Paroisse St Pierre Maubant Vassy
CHAPITRE IV

L’EGLISE DE COREE

Avant PIERRE MAUBANT 1784 – 1836




Origine du catholicisme en COREE

L’Eglise de COREE a des origines très particulières, marquées d’un caractère spécial de sagesse humaine guidée par la sagesse divine. Elle n’a pas été créée par le zèle des missionnaires, comme les Eglises de l’ANNAM, du JAPON ou de la CHINE.

« Elle a donné un exemple peut-être unique dans les annales des missions modernes, en prenant naissance à la fin du XVIIIème siècle, en quelque sorte spontanément, sans évangélisation directe, par la seule action de la grâce divine sur des âmes avides de la vérité religieuse. Tels les rois Mages, au fond de l’Orient, scrutant les anciennes prophéties, soupiraient en attendant l’étoile qui devait les conduire à BETHLEEM, tels les docteurs de COREE dans l’isolement de leur royaume solitaire, étudiant passionnément les livres où ils espéraient trouver l’explication du monde. A eux aussi apparut une lumière mystérieuse qu’ils virent briller dans des écrits tombés providentiellement sous leurs yeux. C’étaient des livres chrétiens rapportés de PEKIN par les ambassadeurs du roi de COREE, vassal de l’ empereur de CHINE ».(1)

Quelques années avant la fin du XVIIIème siècle, un lettré de noble famille NI-TEK-TSO, surnommé PIEK-I, ouvre par hasard un traité de la religion catholique, écrit en chinois et emporte en COREE avec divers ouvrages scientifiques.

Ravi d’admiration à la lecture de ces maximes qu’il trouve bien supérieures à celles qu’il a étudiées, il est désireux de les connaître plus à fond. Un de ses amis, lettré comme lui, doit cette année même accompagner à PEKIN l’ambassade coréenne : il va le trouver, lui raconte la découverte qu’i vient de faire d’une doctrine merveilleuse, et le conjure d’entrer en relations avec les chrétiens qui habitent la capitale de la CHINE et de lui rapporter des livres plus complets sur leurs croyances.

En 1784, ce désir est réalisé. Le lettré se rend à PEKIN, il se met en rapport avec l’évêque, Monseigneur Alexandre de GOUVEA ; il visite les églises, assiste aux cérémonies du culte, étudie la doctrine, et enfin, la veille de son départ, reçoit le baptême avec le nom de PIERRE.

De retour à SEOUL, il raconte à PIEK-I tout ce qu’il a vu et entendu, il lui remet des livres, des croix, des images et divers présents que lui ont faits les missionnaires. Peu de temps après, il le baptise et lui donne le nom de Jean-Baptiste. Un autre lettré de leurs amis, KOUEN-IL-SIN-I, reçoit également le baptême.
Mgr Dupont évêque d'Andong
Mgr René Dupont évêque d'Andong
Corée du Sud 1982


Immédiatement, tous les trois commencent à répandre la vérité religieuse. Ils s’adressent de préférence aux hommes éclairés et renommés par leur sagesse. Ils ont le bonheur de les convertir.

Une persécution sanglante, quoique contenue par la modération personnelle du roi, éclate, mais ne décourage personne.

Enfin en 1794, dix ans après le baptême du premier converti, un prêtre chinois, Jacques TSIOU arrive en COREE, où il trouve plus de 4 000 chrétiens dont il augmente le nombre et qu’il édifie par sa vie et par son martyre, car il fut décapité le 31 mai 1801. La nouvelle Eglise devait demeurer sans pasteur pendant plus de trente ans.

Du milieu de leur détresse, les catholique coréens tournèrent leurs regards vers ROME. Ils avaient déjà appris à connaître et à révérer le Père Commun des fidèles. Ils écrivirent au Pape Pie VII une lettre lui exposant leurs malheurs, leurs besoins, leur vif désir d’avoir un évêque et des prêtres pour les fortifier et les conduire. Cette pieuse et touchante supplique ne saurait être passée sous silence. En voici la traduction :

 « François et les autres chrétiens de Corée prosternés en terre nous frappant la poitrine, offrons cette lettre de Chef de toute l’Eglise, Père très haut et très grand.

 C’est avec la grande instance, la plus vive ardeur que nous supplions Votre Sainteté d’avoir compassions de nous, de nous donner des preuves de la miséricorde qui remplit son cœur et nous accorder le plus promptement possible les bienfaits de la rédemption.

 Nous habitons un petit royaume, et avons eu le bonheur de recevoir la sainte doctrine d’abord par les livres, et dix ans plus tard par la prédication et la participation aux sept sacrements.

 Sept ans après, il s’éleva une persécution. Le missionnaire qui nous était arrivé fut mis à mort avec un grand nombre de chrétiens ; et tous les autres, accablés d’affliction et de crainte, se sont dispersés peu à peu. Ils ne peuvent se réunir pour les exercices de religion, chacun se cache.

 Il ne nous reste d’espérance que dans la très grande miséricorde divine et la plus grande compassion de Votre Sainteté, qui voudra bien nous secourir et nous délivrer sans retard ; c’est l’objet de nos prières et de nos gémissements.

Depuis dix ans, nous sommes accablés de peines et d’afflictions ; beaucoup sont morts de vieillesse ou de diverses maladies, nous n’en savons pas le nombre ; ceux qui restent ignorent quand ils pourront recevoir la sainte instruction. Ils désirent cette grâce, comme dans une soif brûlante, on désire se désaltérer ; ils l’appellent, comme dans un temps de sécheresse on appelle la pluie. Mais le ciel est très élevé, on ne peut l’atteindre ; la mer est très vaste et il n’y a pas de pont qui nous permette d’aller chercher du secours.

Nous, pauvres pécheurs, ne pouvons exprimer à Notre Sainteté avec quelle sincérité, avec quelle ardeur, nous désirons recevoir son assistance. Mais notre royaume est petit, éloigné, situé dans un coin de la mer ; il ne vient ni vaisseaux, ni voitures, au moyen desquels nous puissions recevoir vos instructions et vos ordres. Et quelle est la cause d’une telle privation, sinon notre peu de ferveur et l’énormité de nos péchés ?

 C’est pourquoi maintenant, nous frappant la poitrine avec une crainte profonde et une douleur sincère, nous prions humblement le grand Dieu qui s’est incarné, qui est mort en croix, qui a plus de sollicitude pour les pécheurs que pour les justes, et Votre Sainteté qui tient la place de Dieu, qui a soin de tout le monde, et délivre véritablement les pécheurs.

Nous avons été rachetés, nous avons quitté les ténèbres ; mais le monde afflige nos corps ; le péché et la malice oppriment nos âmes.

Nos larmes, nos gémissements, nos afflictions sont de peu de valeur ; mais nous considérons que la miséricorde de Votre Sainteté est sans bornes et sans mesures ; elle aura donc compassion des brebis de ce royaume qui ont perdu leur pasteur, et elle nous enverra des missionnaires le plus tôt possible, afin que les bienfaits et les mérites du Sauveur Jésus soient annoncés, que nos âmes soient secourues et délivrées, et que le saint nom de Dieu soit glorifié partout et toujours ».

Lorsque le Souverain Pontife entendit ce cri d’ardente supplication que jetaient, du fond de l’Asie, les fils derniers-nés de l’Eglise catholique ; il était en prison à FONTAINEBLEAU ; il ne put que pleurer et prier : c’est la force de ceux à qui manque tout secours humain, elle ne compte pas dans la balance politique et pourtant, si l’on regardait bien, on s’apercevrait qu’elle mène le monde ; les néophytes coréens durent se soutenir sans pasteur.

En 1827 une nouvelle lettre écrite deux années auparavant parvint au Pape Léon XII.

Emue de cet appel, ROME envoya en COREE un prêtre chinois, le Père Pacifique YU, qui avait fait ses études au collège chinois de NAPLES.

Ensuite la Propagande s’adressa à la Société des Missions Etrangères, et lui demanda de se charger de l’évangélisation de cette partie de l’Extrême Orient. Le 9 septembre 1831, elle érigea la COREE en vicariat apostolique et plaça à sa tête un évêque des Missions Etrangères : Monseigneur Barthélémy BRUGUIERE, né en 1792 à RAISSAC, dans le département de l’Aude, missionnaire à SIAM depuis 1826, évêque de CAPSE et coadjuteur en 1828 de Monseigneur FLORENS.

Epris de vérité, de justice, zélé à la manière des grands apôtres, Monseigneur BRUGUIERE sentit son cœur se porter avec une fervente sympathie vers le peuple que lui confiait le pasteur suprême, et il se mit immédiatement en route.

Vitrail St Pierre Maubant
Eglise de Vassy 2004

MM Geoffroy maire et Delahaye curé
MM Geoffroy maire et Delahaye prêtre


E-mail : paroisse.pmaubant@libertysurf.fr


(1) Discours de Monseigneur de GUEBRIANT devant le Souverain Pontife le 9 mai 1925 lors de la publication du décret qui reconnaît le martyre et les causes du martyre de Monseigneur IMBERT et de ses compagnons.


Ministère en Corée

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