour centrale. Cette cour qui forme maintenant le jardin potager d'une maison voisine, était encore pavée il y a peu de temps. Elle se trouvait à un niveau très bas comparativement à celui de la terrasse qui supportait les murs.
Dans l'était de destruction où se trouve aujourd'hui le château du Plessis, on ne peut dire quelle était la hauteur des murailles; elles n'ont plus que 10 à 12 pieds dans les parties de l'enceinte les mieux conservées, et l'on n'y voit aucune ouverture. L'éminence sur laquelle elles reposent s'élève à peine de 15 à 18 pieds au-dessus du sol environnant. Les fossés qui entourent le rempart sont encore visibles; un ruisseau y porte ses eaux.
Au sud-est, en avant de la forteresse, se trouvait une cour ou première enceinte qui ne parait pas avoir jamais été entourée de murs; c'est aujourd'hui une prairie; des fossés de clôture, remplis d'eau, indiquent la circonscription primitive.

Camp romain.

Le petit camp du Plessis-Grimoult et celui qui l'on trouve dans la commune de Campandré dont le nom est significatif, sont placés presque au sommet de deux monticules très élevés d'où l'oeil s'étend fort loin vers le sud, lest et le nord-est. De là on distingue en même temps les collines du pays d'Auge(Quevrue, Moult, Estrée, etc.), la côte de Dives à 14 lieues de distance, et même celle du Havre et de Fécamp; on voit encore, au midi, le bourg de Vassy, la butte de Belle-Etoile et plusieurs autres points culminants du département de l'Orne. Ces deux camps sont très voisins, quoique dans deux communes, sont de la même forme et à peu près de la même grandeur; celui de la bruyère du Plessis, qui est le mieux conservé, présente un carré presque parfait ayant environ 200 pieds dans le sens de la longueur et 240 sur la largeur. Le fossé a 3 pieds de profondeur, et le vallum, haut de 4 à 7 pieds, est un peu plus élevé près des angles; on y voit aujourd'hui deux portes en face l'une de l'autre et il est traversé par un chemin.
Vu sa petite dimension le camp du Plessis n'a dû contenir que des garnisons peu considérables; toutefois, on remarque sur la bruyère quelques traces de fossés qui sembleraient annoncer qu'une enceinte plus étendue aurait existé devant et sur les côtés de l'enceinte, mais ces traces sont discontinues, et il n'est pas facile de se rendre compte de la disposition de cette dernière enceinte en supposant qu'elle ait été complète.
On a trouvé beaucoup de médailles romaines au Plessis, notamment des médailles saucées de Posthume, Tétricus, Gallien etc.
J'ai remarqué des fragments de tuiles à rebords près du hameau de la Saugsurière, au sud de la bruyère.
Texte intégral



E-mail : michel@roynel.com

Index


sources : Etudes de l'Abbé Barette - Inventaire monumental 1857 - Archives personnelles - Témoignages Britanniques